‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 609 sur 725 · Kt quand il viendrait au momeni · texte numérisé non relu

Kt quand il viendrait au momeni

Dire, en serrant la main * : « Dame il n'en falloit point *. »

Il est vray que le Ciel, qui me regîirda naisire, S'est de mon jugement tousjours rendu le maistre ; Et bien que, jeune enfant, mon Père me tançast. Et de verges souvent mes cliançons menaçast*, Me disant de dépit, et bouffy de colère : « Badin *, quitte ces vers, et que penses-tu faire? La Muse est inutile \ et si ton oncle ^ a sçeu S'avancer par cet'art, tu t'y verras deçeu.

Un mesme Astre tousjours n'éclaire en ceste terre : Mars tout ardant de icii nous menace de guerre, Tout le monde frémit, et ces grands mouvemens Couvent en leurs fureurs de [liteux ctiangeinens.

Pense-tu que le lut, et la lyre des Poètes S'acorde d'armoiiie avecqu^'s les trompettes, Les fiffres, les tambour?, k canon et le fer, Concert extravagant des musiques d'enfer?

Toute chose a son règne, el dans quelques années, D'un autre œil nous verrons les fieres * destinées.

Les plus grands de ton tan»'' dans le sang aguerris, Comme en Trace seront brutalement nourris". Qui rudes n'aymeront la lyre de la Muse, Non plus qu'un vielle ou qu'une cornemuse. Laisse donc ce meslier, et sage [irens le soing De t'acquerir un art qui te serve au besoing. »

Je ne sçav, mon amy, par quelle prescience, 11 eut de noz Deslins si claire congnoissant'e ; Mais pour moy, je sçay bien que sans en faire cas Jemesprisois son dire et ne le croyois pas ; Bien que mon bon Démon ' souvent me dist le mesme *".

de toucher ses honoraires.

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