‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 482 sur 725 · Conte · texte numérisé non relu

Conte

L'ÉCOLE DE RONSARD. — JOACniM DU RELLAY.

la lascivelé ne teplaist, mesie le proufitable avec le doux. Distile avecqnes un slile coulant et non scabreux ', ces pitoyables * élégies, à l'exemple d'un Ovide, d'un Tibule, et d'un Properce, y entremeslant quelquej'ois de ces fables anciennes, non petit ornement de poésie. Cbante moy ces Odes, incogneuës encor' de la Muse Fançoise ' d'un Luc* bien accordé au son de la Lyre Grecque et Romaine, et qu'il n'y ait vers où n'aparoisse quelque vestige de rare et antique érudition. Et, quant à ce, le fourniront de matière les louanges des Dieux et des hommes vertueux, le discours fatal des choses mondaines ^, la solicitude * des jeunes hommes, comme l'amour, les vins libres et loule bonne chère. Sur toutes choses, prens garde ''que ce genre de poëme soit eloingné du vulgaire, enrichy et illustré de mots propres et epithetes non oysifs*, orné de graves sentences et varié de toutes manières de couleurs et ornementz poétiques; non comme un, Laissez laverde couleur, Ainour avecq' Psychés, 0 combien est heureuse^; et autres telz ouvrages, mieux dignes d'eslres nommez Chansons vulgaires qu'Odes, ou vers lyriques. Quant aux Epistres, ce n'est un poëme qui puisse grandemont enrichir nostre vulgaire'", pource qu'elles sont volontiers de choses familières et domestiques, si lu ne les voulois faire ta l'imitation d'Elégies, comme Ovide : ou sententieuses et graves comme Horace. Autant te dy-je des Satyres, que les François, je nesçay comment, ont appelées Cocs à l'Asrie^^, esquelz'je te conseille aussi peu l'exercer comme je te veux eslre aliéné de " mal dire : si tu ne voulois, à l'exemple des anciens, en vers Héroïques (c'est à dire de x à xj et non seulement de viij à IX 1*) soubs le nom de Satyre, et non de caste inepte appellation

i. Raboteux, hérissé.

Page 1