‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 722 sur 725 · M. Josse. I y. Femme dévergondée · texte numérisé non relu

M. Josse. I y. Femme dévergondée

:i. Mal morigénée, mal élevée. |

t'a enseigné ù parler en ceste façon ? Tu as fait une fauie en grammaire, une discordance au nombre, au mode appelé nominativus cum verbo^, pour ce que Fidelle est numeri singidaris ', et sont numeri pluralis ', et doit-on dire : est-il en la maison et non : sont-ils en la maison * ?

Babu.i.e. Je ne sçai pas tant de grammaires ®.

M. JossE. Voicy une autre faute, un très grand vice en l'oraison ^ pour ce que, comme dit Guarin ''j la grammaire estant avtrecte loqiiendi recteque scribendi^^']hqo\\. qu'yen plusieurs langues elle soit escritte, n'est pourtant sinon un seul art, par quoy envers les bons autheurs ne se trouve grammatice ^'^ grammaticarum, non plus encores que tritica iriticonim, et arène arenarum, car il se dit tant seulement au singulier.

Babille. Toutes ces vostres niaiseries ne m'importent rien ''.

M. JossE. En ce sens on ne dit pas ne m'importe rien, pour ce que cluse negationes affirmant ^^ei vallent autant comme si lu disois, il m'importe un peu, ce que tu n'entends pas dire, par ce que tu voulois que j'entendisse qu'il ne t'importe pas.

Babille. Je n'ay point aprins toutes ces choses-là, chacun sçait ce qu'il a aprins.

I\L JossE. Sentence de Senèque, au livre De moribus. IJjîusqw'sqite scit quod didicit i^.

Babille. Faites-moy ce plaisir, allez le appeler et luy diles que je suis la servante du seigneur Ottavian.

M. JossE. Prononce-moy Octavian avec cet t. pour ce que derive du nom universel** octo, qui en grec s'écrit par cappa et taf'K

Babu.le. Depeschez-moy i", je vous prie, et luy dites que je suis Babille.

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