‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 395 sur 725 · Eu leurs /Ji'owes vulgaires · texte numérisé non relu

Eu leurs /Ji'owes vulgaires

ÉRUDITS ET SAVANTS. — ESTIENNE PASQUIEIl. 139

lisez la Cassandrc de Ronsard, vous y trouverez cent Sonnets qui prennent leur vol jiisques au Ciel, vous laissant à part ' les secondes et Iroisiesmes Amours de Marie etd'Hélène. Car en ses premières il voulut contenter son esprit, et aux secondes et troisicsmesvacquer seulement au contentement des sieurs delà Cour. Davantage '^, Pétrarque n'escrivit qu'en unsuljject, et cestuy enuneinfinilé.Ila ennostre langue représenté uns* Homère, Pindare, Theocrite, Virgile, Catulle, Horace, Pétrarque, et par mesme moyen diversifié son style en autant de manières qu'il luy a pieu, ores * d'un ton haut, ores moyen, ores bas. Chacun luy donne ^ la gravité, et à du Bellay la douceur. Et quant à moy, il me semble que quand Ronsard a voulu doux-couler, comme vous voyez dans ses Elégies, vous n'y trouverez rien de tel en l'autre. Quant aux œuvres de du Bellay, combien que "^ du commencement son Olive fut favorisée '', sicroy-jeque ce fut plustost pour la nouveauté que pour la bonté : car ostez trois ou quatre Sonnets qu'il dérobade l'italien, le demeurant' est fort foible. Il y a en luy plusieurs belles Odes et Chants Lyriques, plusieurs belles traductions comme les quatre etsixiesme livres de Virgile; toutes-fois, il n'y a rien de si beau que ses Regrets qu'il fit dans Rome, ausquelsil surmonta ^ soy-mesme.

{Recherches, VII, ch. vu, page 616 ; cf. éd. Feugère, H, p. 21.)

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