CHŒUR
Sonnez, fanfares solennelles !
Sonnez, et que vos fiers accents Par mille accords retentissants, Jusques aux voûtes éternelles Portent nos cris reconnaissants !
Sonnez! Sonnez! Sonnez! Sonnez!
DS
Solo de Soprano
On nous enseigne ici la divine parole En exemples constants.
Solo de Ténor
Leur souvenir nous suit et nous sert de boussole Sur les vagues du temps.
Solo de Basse
Il se mêle et se fond dans la douce auréole De nos printemps.
Quatuor
On nous enseigne ici la divine parole En exemples constants.
Chœur: Sonnez{ etc.
Solo de Soprano
Charmants rivages, Riants bocages, Verts paysages, Heureux séjours ; Ombre discrète, Douce retraite, Que l'on regrette Toujours, toujours.
Solo de Ténor
Bancs où l'enfançe Avec vaillance
A l'ignorance Livre combats ; Salle attrayante Où s'oriente L'aile bruyante De nos ébats.
Duo: Sop. et Ténor: Charmants rivages, etc.
e Solo de Ténor
Parvis antiqnes, hos mystiques De nos cantiques ; Et vous enfin, Chapelle sainte, Pieuse enceinte, Vous dont l'empreinte Désormais en nos cœurs devra vivre sans fin.
Duo : Sop. et Ténor : Charmants rivages, etc. Solo de Ténor Que du Très-Haut la dtoite bienfaitrice CHŒUR Que du Très-Haut la droite bienfaitrice Solo de Ténor Plane sur vous, lieux chers et vénérés, CHŒUR Plane sur vous, lieux chers et vénérés.
Solo de Ténor Qu'elle nous verse à flots son ombre protectrice, Et qu'à jamais du ciel la grâce inspiratrice Eclaire, asile saint, tes portiques sacrés !
Chœur: Qu'elle nous verse à flots, etc.
Solo de Ténor et cuœun | Qu'elle nous verse à flots son ombre protectrice,
Et qu'à jamais du ciel la grâce inspiratrice Eclaire, asile saint, tes portiques sacrés !
Les paroles sont de M, Louis Fréchette, la musique de M. Alphonse Lavallée-Smith, tous deux de Montréal, el anciens élèves de la maison.
La manière du : poète, l'inspiration dont il a fait Preuve en tant de productions, sont trop connues pour qu'il soit utile d'en parler ici,
Mais c'est la première fois que le talent du musicien, M. Lavallée-Smith, se révélait à la plupart d'entre nous avec autant d'éclat.
C'est un morceau vraiment intéressant que cette cantate et qui sort absolument de l'ordinaire.
La tâche du jeune compositeur était diflicile si l'on songe à la variété du rythme littéraire auquel il devait s'astreindre,
Malgré l'embarras du thème, l'idée se tient, leschœurs sont beaux, et certains motifs sont des plus agréables à
entendre. Le leitmotiv en particulier a beaucoup de charme,
Cette composition canadienne fait présumer hautement du talent de M. Lavallée-Smith.
Quelques chanteurs, M. Paul Dufaut, de New-York, M. Édouard Dufresne, de Nicolet, et plusieurs autres dont nous oublions les noms, figuraient avec beaucoup d'avantage dans les chœurs.
M. Dufaut a dit à ravir le solo de la 4° partie: « Que du Très-Haut la droite bienfaitrice, etc. »
Un solo de baryton par M. Édouard Dufresne a aussi
été agréablement rendu. Quel velours ce chanteur a dans la voix!
Remarqués à l'orchestre : MM. O.-H. de Châtillon, J.-E. Prince et A.-E. Courchesne, au premier violon, L. D'Amour, à la clarinette, A. Perreuult, au premier cornet, P. Duquette et L. Duguay, au violoncelle, l'abbé M.-R. Crochetière, au trombone, Gustave Duguay, à la contre-basse, l'abbé M.-T, Melançon, au piano d'accompagnement. |
La musique du chant, habilement accompagnée par un ecclésiastique, M. l'abbé Melançon, avait été parfaitement exercée, aussi, par le chef de la fanfare nicolétaine, M. l'abbé Désilets.
L'heure du départ approche. « Il n'est si bonne société qui ne se quitte enfin », a dit quelqu'un.
