Soustraction (des pièces, des témoi
itaage
Cf. p. ISl, n. U.
280 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XYl'' SIÈCLE.
Je ne sçauroy blâmer du premier Brute Contre Tarquin la vengeance très-juste.
Je ne sçauroy loiier César si fort Que d'avoûev que l'autre Brute eut tort. Je ne sçauroy suivre la torte sente * De la malice, alors que se présente Le sentier droit, qui nous donne la pais Et aux défunts un repos à jamais.
Je ne sçauroy déguiser tant mon stile Que de nommer un Thersite un Achile, Ni pour le sang antique et généreux ^, Comme un Roland estimer un poureux ^ : M faire encor, d'une ame abandonnée, D'un cruel prince un débonnaire AEnec : Ni moins donner le prix de chasteté, Comme à Lucrèce, à l'amour elionté.
Je ne sçauroy, d'une bouche effrontée, D'un sot Marmot * la Muse avoir vantée, En assurant que le Grec, le Romain, Ni le François n'ont eu tel escrivain.
Je ne sçauroy, de façon coustumiere, Loiier quelqu'un devant, et en derrière En dire mal, et me rendre si faint Qu'au\ riants rire et plaindre si l'on plaint ^
Je ne sçauroy bien faire le Polipe "^ Et me changer à tous coups pour la tripe '' ; Représentant maint personnage et puis Me faire voir autre que je ne suis.
Je ne sçauroy ma nature contraindre Sans passion à me rire ou me plaindre Au gréd'autrui, montrant grande amitié Par une ainsi contrefaite pitié^.
Je ne sçauroy penser ce qu'il faut dire Pour plaire au Prince en tout ce qu'il désire. Je ne sçauroy la vérité cacher De peur de voir un autre s'en fâcher.
1 . Le sentier tortueux [lortam semi- 1 lorsqu'ils se plaignent.
tam), 1 6. « Le caméléon, dit Montaigne ,
2. Ni à cause de' sa noblesse. I prend la couleur du lieu où il est assis;