‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 554 sur 725 · Discours de la Fortune contre la Vertu · texte numérisé non relu

Discours de la Fortune contre la Vertu

Comment, mal conseillé, pipé, trahi, suis-tu

Par chemin ospiueux la stérile vertu?

Cette sotie par qui me vaincre- tu essayes

jN'eut jamais pour loyer que les pleurs et les playe?.

De l'esprit et du corps les assidus tourments,

1,'envie, les soupçons et les bannissements,

Qui pis est^, le desdain : car sa trompeuse attente

D'un vain espoir d'honneur la vanité contente.

De la pauvre vertu l'orage n'a de port*

Qu'un havre tout vaseux d'une honteuse mort.

Es-tu poinct envieux de ces grandeurs romaines?

Leurs rigoureuses mains tournèrent par mes peines

Dedans leur sein vaincu leur fer victorieux.

•le t'espiois ces jours lisant, si curieux,

La mort du grand Seneque et celle de Thrasée :

Je lisois par tes yeux en ton ame embrazée

Que tu enviois plus Seneque que Néron,

Plus mourir en Caton que vivre en Ciceron.

Tu estimois la mort en liberté^ plus clierc

Que tirer en servant une haleine précaire®.

Ces termes spécieux' sont tels que tu conclus

Au plaisir de bien estreou bien de n'estre plus.

Or, sans te surcharger de voir les morts et vies

Des anciens, qui faisoyent gloire de leurs Iblies,

Que ne vois-tu ton siècle, ou n'aprehcndcs-tu

Le succès des enfans aisnez de la vertu ?

1 . La mèche des arqucl)uses. | 4. La vertu uc trouve de poil dans

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