M“ Douville monte sur l'estrade et adresse ses remerciements à l'auditoire :
« Messeigneurs et Messieurs,
« Avant de clore cette journée si glorieuse pour le Séminaire de Nicolet, par une dernière action de grâces au Très-Haut, vous me permettrez de vous offrir à tous l'expression de notre plus profonde reconnaissance. = «de l'avoue en toute sincérité, je me sens impuissant à le faire de manière à répondre tant soit peu aux faveurs reçues et à vous dire combien nous les apprécions. Il est des sentiments que l'on ressent bien plus facilement qu'il n'est possible de les exprimer, surtout quand le cœur déborde autant de bonheur que de reconnaissance, et c'est le cas pour nous aujourd'hui. Ce jour mémorable sera à jamais gravé dans notre mémoire et restera comme un des plus beaux, sinon le plus beau, de l'existence de notre maison qui voit ses cent années couronnées si brillamment par cette fête.
« Nous voudrions dire à chacun de vous en particulier un merci aussi cordial que sincère et affectueux. Nous le disons à tous du plus profond de notre âme.
« Nous ne pouvons manquer d'ofirir spécialement l'expression de notre plus vive gratitude à Me de Nicolet qui, fidèle à la promesse faite avant son départ pour la ville éternelle, en dépit d'une santé chancelante, s'est hâté de revenir au milieu de nous pour partager la joie de son Séminaire et lui apporter une bénédiction toute spéciale de notre très-saint père le pape à l'occasion de la fête jubilaire que nous célébrons :
« A M“ l'archevêque de Québec, le très digne successeur des Plessis, des Panet et des Signay, nos fondateurs et bienfaiteurs insignes, pour le grand honneur qu'il nous a fait en venant prendre une si large part à la célébration de cette fé'é et rendre grâces à Dieu avec nous des inappréciables bienfaits que notre maison a reçus par l'intermédiaire de ses illustres prédécesseurs, ainsi que pour les sympathiques paroles qu'il a bien voulu nous adresser :
« À Nos Seigneurs les archevèques de Saint-Boniface et de Montréal, qui ont eu l'extrême complaisance, comme M“ l'archevêque de Québec, de quitter leurs visites pastorales pour venir honorer le Séminaire de Nicolet au jour de son centenaire, et répondre si gracieusement à nos désirs en rappelant avec éloge la mémoire vénérée de leurs prédécesseurs nicolétains sur les sièges qu'ils occupent.
« Nous offrons égaleinent nos plus sincères remerciements à Nos Seigneurs l'archevêque de Kingston et et les évêques de Sherbrooke et des Trois-Rivières, pour leur grande bienveillance à l'égard de notre maison, en venant assister à cette grande réunion de la famille nicolétaine, après avoir, eux aussi, interrompu leurs
courses pastorales afin de nous accorder l'honneur de leur présence en cette solennell: circonstance :
« A Mw de Tubuna, notre très cher et très vénéré ex-confrère, dont la parole éloquente a su, ce matin, réveiller les plus douces émotions dans tous les cœurs nicolétains, en redisant avec bonheur les gloires de son Alma Mater et les bienfaits du Seigneur à son égard endant le siècle écoulé,
« Que tous les autres orateurs du jour, qui ont répondu si noblement à l'adresse des élèves et célébré avec tant d'enthousiasme nos gloires nicolétaines, veuillent bien recevoir aussi nos meilleurs remerciements. À chacun d'eux nous disons de tout cœur : merci de vos bonnes et sympathiques paroles,
« Et à nos poètes done, que de reconnaissance nous leur devons pour avoir si bien chanté la chère maison de Nicolet, son passé, son présent, et je dirai même son futur, puisque les poètes sont prophètes parfois ! Merci à ces privilégiés des muses dont les poétiques accents nous ont réjouis si agréablement.
« A la poésie se joint volontiers la musique, et les beaux vers de M. Fréchette, à l'occasion de cette fête du centenaire de notre chère maison, ont reçu de M. Lavallée-Smith un accompagnement musical digne de la poésie ; vous en avez soûté les charmes avec plaisir.
- Merci à notre jeune musicien nicolétain d'un talent si élevé, qui a déjà fait sa marque parmi les meilleurs artistes du pays.
« Nous disons aussi merci à un autre virtuose nicolétain, à [M. Paul Dufaut, qui : quitté les chœurs de New-York pour venir nous Pt le concours de sa belle voix de ténor, dans le chant que vous venez d'applaudir avec tant d'entrain.
