ETUDE
3i LES CHOSES.
L'e\istence do rapides indique une différence de niveau «'.ntre deux bassins. On fait sauter une roche qui gêne dans le lit d'un fleuve, mais l'obstacle d'un rapide est de ceux qu'on ne fait pas sauter ; il ne faut rien moins que la construction d'écluses pour le tourner.
Il serait diflScile d'établir des écluses dans le lit d'un fleuve qui offre des crues de 10 à 12 mètres. Si rimportance de la navigation du Haut-Pays permettait une construction dispendieuse, il serait plus avantageux d'exécuter un canal. Parlant de la Falémé, ou d'une branche du Sénégal à travers.la Falémé, il irait déboucher dans le Bas-Sénégal, la Basse- Gambie ou mieux dans la rade de Corée, seul point de la côte libre de barre de plage.
Pourquoi n aurait-il pas cette triple issue ?
Si une pareille entreprise est hors de proportion avec l'importance actuelle de la Sénégambie, je démontrerai que rétablissement d'un canal d'irrigation suivant ce même parcoui*s, est un projet dont la réalisation prochaine n'entraînerait pas une grande dépense, rapporterait de grands bénéfices et changerait la face de la contrée.
Dans le chapitre du travail à propos de l'agriculture, j'indiquerai l'influence de l'inondation sur la répartition des cultures dans les trois régions du
3i LESGHOSES.
Ces différences ne doivent pas être attribuées entièrement à la nature de Taille, il faot en rapporter nne pari à l'action de l'air. Le Bas-Sénégal est soumis à une alternance de vents secs d'Est et humides et salés d'Ouest, qui compromet la durée des constructions. Le climat de Londres parvient bien à déliter des pierres sur lesquelles le climat de Paris est sans action.
Le Haut-Sénégal étant une formation de terrains primitifs, on ne s'attendra à y trouver ni roches calcaires ni charbon. Les couches de schiste y étant fortement inclinées ne nous laissent aucun espoir d'y mettre à jour des eaux souterraines. Lorsque dans la r^on montagneuse nous trouverons une chatne d'élévations affectant la direction méridienne, nous nous souviendrons que Humboll assigne cette direction aux monts aurifères. Aucun fait récent n'a altéré la généralité de cette loi, formulée avant la découverte des gites de la Californie et de l'Australie.
L'orientation de la chatne de montagnes dont le versant oriental forme le Bambouk, relevée par notre regretté ami, H. Pascal, apporte un fait de plus à la confirmation de cette loi.
Les indigènes nous ont précédés dans la recherche àe l'or du Bambouk et dans la fonte des minerais de