‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 549 sur 725 · De leur iustltuer · texte numérisé non relu

De leur iustltuer

10. il est traître, celui gui trahit la ville et non celui qui la délivre.

— Mais contre les meurtriers le Ciel est irrité?

— Tout homme qui meurtrit^ n'est meurtrier réputé.

— Hé! n'est-il pas meurtrier cil qui meurtrit son Prince

— Holoferne est tyran, non Roy de ma i^rovince.

— Mais quoy ? Dieu maintenant le nous donne pour Roy?

— Celuy n'est point de Dieu- qui guerroyé sa loy.

— Tous peuvent estre donc des Tyrans homicides?

— JaeP, Aliod*, Jeliu^, furent tyrannicides.

— Voire ^, mais iF leur fut commandé du Seigneur.

— D'une pareille loy je sen forcer mon cœur.

— Las ! pour faire un tel coup ton hras a peu de force.

— Assez fort est celuy que l'Eternel r'enforce*.

— Mais ayant fait le coup, qui te guarantira?

— Dieu m'a conduite icy, Dieu me r'amenera.

— Et si ton Dieu te livre és^ mains des Infidèles?

— Mort le Duc*", je ne crain les morts les plus cruelles.

— Mais quoy? tu fouleras*' leur impudicité?

— Mon corps peut eslre à eux, mais non ma volonté '^ Estant donc de ce point" sainctement résolue,

Vers le Pôle** elle eleve et ses mains et sa veuë :

Et puis à basse voix prie ainsi l'Eternel :

« 0 bon Dieu, qui tousjours as eu soin paternel

De ton aim:; Jacob, fortifie ma dextre,

Afin que ceste nuict d'une vigueur adextre*^

Elle puisse égorger ce Prince audacieux,

Qui pour te desceptrer*^ veut escheler*'' les Cieux.

Et puisque ta bonté, nonobstant mille orages,

A fait voir à ma nèfles desirez rivages,

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