« Merci encore à tous ceux qui ont bien voulu nous aider dans l'exécution de cette Cantate vraiment nicolélaine et par la poésie et par Ia musique, je puis ajouter aussi par le chant, puisqu'il a été soutenu et rehaussé par des voix comme celles de messieurs Henri et Édouard Dufresne, qui ne sont pas étrangers à Nicolet et que nous entendons toujours avec plaisir.
« Merci en particulier à messieurs Prince et Courchesne, deux autres artistes nicolétains par origine, que Québec est fier aujourd'hui de compter au nombre des siens, pour leur précieux concours dans l'accompagnement de cette même pièce.
«Nous ne pouvons pas non plus, dans cette effusion de notre reconnaissance, oublier de remercier chaleureusement lous les comités et sous-comités des anciens élèves qui ont travaillé à l'organisation de cette fête et qni nous ont rendu de signalés services, surtout en recucillant les souscriptions, le véritable nerf de la guerre dans l'entreprise en vue.
« Messieurs les secrétaires des différents comités voudront bien prendre une larg part de nos remerciements, puisque sur eux a reposé la plus forte partie du travail d'organisation et de correspondance.
« Pour preuve que les comités n'ont pas agi en vain, el, aussi, comme renseignement qui ne manquera pas d'intérêt pour.tous, je vous ferai connaître les chiffres suivants de la souscription et des autres dons en faveur du monument du centenaire.
« Ce monument, tel que vous le voyez, coûte 870,000. Le montant des souscriptions inscrites par les divers comités jusqu'à ce jour, est de #40,000; le montant des souscriptions payées est de 836,000, laissant 81,000 à recevoir.
« Dans ces sommes n'est pas compris le coût des autels et des statues de la chapelle, (1)
CI y aura huit autels en marbre, du prix de #500 chacun, huit autels en bois doré valant chacun aussi #200, et douze statues en marbre, du prix de #100 chacune. Les huit autels en marbre sont déjà donnés et six même sont posés, comme vous avez pu Île voir. Sur les huit autels en bois, cinq sont donnés: des douze statues, cinq le sont aussi. Il reste done trois autels en bois et sept statues en marbre à attendre encore de la bienveillante générosité de quelques-uns de nos amis, pour que lout soit au complet dans l’ameublement et l'ornementation de la cha pelle-souvenir du siècle écoulé.
«La somme des dons pour les autels et les statues, jusqu'à présent, est de #400 qui, ajoutées à la souscription générale, donne un montant :.. 41.400 comme offrande en faveur du monument du centenaire, telle que bien et dûment reçues à cette date.
« En résumé, quand tous les autels et les statues seront reçus, et à leur place, le coût de tout le monument, salle et chapelle au complet, sera de 877,000. Puis, si toutes les souscriptions promises rentrent, comme nous devons l'espérer, les offrandes s'élèveront à la somme de 816,600 (quarante-six mille six cents piastres).
« Nous disons de nouveau et de grand cœur, merci à tous ceux qui ont contribué à ce magnifique don oftert à l'Alma Mater, qui en conservera religieusement le souvenir, et, d'avance à ceux aussi qui voudraient joindre leurs offrandes à celles déjà reçues, pour compléter l'œuvre qui restera comme le plus beau témoignage d'affection et de reconnaissance des fils du Séminaire de Nicolet pendant le premier siècle de son existence.
() Voir le dernier état dans l'Introduction.
« Enfin, un dernier merci à tous nos anciens élèves ainsi qu'à tous nos hôtes distingués qui ont bien voulu se rendre à notre invitation et nous honorer de leur présence en ce grand jour jubilaire de notre chère maison, pour la féliciter d’avoir traversé heureusement son premier sièele et lui souhaiter, aussi, paix, bonheur, prospérité dans le second, où elle entre résolument et avec les meilleures espérances, grâce à la divine Providence qui a toujours veillé sur elle depuis son origine et qui lui continuera dans l'avenir sa toute puissance protection. »
À ce moment, Mr Bruneault se lève et émet le vœu que le 10 juin, tout comme le 24 mai, depuis 1866, soit désormais jour de congé pour les élèves en mémoire de la fête.
Cette proposition, à laquelle les élèves actuels ne pouvaient être insensibles, est acclamée.
