LE TRAVAIL
habité le Sénégal, et qui désirent goûter encore à un met de leur jeunesse.
Le son retiré du mil est ajouté au couscous des captifs, ou est donné aux animaux entretenus à la case : les poules, le mouton engraissé pour la fête, la vache qui fournit le ménage de beurre et de lait aigre. Des voyageurs malheureux s'offrent à épargner la fatigue du mortier, moyennant l'abandon du résidu .
Dans les années de disette, la ménagère pauvre, qui n'a ni captifs ni animaux à nourrir, pile le son pour augmenter la proportion de farine , comme on fait des repasses dans nos minoteries.
Les indigènes les plus riches et les plus européennisés du Sénégal déjeûnent à la française , et font du couscous leur repas du soir. Un certain nombre d'étrangers au pays ont adopté ce régime comme agréable et hygiénique: le couscous est en effet trèsfacile à digérer.
Quand on n'est pas très-gourmet de couscous, on peut se servir d'une cuiller.
On peut être quelquefois invité par des camarades indigènes à manger le couscous ; il faut se garder de considérer cette politesse comme une occasion de faire connaissance avec le met national. Sous prétexte de couscous, j'ai vu servir les mets les plus rafHnés et les plus coûteux de la cuisine française.
SOO LE TRAVAIL.
d'un manche d*0Qtil coudé quelconque, hermi nette ou pioche, dès que leur longueur en compromet la solidité.
Le sarclage s'opère dans le Valo à l'aide d'un fer analogue poussé en avant, emmanché sur un bâton simple ; ce fer suffisant pour un sol sablonneux, est mince et large.
La cambrure et la courbe de la ligne coupante de plusieurs de ces outils, pourrait faire attribuera ceux qui les ont établis une notion mathématique élevée. On sait que le coup d'œil et l'expérience ont devancé le calcul, pour indiquer le galbe des surfaces de moindre résistance, de la pirogue qui fend les eaux, du versoir qui élargit le sillon.
Le forgeron d'un village travaille sans rémunération immédiate à tous les fers de bêche qu'on lui apporte ; à la récolte, il établit une mesure, variable suivant le pays et l'abondance de Tannée ; chaque cultivateur lui remplit de grain cette mesure, un nombre de fois égal k celui des hommes qui ont travaillé k son lougan.
Les Liobés ont un fer unique qu'ils emmanchent sur une des bifurcations du bois. Par un quart de révolution opérée par la douille sur le manche, d'herminette, l'outil se change en hache à parer ; en adaptant le fer à la grande bifurcation , le Laobé peut travailler jusqu'au fond du mortier qu'il fabrique.