‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 345 sur 725 · Éxsequix, obsèques · texte numérisé non relu

Éxsequix, obsèques

Èscuz 1, longuement en santé les conserver ? N'estoient-ils soingneux de bien les traicter et servir? Car ensemble povoient-ilz vivre, au moins jusques à la mort.

« Croyez qu'en plus fervente dévotion vos créditeurs prirent Dieu que vivez, craindront que mourez^

'( Cuidez-vousque^ je suis aise, quand tous les matins autour de moyjevoy ces créditeurs tant humbles, serviables et copieux en reverences?Et, quand je note que,moy faisant à l'un visaige plus ouvert et chère* meilleure que es autres ^, [il] pense avoir sa depesche " le premier, pense estre le premier en date et de mon ris cuyde que soit argent contenu. Il m'est advis que je joue encores le Dieu de la Passion de Saulm.ur^, accompaigné de ses Anges et Chérubins, Ce sont mes candidatz, mes parasites, mes salueurs, mes diseurs de bons-jours, mes orateurs^ perpetuelz

« Et vous me voulez débouter i° de ceste félicité soubeline ^i, vous me demandez quand seray hors de debtes?

« Bien pis y ha. Je me donne à sainct Babolin, le bon sainct, en cas que toute ma vie je n'aye estimé Debtes estre comme une connexion et colligence'^ des Cieulx et Terre, ung entretenement unicque ^^ de l'humain lignaige ** — je dis sans lequel bien tost tous humains periroieut, — estre '^ paradventure celle grande Ame de l'univers, laquelle, scelon les Academicques, toutes choses vivifie.

« Qu'ainsi soit ^^, reprsesentez-vous en esprit serain l'idée " et forme '* de quelque monde.,., on quel ^^ ne soit debteur ne ^° créditeur auicun.

1. Pluton, confondu parfois avec Plutus, dieu des tfésors souterrains.

2. Que (vous) viviez,... que (vous) mouriez. Cf. à la page précédente, n. H.

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