La fin du déluge
Tandis^ la saincte Nefa sur l'eschine* azurée
Du superbe Océan navigeoit asseuree,
Bien que sans mast, sans rame, et loin, loin de tout port :
Car rÈternel estoil son Pilote et son Nord^.
Trois fois cinquante jours le gênerai naufrage
Dégasta® l'Univers; en fin d'un tel ravage
L'immortel s'esmouvant, n'eust pas sonné si tost
La retraitte des eaux que soudain flot sur flot
Elles gaignent au pié^; tous les fleuves s'abaissent.
La mer rentre en prison; les montagnes renaissent,
Les bois montrent desja leurs limonneux rameaux,
Jà la campagne croist par le descroist des eaux.
Etbriefla seule main du Dieu darde-tonnerre
1. Celui-ci s'émut de cette rivalité. Voir! dans Racine : « Sur le dos de la plaine plus haut, p. 228. liquide » [Phèdre, V, 6.)