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l'achèvement de certains autres, d'autres durables comme le développement économique de la Colonie ont exercé leur influence sur le mouvement commercial.
Importations, — A l'importation les diminutions constatées en 1905 portent principalement sur les Kolas, les spiritueux, le charbon, les métaux et ouvrages en métaux.
A l'égard des Kolas, la baisse n'est qu'apparente. Dans les statistiques précédentes, cet article était évalué à 8 francs le kilo. Cette valeur a pu être exacte dans le passé, elle ne correspond plus aujourd'hui à la réalité. Aussi, dans la mercuriale officielle, le prix des kolas a-t-il été sensiblement réduit. Il a été mis à 6 francs puis à 4 francs le kilo. Et c'est pourquoi la diminution des importations de kolas se trouve être de 1.500.000 francs en valeur, alors que la quantité introduite a été seulement inférieure de 31.495 kilogs à 1904.
En ce qui concerne les spiritueux la moins-value constatée est certainement due à l'application du nouveau tarif douanier. « C'est là, a dit le gouverneur général de l'Afrique occidentale française, un heureux résultat que nous n'avons cessé de poursuivre. C'est en efl'et pour enrayer la consommation de l'alcool, et non pour obtenir une majoration de recettes, laquelle au delà d'un certain taux ne peut plus se produire, que le tarif sur l'alcool a été revisé et sensiblement élevé ^).
Si nous constatons en 1905 une diminution importante des importations de charbon, le fait n'est pas dû à un ralentissement de la navigation, mais à ce que la Compagnie des Charbonnages ayant en 1904 fait construire de vastes hangars et les ayant entièrement garnis n'a eu en 1905 qu'à répondre aux besoins de la consommation courante.
De même, c'est à l'achèvement du chemin de fer de Kayes au Niger qu'il faut attribuer la diminution sur les métaux et les ouvrages en métaux, d'autant plus qu'en 1903 et 1904 des apports exceptionnels avaient été faits pour la construction du marché de Saint-Louis et pour l'installation du gros matériel nécessaire aux travaux du port de commerce de Dakar.
Ainsi donc, et sauf en ce qui concerne les spiritueux pour lesquels la baisse était désirée, on peut dire que les fléchisse-
ments qui se sont produits à l'importation, ou bien ne sont qu'apparents comme pour les kolas, ou bien sont dus à des causes particulières et n'affectent en aucune façon la situation économique de la colonie.
Par contre, on peut considérer comme d'heureux symptômes pour l'avenir les augmentations réalisées à l'importation, lesquelles visent surtout les vins, la bière, le pétrole, les livres, l'outillage économique et surtout les tissus.
En ce qui concerne les vins et la bière, l'augmentation est d'autant plus heureuse, qu'elle se produit en même temps qu'une diminution sur les alcools. Elle s'explique en partie par l'accroissement de la population européenne, mais l'usage du vin commence aussi à se répandre parmi les indigènes et beaucoup de noirs qui faisaient usage d'alcool, préfèrent aujourd'hui cette boisson tonique. A l'égard des vins, le développement de la consommation au Sénégal aura cet avantage que les importations sont entièrement fournies par la métropole : 1 369.000 francs sur 1.471.000 francs soit 93 0/0 et que, par ses relations directes avec Bordeaux, le Sénégal sera toujours tributaire de cette place pour la fourniture de l'article qui nous occupe.
L'augmentation sur les huiles de pétrole est de 100 0/0. Ces articles ont passé de 413.000 à 816.000 francs. Il faut surtout attribuer cette augmentation à ce fait que les huiles de pétrole sont de plus en plus utilisées comme combustible par les nombreuses embarcations de rade ou de rivières.
Nos efforts pour la diffusion de l'instruction par l'ouverture de nombreuses écoles et l'organisation d'un plan général d'enseignement primaire ont eu leur répercussion immédiate sur les importations de papiers et de livres qui ont presque doublé en
-Nous trouvons une augmentation de 925.000 francs pour l'outillage économique et le matériel fluvial maritime. Les travaux d'intérêt public, le développement de la navigation sénégalaise, l'établissement de services sur le Niger expliquent ces accroissements.
