‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 522 sur 725 · Le Tombeau · texte numérisé non relu

Le Tombeau

DU FEU EÛY TRES-CURESTIEN CHAULES IX,

prince tres-debonnairc, ircs-vertueux et très- cloquent.

Ha ! Charles, tu es mort, et maugré * moy je vi ! Je souspirc en mon cœur que je ne t'ay suivy Comme les plus loyaux suivoyent les Roys de Perses "^

i\y la religion sainclement observée Qu'il avoit dés Clovis en la France trouvée Ny sa douce éloquence et sa force de Mars, Son esprit, magazin de toutes sortes d'art?, Ny l'amour de vertu, ny son ûge première Qui commcnçoit encore à gousterla lumière, Ny les cris des François, ny les vœux maternels, Ny les pleurs de sa femme au milieu des autels, N'ont sceu fléchir la mort, que * sa fiere rudesse N'ait tranché sans pitié le fil de sa jeunesse.

Aussi bien, ô Destin ! la France n'estoit pas Ny digne de l'avoir, ny de porter ses pas * ; La France à son bon l'rince une marasire terre Où depuis la mammelle il n'a vescu qu'en guerre, Qu'en civiles fureurs, qu'au milieu des traisons ^.

Il a veu de Jésus abbatre les maisons, Prophaner les autels, les messes sans usage ®, Et la religion n'estre qu'un brigandage; Toutefois au besoin sa vertu n'a failly. Il se vit au berceau des serpens assailly Comme un jeune Ilerculin, dont '' il rompit la force ; Puis quand la tendre barbe au menton se renforce. Que l'âge et la vertu s'accroissent par le temps. Il se vit assailly des superbes Titans, Qui combattoient ce prince en ses propres entrailles ^, Qu'à la fin il vainquit par quatre grand's batailles.

II eut le cœur si ferme et si digne d'un Uoy

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