‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 678 sur 725 · Par la fatigue · texte numérisé non relu

Par la fatigue

8. La foule du peuple. — Ce vers dépend du nienibi'C de phrase commencé plus haut: Uéjà me semble voir.

EUFRON.

Puis l'infâme bourreau Dans leur gorge enfantine enfoncer le Cousteau.

CLEOPATRE

Helas ! le cœur me fend. Par les rivages sombres, Et par les champs foulez des solitaires Ombres, Par les Mânes d'Antoine, et par les miens aussi, Je vous supplie, Eufron, prenez-en le souci : Servez-leur de bon père, et que vostre prudence jNe les souffre tomber sous l'injuste puissance De ce cruel tyran ^ Plustost les conduisez Aux Ethiopes noirs aux cheveux refrisez. Sur le vague Océan à la mercy des ondes, Sur le neigeux Caucase aux cymes infécondes. Entre les Tygres prompts, les Ours et les Lions, Et plustost et plustost en toutes régions. Toutes terres et mers : Car rien je ne redoute Au pris ^ de sa fureur, qui de sang est si gloute ^.

Or, adieu, mes enfans, mes chers enfans adieu, La sainte Isis '' vous guide en quelque asseuré lieu, Loin de nos ennemis, où puissiez vostre vie Librement dévider^ sans leur esfre asservie.

Ne vous souvenez point, mes enfans, d'estre nez D'une si noble race, et ne vous souvenez Que tant de braves Rois de cesle Egypte maistres. Succédez^ l'un à l'autre, ont esté vos anccslres : Que ce grand Marc Antoine a vostre père esté Qui descendu d'Hercule a son los surmonté '. Car un tel souvenir espoindroit vos courages* Vous voyans si dccheus, de mille ardentes rages... Apprenez à souffrir, enfans, et oubliez Vostre naissante gloire, et aux destins pliez'.

[Marc Antoine, acte V, début ; — fol. 106, recto.)

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