Mais c'est principalement en ce qui concerne les tissus que l'augmentation mérite d'être signalée. « C'est en effet le meil-
leur critérium de la prospérité économique d'un pays. C'est la preuve que les ressources de l'indigène se sont accrues et c'est aussi le signe qu'il échappe à sa vie misérable pour venir peu à peu à la civilisation ». L'augmentation est de près de 4 millions, soit 30 0/0 sur celle de Tannée dernière. Dans ce chiffre les guinées figurent pour 1.4o3.423 francs. La part de la France dans ces importations a été beaucoup plus considérable que les années précédentes. Elle s'élève à 8.662.000 francs, soit près de 200.000 de plus qu'en 1904. L'augmentation profite donc pour 50 0/0 à notre commerce national. Et cette augmentation n'est pas accidentelle. C'est la progression saisissante que n'ont cessé de suivre les importations de tissus français :
Exportations, — La diminution considérable à l'exportation des chiffres de 1905 sur ceux de 1904 porte sur un seul produit : l'arachide. La recrudescence des pluies à la fin de 1904, alors que rhivernage paraissait terminé et que les arachides venaient d'être récoltées, a occasionné la perte d'une très grande partie de ces graines. Cette circonstance est d'autant plus regrettable que la récolte avait été très abondante ; elle aurait même pu avoir les conséquences les plus fâcheuses pour les années suivantes^ si l'administration n'avait pris soin de fournir aux indigènes qui se sont trouvés manquer d'arachides, les semences dont ils avaient besoin. L'exportation totale n'en a pas moins été très importante puisqu'elle s'élève encore à 25 millions de francs. Les produits d'exportation autres que l'arachide et notamment les caoutchoucs, les animaux vivants, les dépouilles d'animaux accusent des augmentations sérieuses ; et c'est là un point qu'il importe surtout de noter. La situation économique
du Sénégal-Soudan n'est plus à la merci d'une mauvaise récolte du principal produit d'exportation. Une diminution aussi considérable que celle sur les arachides n'a pas très sensiblement affecté le résultat global du commerce, comme le inontre d'ailleurs le produit des receltes de douane qui a été eu augmentation de 619.000 francs.
Au surplus, le chiffre des exportations est bien inférieur à la réalité. Le caoutchouc forme avec l'arachide le principal élément de nos exportations. Les sorties de caoutchouc ont atteint en 1905, 4.698 000 francs^ mais ce chiffre eut été beaucoup plus élevé si, pour son établissement, il avait été tenu compte de la valeur réelle des caoutchoucs.
La valeur de ce produit a été portée aux mercuriales suivant les sortes pour 1 franc, 4 francs et 5 francs le kilo alors que les caoutchoucs du Soudan atteignent couramment 9 francs, 10 francs, 11 francs et même plus, le kilo, sur les marchés d'Europe. On peut donc sans exagération évaluer au double la valeur exacte des caoutchoucs exportés (1). Elle serait alors de 9.400.000 francs et l'exportation totale du Sénégal en 1905 se trouverait de la sorte remonter à 29.200.000 francs et nos échanges totaux à 82.514.000 francs.
En résumé et malgré des circonstances climatériques défavorables comme il ne s'en était pas produit depuis longtemps au Sénégal, le commerce de cette colonie n'en a pas moins été dans son ensemble réellement prospère.
Commerce avec la France. — Les échanges avec la métropole ont été particulièrement actifs tant à l'importation qu'à Texportation.
A l'importation, la part des produits français s'élève à 35.500.000 francs^ ce qui sur une importation totale de 53.300.000 francs, donne une proportion de 67 0/0. Et il faut tenir compte de ce fait que, dans les 33 0/0 représentant la part des produits étrangers, figurent des articles tels que les kolas (2.300.000), les tabacs en feuilles (1.042.000), le café (435.000),
(1) La question de la fixation de la valeur officielle du caoutchouc est actuellement à l'étude.
et quelques autres denrées coloniales que la métropole ne produit pas, ou bien encore d'autres produits : les huiles de coton (1.015.000) la houille (2.100.000) pour lesquels elle ne peut songer à lutter avec l'étranger. Si l'on déduit ces divers articles^ la part de la France dans les importations n'est pas moins de 80 0/0. A l'exportation, même prépondérance du commerce français : 17.280.000 francs sur 24.560.000 francs, soit environ 70 0/0. Cette part est appelée à grandir encore avec la création d'un marché français de caoutchouc. De plus, cette situation brillante du commerce français pourra encore être facilement et rapidement améliorée. Sur quelques articles nos négociants pourraient obtenir des avantages plus décisifs que ceux qu'ils ont acquis jusqu'à ce jour. Notamment pour les tissus, il leur sera possible d'accroître la superbe progression signalée plus haut en s'efforçant d'approprier leur fabrication au goût des indigènes.
Nous allons passer en revue maintenant, d'une façon plus détaillée, les principaux articles d'importation et d'exportation.
a) Principaux articles d'importation.
Conserves de viandes de toutes sortes. — Les conserves de viandes de toutes sortes comprennent les conserves de viandes et de gibier en boites et en terrines préparés par tous procédés.
L'importation des conserves de viandes a suivi le mouvement que lui ont imprimé les besoins de la population européenne ou assimilée qui, seule en fait une grande consommation surtout en cours de voyage et dans les centres dépourvus de boucherie.
L'Etranger fournit certaines qualités telles que : les flam, Corned beef, Linchtong, etc. qui représente environ le 1/20 de l'importation totale. La Finance produit le reste.
