‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 397 sur 725 · Tirer (cette conséquence · texte numérisé non relu

Tirer (cette conséquence

li. De ce que.

parler Lalin à eux par truchemens, et non seulement dans la ville de Rome, mais aussi au milieu de la Grèce et de l'Asie, jaçoit que ^ d'ailleurs entre tous les peuples la Langue Grecque eut grand crédit. Et faisoient cela {dit Valere) afin que l'honneur de la langue Latine s'espandist par tout l'Univers. Plularque, en la vie de Caton ', dit que, luy passant par Athènes, ores qu'il * sçeust parler le Grec, si * voulut- il haranguer^ aux Athéniens en Latin, se faisant entendre par son truchement. Suelone raconte^ que Tibère portoit tel respect à sa Langue que voulant user en plain Sénat du moi de monopole, qui estoit emprunté du grec, ce futavecque une certaine préface, demandant congé de ce faire'; et luy-mesme une autrefois fit effacer d'un Décret du Sénat le mot à'embleme, comme estant mandié d'une autre Langue que de la Latine, enjoignant tres-estroitement que si l'on ne pouvoit trouver diction propre qui peust représenter celle-là en Latin, pour le moins que l'on en usast par un contour de langage ^. En cas semblable, Claudius ^, l'un des successeurs de Tybère, fit non-seulement razer de la matrice i" des Juges un personnage d'honneur, mais qui plus est, luy osta le nom et tiltre de Citoyen de Rome, parce que, combien qu'il " sçeust fort bien parler grec, toutes-fois il estoit ignorant de la Langue Latine.

De cette mesrae opinion vint aussi que les Romains ayans vaincu quelques Provinces, ils y establissoient Prêteurs, Presidens, ou Proconsuls annuels, qui administroient la Justice en Latin. Bref, sainct Augustin, au 19 livre de la Cité de Dieu, nous rend tres-asseurez de ce discours, quand il dit au chap. 7 : « Opéra data est ut imperiosa civitas non solùm jugum, verùm etiam Linguam suam domitis gentibus imponeret : » Qui est à dire ** « On besogna *^ de telle façon, que cette superbe ville non-seulement ne se contenta d'asservir, mais aussi voulut cspandrc sa langue par toutes les nations subjuguées. » Cela fut cause que les Gaulois sujects à cest Empire s'adonnerent, qui plus, qui moins, à parler et entendre la Langue

Page 1