En avant
contens. Et, toutes fois ilz peuvent esire tous bien heureux, selon leur dire. A quoy tient il que Jupiter, voyant cela, ne se despile à bon droict contre telles gens, disant que plus n'escoutera vœux ne ^ prières qu'on luy face. Au reste, afin que ce discours ne semble ^ à celuy d'un plaisant qui ne tasche qu'à faire rire (combien ^ qu'il n'est pas défendu qu'en riant l'on ne puisse dire et remcnstrer la vérité; comme font les bons magisters, qui donnent aucunes * fois aux petits enfants des lettres faictes de marcepains^, pour mieulx les faire connoistre) ; mais, laissons risées et jeux, et parlons k bon escient. Le laboureur, le tavernier, le souldart et les mariniers, qui par toutes mers vont et viennent, se disent tant prendre^ de peine à celle fin qu'en leur vieillesse ilz se puissent mettre à repos, voyantz qu'ils auront de quoy vivre; comme faict le petit formy '', de grand labeur parfait exemple ', qui porte et traîne, à tout ^ sa bouche, tout cela qu'il peult au monceau qu'il faict, luy qui n'est ignorant ny nonchalant ^'^ de l'advenir. Puis, en hiver, durant les neiges, qu'il ne peult aller nulle part, il vit content, en patience, usant des biens qu'il ha acquis. Mais toy il n'est si grand chaleur, froid, feu, eaux, ny autres dangers, qui jamais engarder " te puissent d'aller et venir pour le gaing. Brief ^^ il n'y a rien qui le nuyse '^, pourveu qu'un autre n'ayt le bruyt ** d'être plus riche que toy.
(Des 7rial contens, t. I, p. 97.)
rsOEL DU FAIL
Noël du Fail, seigneur de la Hérissaye, gentilliomme breton, naquit à Rennes vers 1520. Il était en 1553 juge au présidial de cette ville, en 1571 conseiller au parlement de Bretagne, et il mourait en 1591. Voilà tout ce que l'on sait de la vie de cet écrivain.
En 15i7, il publiait à Lyon, sous le pscndonjme de Maistre Léon
\. Ni.