Farines, — Les farines de froment sont de bonne qualité et proviennent des minoteries françaises pour la presque totalité.
La plupart des farines s'importaient autrefois dans des barils de 90 ou 100 kilogs. De nos jours, on a substitué en grande
partie à ces barils un emballage moins coûteux qui consiste en sacs ou balles dont la contenance est de 50 ou 100 kilos.
Les farines destinées au Soudan ou aux approvisionnements militaires sont généralement renfermées dans des caisses de fer blanc de 25 et 50 kilos.
L'indigène à cause de la modicité de ses ressources, n'en fait qu'un usage restreint bien qu'il soit très friand de pain. Cet aliment lui est plus familier depuis quelques années ; ainsi il n'est pas maintenant de festins organisés par les noirs de nos villes, dans lesquels le pain n'ait sa place à côté des victuailles de toutes sortes préparées à la mode indigène.
Biscuits. — Les biscuits de nier sucrés ou non sucrés s'importent en caisses de 25, 30 ou 50 kilos. Il y a quelque temps, ces biscuits étaient ronds ou carrés suivant qu'ils étaient sucrés ou non sucrés. Cette dernière forme ne répond plus au goût de l'acheteur; aussi la plupart des biscuits de mer de toutes sortes sont-ils ronds et pèsent environ 25 grammes. Cet aliment est très goûté de l'indigène qui le détrempe dans de l'eau sucrée. Les Maures, les Toucouleurs et les Noirs du Cayor en font une grande consommation.
De même que les farines, les biscuits sont des articles de préparation française.
Riz. — Les riz qui ont pris une part progressive dans l'alimentation locale s'importent en quantités considérables pendant les époques de disette, c'est-à dire lorsque le rendement des cultures vivrières locales ne sulfit pas aux besoins de la population. Ils arrivent en sacs de 100 et 50 kilos, voire même de 30^ 25, 20, 18 et 16 kilos, ces dernières quantités étant plus facilement transportables et plus en rapport avec la faculté d'achat des indigènes. Les riz destinés aux subsistances miUtaires sont emballés dans des caisses garnies de fer blanc, d'un poids moyen de 25 kilos. Les riz importés contiennent en assez grande pro portion des brisures de riz. Ils sont en grande partie originaires des colonies françaises et transitent par la France. Les riz d'importation et le mil du pays sont les deux principaux éléments de la nourriture du noir qui dans les villes fait usage de l'un et de l'autre dans des proportions à peu près égales ; celui de la brousse
a naturellement une préférence marquée pour le mil qu'il récolte et qu'il n'a pas à acheter. Le riz possède l'avantage d'être rapidement préparé ; le mil doit au contraire être réduit en farine par le pilon des ménagères, avant cuisson.
Noix de kola. — La noix de kola constitue un article de luxe très goûté des noirs, mais qui a peu de succès en pays maure et diola.
Ses propriétés régénératrices étant utilisées dans la préparation de certains toniques, la fabrication de ces derniers a été pendant une certaine époque l'objet d'une industrie qui a presque complètement disparu de la Colonie. Ce fruit est principalement originaire des colonies anglaises de la Côte, bien que le tarif des droits en vigueur soit sensiblement favorable aux provenances des colonies françaises. L'indigène préfère le colas de Sierra- Léone, qui serait plus amer, moins aqueux et de conservation plus facile.
Sucres de toutes sortes. — Les sucres se répartissent en sucres bruts et surtout vergeoises, en sucres raffinés piles, en morceaux irréguliers^ en pains et sciés. L'emballage des sucres bruts et des vergeoises est le baril qui contient de 25 kilos à 100 kilos. Cet article se consomme un peu partout, dans les villes comme dans les escales, en raison de la modicité de son prix d'achat. Les sucres piles s'importent également en fûts de 90 kilos et quelquefois en sacs de 40 à 100 kilos. Les chifTres de leur importation sont peu élevés. L'eaiballage est encore le même pour les sucres en morceaux irréguliers qui ne sont autre chose que les déchets du cassage ou du sciage en morceaux réguliers. Quant aux sucres sciés, ils se composent de morceaux réguliers réunis en paquets de 250 gr. à 1 .000 gr. dans des caisses de 5 et 10 kilos. Ils sont aussi rangés dans les caisses sans être empaquetés. Leur consommation s'accroît de plus en plus au détriment de celle des sucres piles. Les sucres en pains sont en caisses de 40 à 75 kilos ou en barils de 80 kilos environ. Les pains sont plutôt petits ; on en vend qui ne pèsent pas plus de 0 k. 200 gr. Ils constituent la qualité préférée des Maures.
Les sucres viennent presque entièrement de France.
