‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 712 sur 725 · L'avare et son trésor · texte numérisé non relu

L'avare et son trésor

Seykrix, Désiré.

Severin'. Mon Dieu, que je suis misérable ! M'eut-il pou^ jamais advenir plu» grand malheur qu'avoir des diables pour hostes, qui sont cause que je ne puis me descharger de ma bourse! Qu'en feray-je ? Si je la porte avecques moy, et que mon frère la voye, je suis perdu. Où la pourray-je donc laisser en seureté?

Désiré". Elle est pour estre mienne.

Severin. Mais puisque je ne suis veu de personne, il sera meilleur que jela mette icy, en ce trou, où je l'ay mise autrefois sans que jamais j'y aye trouvé faute *. Oh ! petit trou, combien je te suis redevable !

Désiré. Mais moy ^, si vous l'y mettez.

Severin. Mais si on la trouvoit! Une fois paie pour tousjours"'. Je la porteray encores avec moy : je l'ay apportée de plus loing.

1. Le cardinal Bibbiena (1470-lol0), auteur de la Calandria, comédie en prose; Alexandre Piccolomini (loOS- 1578), archevêque in partibits de Fatras, théologien, jurisconsulte, philosophe, mathématicien, médecin, auteur dramatique ; il a laiesé deux comtdies, A/ej;//»dre et l'Amour constant, Pierre I'Aretin, c'est-à-dire d'Arezzo, ville de Toscane (149-2-1557), célèbre par ses poésies licencieuses et ses venimeuses satires, a laissé quelques bonnes comédies en prose, entre autres le Philosophe.

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