ÎLest 104 hrs. On entend au loin tinter la locomotive.
Grand nombre passeront la nuit à Nicolet, mais ceux venus par les convois de Montréal et de Québec, quittent déjà la salle.
Vite nous serrons la main aux directeurs,
à quelques camarades, et, en voiture !
Quelle journée !
Dès le matin, les portes du Séminaire s'étaient ouvertes tcutes grandes à l'hospitalité.
Ce jour-là, la maison n'était plus à ses habitants mais bien à tout le monde.
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Il semble que les anciens eux-mêmes, ce jour, avaient à peine vieilli, tant la joie mettait de rayons. sur tous les visages.
Quiconque éprouve du bonheur, participe de cette sérénité qui ressemble à la jeunesse et: fait oublier les années.
Sans doute, le temps avait fait son œuvre en nous et, aussi, autour de nous.
Au Collège, bien des changements, ici et là, s'étaient opérés, surtout depuis la création du diocèse de Nicolet,
L'intérieur du Séminaire avait été en partie renouvilé, A l'extérieur, l'aile sud-est notablement agrandie et un chemin de fer qui coupe maintenant le sentier si joli conduisant du jardin au bois de« Versailles». En avant, les dépendances si admirables de la maison, hélas! entamées de chaque côté de l'avenue. Elles n'avaient autrefois pour bornes que des pins et les ruines du vieux séminaire,
Du temps où l'abbé Laflèche, — plus tard M des Trois-Rivières, - enseignait, l'ingénieux professeur avait fait construire un très élégant appareil planétaire dans le jardin des élèves.
Le « système » constituait un ornement original qu'on aimait à voir: c'était une leçon vivante d'astro-
. homie pour les élèves.
Parti avec les neiges d'antan le petit monde sidéral du jardin; disparu, aussi, le fameux ruisselet qui coulait ses eaux mystérieuses du côté de l'aile nord, le € Styx », (puisqu'il faut l'appeler par son nom... .), au
demeurant, incapable, celui-là, d'enrichir l'Achéron.…
mm ot “©
nr ie eme emma ten ere emeres
Retourné, sans doute, dans l'empire des morts. (1)
Enfin, la chapelle du jubilé vient d'être élevée précisément sur les lieux où, hier encore, existait un grand trottoir circulaire, éclairé, le soir, par de nombreux fanaux. Après souper principalement, marchaient là les élèves, durant la récréation.
Autant de souvenirs que tout cela aujourd'hui !
Mais qui ne comprend cette marche du temps à travers les choses ?
Seule la mémoire d'êtres aimés et disparus, pouvait Peut-être dans une fête comme celle-ci, jeter quelque ombre.
Comment oublier, par exemple, cet homme qui, quoique au déclin de sa carrière, de mon temps, avait néanmoins joué un rôle si grand, tenu une place si importante parmi les directeurs de la maison ?
Il avait étudié dans le vieux séminaire, lui, c'est-àdire avant 1830, et avait été par conséquent contemporain des premiers élèves. Il n'en parlait jamais sans attendrissement.
La piété angélique de cet homme, ses vertus sacerdotales, sa charité ardente, faisaient l'édification générale.
Une bonté extrême formait le fond de son caractère, Sa sollicitude pour les élèves en faisait le conseiller, le
père aimé et vénéré de tous. Aucune vocation ne se décidait sans lui.
(@) « Tu es le prince du Styx », dit un jour à l’un de nos homonymes, l'ami Ernest P., entouré de rieurs. —« Oui, et vous êtes tous mes sujets ! », lui répond ce prince...
Oh ! si le bon père Thomas Caron eût été de la fête! Mais il n'était plus là.
En passant devant certaine chambre, je songeai encore au prêtre distingué et souriant qui, autrefois, nous accueillait avec tant de politesse aimable,
Sa carrière de préfet est inoubliable au Collège. 1] savait à merveille distinguer le talent. Que de tact, de linesse il déployait dans les circonstances difficiles! Plein de réserve et de dignité, d'une sensibilité exquise, Mer Gélinas était une nature d'élite. À une rare culture de l'esprit, il joignait les plus nobles qualités du cœur.
Il n'était plus là, non plus, lui.
En faisant certaine partie du bois de « Versailles », comment ne pas songer au professeur aimé, si aimant, si délicat et si doux qui venait, là, dans cette solitude, nous faire réciter des discours ?