Tabacs en feuilles. — Les tabacs en feuilles qui ont joui d'une
valeur monétaire à Tépoque où le commerce du troc se pratiquait, sont encore considérés comme article d'échange dans les pays éloignés de la Côte. Leur commerce est prospère dans le fleuve, le Cayor, le Sine-Saloum et en Gasamance mais presque nul au Soudan. Des champs de tabac cultivés dans les vallées du Niger et du Bani suffisent aux besoins des populations qui les entretiennent. Les tabacs en feuilles arrivent en l/2boucauts de 350 kilos environ et en quarts de boucauts. Les indigènes fument non seulement les tabacs en feuilles, mais ils le transforment en tabac à priser lequel n'est pas un article d'importation. Cette petite industrie est réservée aux personnes à qui Tâge ne permet plus la pratique d'un travail pénible.
Les principaux fournisseurs directs sont : les Etats-Unis et FAngleterre. Ce produit transite également par la France et UA lie magne.
Huiles comestibles de toutes sortes. — Les huiles comestibles de toutes sortes se divisent en huiles d'olive, de palme, de coton et d'arachides. Les huiles d'olive sont d'origine française. Elles sont importées en estagnons ou bidons et plus souvent en caisses de 12 litres et sont consommées par la population européenne ou assimilée. Les huiles de palme sont fournies parles colonies françaises et anglaises de la côte et arrivent en fûts de 110 à 200 litres. Quant aux huiles de coton, elles ont conquis une large place sur le marché sénégalais au détriment des huiles d'arachides qui ne s'achètent que fort peu. Elles sont reçues en fûts de 165 kilos environ. Leur origine est étrangère bien qu'elles proviennent parfois du transit de la Métropole.
Bois de construction. — Les bois de construction pin, sapin et pitchpin viennent en majeure partie de la Suède, de la Norvège et de l'Amérique du Nord. Ils sont généralement importés par des voiliers et rarement par des vapeurs.
Les bois de chêne et de frêne en plateaux de 5 à 6 mètres de longueur proviennent surtout de France.
Les bois de sapin sont employés dans les charpentes de toutes sortes, dans les planchers et parquets et dans la construction des embarcations. Le pitchpin reçoit les mêmes destinations, à l'exception des charpentes, et sert à la confection des meubles.
Vi?îs de toutes sortes. — Dans cette classe sont compris les vins ordinaires et supérieurs en futailles, les vins en bouteilles et les vins de liqueurs.
Ils proviennent intégralement de France^ sauf quelques hectolitres fournis par l'Espagne et ses colonies.
La contenance des futailles est d'environ 225 litres et celle des demi-fùts de 110 litres.
Le vin ordinaire destiné au Soudan est quelquefois importé eu bonbonnes de 20 à 28 litres.
Les vins fins ainsi que les vins de liqueurs arrivent en caisses de 12 bouteilles ou de 2i demi-bouteiiles s'il s'agit de Champagne.
Les vins de qualité inférieure^ dits de traite, ne sont qu'un article de peu d importance ; les essais tentés en vue de le substituer à l'alcool dans les provinces sérères et diolas n'ont abouti, en effet, à aucun résultat sérieux.
Boissons distillées. — Les boissons distillées importées sont : les alcools, les absinthes, cognacs, rhum et similaires, le genièvre, les eaux-de-vie autres et les liqueurs.
L'alcool à dédoubler connu dans le pays sous le nom de sangara est de toutes ces boissons celle dont le commerce est le plus considérable. Il est expédié dans la colonie en fûts de 50 à 250 litres, le plus souvent de 90 à 110 litres, en dames jeannes de 5 à 25 litres. Sa richesse alcoolique varie généralement de 75 à 90«.
L'alcool est consommé en grandes quantités par les indigènes du Sine-Saloum et de la Casamance où il joue un rôle très actif dans le commerce des arachides. Les importations de France n'ont pas représenté jusqu'ici la part qui doit revenir à notre industrie pour la production de cet article, mais un droit protecteur de 30 francs par hectolitre d'alcool pur qui vient d'être institué réserve une plus large part à nos producteurs s'ils veulent tenter un léger effort.
Jusqu'à présent la préférence n'a pas été donné à l'Etranger en raison seulement de la différence du prix, mais encore à cause de la mauvaise qualité des récipients français.
La futaille défectueuse occasionne en effet pendant la traversée
d'abord^ et le séjour en magasin sous le climat tropical ensuite, un fort coulage qui grève considérablement le prix de revient déjà plus élevé du produit français.
D'après une communication de la Chambre de commerce de Bordeaux qui remonte à 1898, les distillateurs allemands n'emploieraient pas des fûts en bois neuf, mais des fûts refaits avec les douelles des fûts d'importation américaine ayant contenu du saindoux.
L'islamisme qui accuse des progrès manifestes dans le pays, notamment dans la région du Niger et en Casamance, réduira sans doute dans un avenir qui ne peut être déterminé les chiffres de l'importation des alcools de traite.
