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De trois enfans frères

D'un mesme dard, soubs une mesme année, Et, en trois jours, de mesme destinée, Mal pestilent "^ soubz cesle dure pierre Meit Jean de Bray, Bonadventure, et Pierre, Frères tous trois : dont le plus vieil dix ans A peine avoit. Qu'en dictes vous, Lisans ^? Cruelle mort, mort plus froide que marbre. N'a elle tort de faire cheoir de l'arbre Un fruict tant jeune, un fruict sans meureté *, Dont la verdeur donnoit grand'seureté De bien futur ? Qu'a elle encores faict ? Elle a, pour vray, du mesme coup deffaict De père et mère espérance et liesse, Qui s'attendoient resjouyr leur vieillesse Avec leurs filz : desquelz la mort soudaine Nous est tesmoing, que la vie mondaine* Autant enfans que vieillards abandonne.

11 'nous doit plaire, et puisque Dieu l'ordonne''.

{Cimetière; édition de Lyon, p. 434.)

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