‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 607 sur 725 · La condition de poëte · texte numérisé non relu

La condition de poëte

Or laissons doncq' la Muse, Apollon et ses vers, Laissons le lut, la lyre, et ces outils divers, Dont Apollon nous flatte: ingrate frénésie*! Puis que pauvre et quémande* on voit la poésie, Où j'ai par tant de nuits mon travail occupé. Mais quoy ? je te pardonne, et si tu m'as trompé, La honle en soit au siècle, où vivant d'âge en âge Mon exemple rendra quelque autre esprit plus sage.

Mais pour moy, mon aray, je suis fort mal payé, D'avoir suivy cet' art. Si j'eusse estudié *, Jeune, laborieux, sur unbanoq à l'escolle, Gallien, Hipocrale, ou Jason, ou Bartolle '', Une comète au col*, debout dans un parquet^, A tort et à travers je veiulrois mon caquet : Ou bien taslant le poulx^", le ventre et la poitrine, J'aurois un beau teston'' pour juger d'une urine; Et me prenant au nez ^2, loucher ^-^ dans un bassin. Des ragous qu'un malade offre à son Médecin •* : En dire mon advis, former une ordoniuuice D'un rechape s'il feut '^, puis d'une révérence '®, Contrefaire l'honneste, et quand vieudroit au point ''^,

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