Les absinthes, cognacs, rhums et similaires s'importent en caisses de 12 bouteilles ou de 24 demi-bouteilles et quelque peu en barils de 30, 65 et 110 litres.
Leur richesse alcoolique est en moyenne de 72° pour les absinthes de marques, 40° pour les absinthes de traite, 50« pour les rhums et similaires.
Les genièvres sont reçus en dames jeannes qui ne contiennent pas plus de 25 litres et en caisses de 12 bouteilles, 24 demibouteilles et 48 quarts de bouteilles. Ces bouteilles ont toujours la forme carrée des bouteilles de genièvre hollandaises. Leur degré alcoolique est de 25 à 35*^.
Parmi les eaux-de-vie sont classés les alcools de menthe. Leur importation s'accroît dans de notables proportions. Ils titrent 86° lorsqu'ils sont de bonne qualité ; mais ceux de traite n'ont qu'un degré bien inférieur.
Les alcools de menthe s'expédient en flacons de petites dimensions de 5^ 10, 15 et 20 centilitres.
Quant aux liqueurs, elles ne s'importent qu'en caisses de 12 litres ou bouteilles. Leur degré d'alcool dépend de la marque et de la qualité. Celles de traite ne sont qu'en très petite quantité. Sauf les alcools et les genièvres la majorité des spiritueux provient de France.
Matériaux de construction. — Les matériaux de construction : briques, tuiles, chaux, ciment etc., ont pris une plus grande place dans le commerce local.
Fig. 41. — Sur le Sénégal.
Fio;. 42. — Bâtiments du service local.
Fig. 43. — Village de Gasamance.
2iB
Les briques et tuiles arrivent naturellement en vrac. Les briques sont pleines ou tubulaires à 4, 6, 9 et 12 trous.
Il n'entre que très peu de chaux grasse.
La chaux éteinte est importée comme partout en sacs de 50 kilos.
Les ciments sont en barils de 100 et 200 kilos,
Les carreaux rouges ou la qualité commune sont reçus en vrac. Il n'en est pas de même des carreaux blancs et noirs ou de qualité supérieure mesurant 0,20 cm. qui sont emballés en caisses.
Les matériaux de construction proviennent de Marseille.
Houille. — La houille est destinée principalement à faire face aux besoins de la navigation ; Dakar en est le principal port d'importation. Par suite de l'extension de ce port et de l'augmentation du nombre des navires qui s'y approvisionnent, les arrivages de charbon ont pris une importance croissante pendant ces deux dernières années.
Les briquettes de charbon supportent facilement les manipulations des transbordements et embarquements sans s'effriter.
Le transport des charbons qui se faisait il y a quelques années par voiliers est effectué maintenant par de grands vapeurs jaugeant de 1.200 à 2.000 tonnes. Les charbons venant de France sont chargés sur les bateaux des maisons de commerce de la Colonie.
L'Angleterre tient naturellement le premier rang dans l'importation de cet article. Les provenances de la Métropole ne représentent que le 1/20 environ de la totalité.
Fers de toutes sortes. — Cet article comprend les fers en barres, les tôles laminées de fer ou d^acier, les fers d'angles et à T, les fils de fer et d'acier.
La barre de fer plat mérite une mention spéciale ne serait-ce que pour rappeler qu'elle servait d'unité de mesure dans l'ancienne traite. De nos jours elle est surtout employée par les indigènes à la confection d'instruments tranchants et de l'outil aratoire appelé hilaire. Les grosses barres sont importées en vrac, celles de petites dimensions sont liées en paquets.
Les fers en barres, destinés à la traite, sont originaires de
Suède pour la plus grande partie. Les fers sous d'autres formes sont surtout expédiés par la France.
Sels marins. — Les sels marins de toutes sortes sont en partie importés de la France et de la colonie portugaise du Gap Vert.
Les sels bruts sont généralement en sacs de 25 à 30 kilos.
Les sels en barres ou en plaques sont mis en caisses de 25 à 30 kilos environ.
Ce produit fait l'objet d'un important trafic dans toutes les régions de l'intérieur.
Parfumeries. — Les 9/10 des parfumeries importées constituent les articles de traite, c'est-à-dire de qualité inférieure et sont préparés avec les essences fortes^ telles que musc, patchouly, girofle et lavande. Les indigènes ne consomment pas ou très peu de savons parfumés.
Toutes les races du Sénégal : Ouolof, Maures, Bambaras, Sérères, Diolas etc., recherchent les parfums européens et en font une consommation exagérée, lorsque leurs ressources le leur permettent.
La France fournit les 8/10 de cet article ; le reste se répartit entre l'Angleterre et TAllemagne qui n'importent que des qualités inférieures.
Savons. — Les savons importés sont en caisses de 40 à 50kilogs. Le poids de chaque barre est généralement de 2 kilogs.
