Dans les
6. Observation très-juste. Plus l'on monte vers le nord, plus la langue s'éloigne du latin ; unabîme semble séparer par exemple l'idiome de la Provence du dialecte français parlé en Belgique à Liège, ou à Namur ; toutefois cette différence ne tient pas à ce fait que la civilisation romaine a plus profondément péné-
tré dans le midi que dans le nord de la Gaule. Car elle n'atteint pas le fond mênie de la langue, mais seulement la prononciation; le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe sont sensiblement les mêmes dans les dialectes qui se sont développés sur le sol de la Gaule, de la Méditerranée au Rhin ; les mots seulement sont plus écrasés vers le nord, plus pleins et plus sonores vers le midi. On constate des faits analogues dans d'autres idiomes. Les dialectes italiens deviennent de plus en plus rudes à mesure qu'on monte de Florence vers le Piémont, de plus en plus mous à mesure qu'on descend vers Naples et la Sicile.
7. Disons, et nous serons plus exacts : Ainsi disparut notre vieille langue gauloise pour faire place au latin vulgaire.
8. Le vsallon n'a jamais désigné le gaulois ; c'est le nom d'un dialecte français parlé en Belgique dans la région de Mons, Namur et Liège.
9. En effet, durant tout le moyen âge, le français est appelé roman il en est de même du provençal. Les Espagnols, les Portugais et les Italiens également donnaient jadis à leur langue, chacun de leur côté, le nom de romane. Encore aujourd'hui ceux que les Allemands appellent Valaques (c'est-à-dire Welsches), se désignent sons le nom de Roumains (c'est-à-dire Iiomnni\ et les populations de la Suisse qui parlent des dialectes latins se donnent à elles-mêmes, à l'ouest, le nom de Jiotnands, à l'est celui de Roumanches ou Ladins. Ces dénominations datent de l'époque où les diverses nations romanes se reconnaissaient comme les membres d'une même famille, Vimperium romanum, la Romania.