À la fois philosophe, théologien, linguiste, littérateur, poète, musicien, naturaliste, et que sais-je encore, cet homme unique avait tout appris et tout retenu. On eût pu dire de lui ce qu'on disait de l'admirable évêque
d'Angers: « c'est un spécialiste universel» (1),
Son âme, faite de lumière et de sympathie, embrassait tout.
© « L'amour de la science, disait l'abbé Thomas Maurault, dans les derniers jours de sa vie, m'a tué. »
Que ses leçons avaient de charme!
Je le vois encore dans sa chambre encombrée d'instruments et de livres de toutes sortes.
(1) Mer Frappel, qu'on a aussi appelé « une tête encyclopédique,»
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Il me semble que j'entends encore sa voix, que je vois son visage, mais où est l'ami délicat, le maître puissant et doux?
Et que de camarades partis, eux aussi, tous et, cependant, présents à l'esprit !
Tels sont les souvenirs qui durent parfois agiter l'âme de tant d'élèves venus revoir ces lieux chers.
Mais l’homme n'étant queique chose que per « l'éter- « nelle mélancolie de sa pensée il est des regrets qui n'ont rier colies qui n'ont rien d'amer.
Ces vieux maîtres d'autrefois, ces étaient vertueux et bons et d'attrister la fête, lui prêtait
invisibles
», si regretter est humain 1 de lugubre, des mélan-
amis disparus, » ainsi, leur souvenir, loin au contraire une physionomie plus pieuse et plus attendrie, une douceur plus grande.
L'heure du départ, nous l'avons dit, Nous partions. Trois heures après, notre convoi rentrait en gare à Lévis. Il était une heure et quarante du matin.
Deux cents milles en chemin de fer, vingt-deux heures debout, et au milieu de quelle agitation !
Bien des voyageurs nous ont abandonnés en route.
Nos amis du char-dortoir dorment du sommeil des sages. L'honorable juge Blanchet, M. le docteur Verge, M. le docteur Martineau, M. Félix Turcotte, de Québec, sont du nombre.
La brume du départ est déjà bien loin :
une pluie froide, tombe fine et drue.
était sonnée.
une pluie, Au milieu des
SRE gp hanire en
ténèbres, quelques mâts électriques çà et là nous éclairent et guident nos pas vers le bateau.
La gare de Lévis est horrible à voir avec ses vieilles masures par une pareille lumière.
Les Lévisiens, nos amis, n'ont pas plutôt quitté le char, qu'ils disparaissent.
— Le bateau, où est le bateau ? Point de bateau ?— Si, si, de l'autre côté, — Pourquoi pas ici, Monsieur, le bateau ? - Parce que, parce que.... de l'autre côté Monsieur. — Excellente raison. Nous attendons, assez longtemps. Enfin, le bateau arrive. Il est deux heures et demie. — Nous ne retraversons que dans une heure, dit placidement le capitaine...
— Ah! ça, nous disons en chœur, on se moque de nous par exemple !— M. le curé Chabot nous croit flambés pour la nuit, à Lévis. A force de parlementer, le bon capitaine finit par démarrer son bateau.
Mais en touchant le quai du nord, nous ne sommes Pourtant pas encore chez nous. 11 reste la Côte de la Montagne à gravir. Une voiture n'est-elle pas accourue au-devant du docteur Laurin?( inq milles pour gagner son logis:à la Petite-Rivière. Il ne couche pas en ville, le docteur Laurin, un malade l'attend! Ce patient avait empiré, la veille, mais c'est sans doute un de ces malades trop honnêtes pour oser guérir ou rendre l'âme ailleurs que dans les bras de la médecine.
Trois heures!— Un dernier adieu au brave Laurin qui me traîne un bout dans sa voiture et puis vole vers son cher malade, pendant que j'enfile par la petite rue
nee due dant ce AU a 7
Dambourgès.— Pas un Américain, ici, c'est entendu, depuis que le brave colonel les en a délogés!—Les rem-
parts sont déserts et la nuit dort sur l'afft des canons.
vieux
A travers la demie obseurité qui enveloppe toutes choses, le calme profond des rues, la solitude, à ce moment l'oreille entend plus vifs les mille bourdonne-
ments du jour qui reviennent et dont l'écho se prolonge...