On vend les savons blancs, jaunes et bleus ou marbrés au talc. Cette dernière sorte est bon marché, mais les deux premières sont préférées en raison de leur qualité.
Les savons se vendent partout, ils constituent un article de traite courant. A défaut du savon importé, les indigènes se servent d'un produit composé par eux en faisant bouillir de la cendre avec un corps gras.
La presque totalité des savons vient de Marseille.
Verroterie [grains). — Les verroteries ou vitrifications arrivent fréquemment en colis postaux, surtout depuis Tadmission des colis de 10 kilogs.
Elle comprend de nombreuses espèces : rassade, charlottes, rocailles, sokmates, perles dorées, imitation d'ambre, de cornaline, de corail, etc.
La forme varie : ronde, oblongue, aplatie, griffe de lion, etc. La même diversité existe dans les dimensions des perles.
Le fournisseur expédie à cet égard ce que lui commande le commerçant qui s'inspire lui-même des goûts de sa clientèle.
Les indigènes font usage des perles comme articles de parures. Les femmes en ornent leur coiffure et en font des bracelets, des colliers et des ceintures.
La Métropole en fournit environ les 3/5.
Fils de coton. — Les fils de coton arrivent le plus souvent en balles de 100 kilos comprenant plusieurs paquets de 0 k. 500 à 5 kilogs. Les paquets se composent d'échevaux de poids variables. On en reçoit de 80, 50, 40 et môme 15 et 12 grammes.
La presque totalité des importations est employée à la fabrication des pagnes du pays.
Les fils de coton préférés des indigènes sont les écrus, simples ou retors et teints en bleu simple ou retors.
La France tient le premier rang dans l'importation des fils de toutes sortes.
Guinées. — Les guinées sont originaires de l'Inde Française (guinée filature), de la France et de l'Etranger, principalement de Hollande (Guinée Shandora).
Elles sont encore de nos jours l'article d'échange dans le commerce de la gomme en Mauritanie. Certaines races du Sénégal, autres que les Maures, en font également tous les frais de leurs costumes.
Les guinées s'importent en balles contenant généralement 100 ou 25 pièces. La pièce est de 15 ou de 60 mètres ; celle de 15 mètres a une valeur monétaire ; quant à celle de 60 elle sert à la vente du détail. Pour cette dernière destination, on importe aussi des pièces de longueurs variables. Les guinées destinées au Soudan sont en ballots et représentent un poids moyen de 30 kilogs constituant la charge d'un porteur.
Autres tissus de coton. — Les tissus de coton autres s'importent presque toujours en balles ou ballots et rarement en caisses. Le poids des balles et ballots de même que le nombre des pièces et leur métrage n'a naturellement rien d'uniforme. Toutefois les expéditions au Soudan sont souvent en ballotins de 25 à 30 kgs.
Les tissus écrus sont presque entièrement représentés par l'escamite dont la largeur et le poids varient suivant l'usage que doit en faire Tacheteur indigène. Les voiles de pirogues sont faites en escamite.
Les tissus blanchis comprennent les calicots, les bazins, les percales et shirting.
Les prix de facture des calicots dont la consommation est assez considérable varient entre 0 fr. 15 et 0 fr. 25 le mètre ; ils atteignent toutefois celui de 0 fr. 30 qu'ils excèdent rarement. Ils proviennent en grande partie d'Angleterre.
Les percales sont surtout consommées dans les villes. Leur prix, au lieu de production, commence ou celui du calicot finit, soit à partir de 0 fr. 32 jusqu'à 0 fr. 50. On ne vend que très peu de shirting.
L'écoulement des bazins est important; leurs prix naturellement très variables s'étendent de 0 fr. 30 à 1 fr. 70 le mètre. Ils sont tirés d'Angleterre, de France et d'Alsace.
Les tissus imprimés consistent en liménéas et en indiennes. Les premiers ne comportent que deux teintes : bleu et blanc, le bleu dominant ; ils sont le plus souvent à rayures. Les prix de facture sont de 0 fr 29, 0 fr. 30 à 0 fr. 70. L'industrie française réussit bien cet article pour les qualités d'une valeur minimum de 0 fr. 40 le mètre.
Les indiennes viennent en grande partie d'Angleterre. Le prix de facture le plus bas est de 0 fr. 18 le mètre. Lorsqu'il s'agit de qualités d'une valeur de 0 fr. 35 le mètre et au-dessus les tissages de la Métropole peuvent consentir des conditions à peu près égales à celles de TEtranger tout en fournissant d'excellentes étoffes.
Dans les tissus teints en pièces rentrent principalement les roums, les sucretons, lesguinées déjà citées et les Tiewaly. Tous ces tissus sont bleus et tous sont unis à l'exception du Tiewaly qui est parfois croisé. La teinte bleue varie avec l'espèce: les roums sont assez clairs, lessucretonssont plus foncés et glacés ; enfin les Tiewaly reçoivent généralement la teinte indigo des guinécs.
