‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 466 sur 725 · Par le sang de son frère Uenuis · texte numérisé non relu

Par le sang de son frère Uenuis

Du tout 1 brisé la superbe Carthage

Et des Gaulois affoibly le courage

Plusieurs pais et langages divers

Qui sont espars en ce bas univers

Par longs efFors et par guerres mortelles,

Tout d'un accord feit ^ vivre soubs ses œsles ^

Dont tellement sa puissance elle accreut *

Que par orgueil elle pensa et creut '

Estre fondée en fermesse ' immortelle,

Et que jamais Seigneurie après elle

L'on neverroitau monde dominer

Ou qui la peust du tout exterminer.

Mais en ce poinct que '' tant de gens vainquit,

De sonmylieu sa ruine naquist.

Et tout ainsi que peu à peu la nue

Quand par vapeurs le temps se trouble et mue

Vient tellement à s'estendre et enfler

Qu'elle ne craint le bruyre ne souffler *

De tous les vens qui à l'entour se meuvent;

Mais toutesfois dedens elles s'esmeuvent

Certains debatz et intestines guerres

Bruilz et flambeaux, esclairs, aussi tonnerres ;

Puis dedens soy d'elle mesme troublée

Et tellement de tumulte comblée.

Soit par pleuvoir ou gresler, se desfait ;

Ainsi, estant l'Empire Rommain fait

Sy grand, sy liault, sy puissant et sy fort

Qu'il ne craignoit des estrangers l'effort.

Secrètement soubz ses œsles ' couvoit

Sédition, et ainsi se mouvoit

En peu de temps la tempeste civile

Qui feit ^ decheoir ceste superbe ville.

Ainsi le nom et l'Empire Rommain

Jadis fondé par tant de sang humain.

Après avoir le monde combattu

Peut ^ à la fin de sa force abbatu :

Le tout venant par divine ordonnance

Parle conseil et haulte Providenc^'^

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