Les roums s'achètent en Europe deOfr. 18, 0 fr. 19 àOfr. 38;
les sucretons de 0 fr. 22 à 0 fr. 60 et les Tiewaly de 0 fr. 30 à 0 fr. 60.
On désigne au Sénégal par l'expression « Tissus ménage », tous les tissus fabriqués avec des fils teints, lesquels sont le plus souvent à rayures ou à carreaux. Leur prix d'achat varie de 0 fr. 35 à 1 fr. le mètre. La Métropole peut fournir les articles de ce genre surtout lorsque leur valeur atteint 0 fr. 50 le mètre* Ils bénéficient à la sortie du remboursement à forfait institué par l'article 10 de la loi du 11 janvier 1892.
L'industrie française ne peut encore produire les tissus de qualités inférieures à des prix aussi bas que les industriels étrangers, mais dès que le prix du mètre atteint 0 fr. 40 ou 0 fr. 50 et même 30 et 40 pour certaines espèces, elle n'a pas de sérieuse concurrence à redouter et peut concourir avec quelques efforts des manufactures et la bonne volonté du commerce local à l'approvisionnement du marché sénégalais dans une proportion beaucoup plus élevée que celle qu'elle a obtenu jusqu'ici.
Il est indispensable que les fournisseurs s'inspirent du goût des indigènes. Un échantillonnage ne peut donner que des indications incomplètes sur les besoins de la population, mais le Sénégal n^est qu'à sept jours de Bordeaux et il est facile à ceux qui s'intéressent à son commerce d'aller le visiter. Ils emporteront après un court séjour tous les renseignements utiles.
Vêtements et confections. — Les vêtements et confections consistent principalement en vêtements et confections de coton et de drap.
L^élévation de la température exige pendant la moitié de Tannée l'usage des vêtements légers ; aussi la plupart des confections importées sont-elles de coton et quelque peu seulement de drap. Le prix des vêtements de coton est de 16 h 25 francs l'un. Ils comprennent un pantalon et un veston forme coloniale et sont blancs ou de teinte cachou.
La presque totalité de cette marchandise est expédiée par la France.
Machines de toutes sortes. — Les machines de toutes sortes à vapeur et autres qu'à vapeur sont des articles français en grande partie.
Ils comprennent d'une part les machines motrices de navigation et autres^ les chaudières, les locomotives, les locomobiles, les machines hydrauliques, les machines à coudre^ les machines pour l'agriculture, les machines-outils, etc.
Ouvrages en fonte et fer, — Les ouvrages en fonte ainsi que les ouvrages en fer sont également fournis en majeure partie par la Métropole. Dans cette catégorie sont classés la ferronnerie grosse et petite, la serrurerie, les chaînes, ancres et grappins, les clouteries et visseries, les ouvrages en tôle ou en fer blanc et articles de ménage, les pots et marmites en fonte.
Armes de toutes sortes. — Les armes de toutes sortes se divisent en armes blanches et en armes à feu.
Les armes blanches consistent en lames de sabre expédiées sans la poignée que les artisans indigènes ajoutent au goût du propriétaire. Elles arrivent par caisses de 50 ou 100 et proviennent en majeure partie de l'Etranger.
Les armes à feu importées sont les fusils à silex ; le port des fusils de chasse perfectionnés, des carabines et revolvers ne sont permis qu'à la population européenne ou assimilée et leur introduction dans la Colonie est soumise à un contrôle sévère.
Les fusils à silex s'importent le plus souvent en caisses de 25 fusils. Ils sont fabriqués en Angleterre, en Belgique et en Allemagne.
Poudres à tirer. — Les poudres à tirer comprennentla poudre de chasse et la poudre de traite.
La poudre de chasse est exclusivement utilisée par la population européenne. Elle est importée en boîtes de 100 grammes et par caisses de 10 à 25 kilos.
La poudre de traite expédiée en barils de 600 à 800 grammes jusqu'à 5 et même 10 kilos est utilisée par les indigènes non seulement pour la chasse mais dans certaines cérémonies telles que mariages, enterrements, etc.
La poudre de chasse est fournie presque exclusivement parla France. La poudre de traite provient en majeure partie de la Métropole et de l'Allemagne.
Ouvrages en bois et Bimbeloterie. — Parmi les principaux
articles d'importation doivent encore figurer les ouvrages en bois et la bimbeloterie.
Les ouvrages en bois comprennent les futailles vides, montées ou démontées, les balais, les pièces de charpente, lames et frises de parquet, la boissellerie, les rames et avirons, etc.
Les 2/3 en sont fournis par la France. Ils sont importés en vrac, en paquets ou en caisses suivant leur nature.
La dénomination de Bimbeloterie s'applique aux jouets et à une foule d'objets désignés communément sous le nom d'articles de Paris.
La France en est le principal fournisseur.
A l'exception des alcools et des tissus, la Métropole approvisionne le Sénégal de toutes les marchandises qu'elle produit en quantité suffisante pour faire l'objet d'un commerce d'exportation et qui ont cours dans les transactions de la Colonie. Les produits similaires des autres pays n'occupent qu'un rang secondaire et souvent effacé et les articles étrangers qui y prévalent sont ceux que l'industrie française ne saurait procurer à notre commerce colonial tels que les tabacs en feuilles, les bois de sapin et de pitchpin.
L'examen des tableaux comparatifs par pays de destination des principaux produits exportés, indique dans quelle proportion la Métropole et les autres puissances achètent les produits d'exportation de la Colonie,
b) Principaux produits d'exportation.
Les principaux produits exportés sont : les peaux brutes de bœufs, les peaux d'oiseaux et les plumes de parures, les dents d'éléphants, les arachides^ les amandes de palme, les gommes, le caoutchouc et l'or de Galam.
Peaux brutes de bœufs. — Les peaux brutes de bœufs s'exportent en vrac et sont fournies par les boucheries. L'indigène
n'en fait pas, en effet, un objet de commerce et les peaux des bœufs tués dans Fintérieur du pays sont utilisées par les cordonniers indigènes.
La valeur des peaux de bœufs s'établit d'après leur poids, à raison de 0 fr. 40 environ le kilogramme.
La France achète la presque totalité de ce produit.
Peaux d'oiseaux et plumes de parures. — Parmi les peaux d'oiseaux sont classées celles des foliotocoles, oiseaux de riche plumage dont le prix d'achat sur place est de 10 ou 20 francs Tunité^des merles métalliques, évêque, veuves, colibris, geais, etc. Elles sont surtout exportées de la Gasamance.
Les plumes de parures comprennent principalement les plumes d'aigrette qui s'achètent sur place à raison de 0 fr. 70 et 0 fr. 80 le gramme. On expédie également des plumes d'autruche et d'autres plumes de moindre valeur, telles que celles de marabout, de pélican, etc. Toutefois depuis deux ou trois ans Texportation des plumes d'autruche a presque complètement cessé par le Sénégal.
Arachides. — Les arachides constituent le principal article d'exportation. On distingue les arachides de Rufisqueetdu Gayor qui sont traitées à Rufîsque et dans les escales de la voie ferrée ; les arachides de Galam qui proviennent du haut lleuve ; les arachides de la Petite-Gôte récoltées dans le Sine-Saloum et celles de la Gasamance qui comme l'indique leur nom, sont fournies par cette dernière province. Les qualités les plus estimées sont celles de Rufîsque et du Gayor et celles de la Petite-Gôte. Les arachides se sèment dès les premières pluies qui tombent au début de l'hivernage, c'est-à-dire à partir du 15 juin et se récoltent ordinairement du 15 octobre au 1^^ décembre. La récolto est à peine terminée que la traite commence pour se terminer vers fin avril. Les principaux centres d'achat sont d'abord les escales de la voie ferrée, de Rufisque à Saint- Louis dont les plus importantes sont : Thiès, Tivaouane et Louga ; puis Foundiougne, Fatick et Kaolack dans les provinces du Sine-Saloum et enfin Garabane ou Ziguinchor et Sedhiou, sur la rivière Gasamance. Les arachides de Galam se traitent surtout à Kayes, Bakel et Médine. Le fleuve Sénégal n'étant plus navigable à l'époque de la récolte,
elles ne sont transportées à Saint-Louis que pendant l'année qui suit la traife. Les principaux ports d'exportation sont par ordre d'importance : Ruflsque, Foundiougne, Saint-Louis et Carabane. Les prix d'achat des graines sur place sont naturellement déterminés par les cours d'Europe, lesquels varient suivant la quantité des sésames disponibles sur les marchés. Les stocks considérables de ces graines ont provoqué une dépréciation sensible des arachides pendant ces deux dernières années. Cotées sur place à 18 et 25 francs en 1900 et 1902; elles sont tombées à 16 et 15 francs en 1903 et 1904. Les 2/3 de ce produit sont exportés en France. Le reste se répartit entre la Hollande, l'Allemagne, l'Angleterre et les autres pays.
Amandes de palme. — Les amandes de palme sont tirées exclusivement de la Gasamance et utilisées dans les savonneries en Europe.
Elles s'expédient décortiquées et en vrac à destination de : l'Allemagne et de l'Angleterre. L'exportation pour la France est presque nulle.
Gommes. — Les gommes comprennent celles du bas du fleuve, de Galam et du Cayor et sont toutes de bonne qualité.
La gomme se récolte en deux fois. Une première fois en novembre et la seconde de mars à mai durant la saison des vents d'Est dont la sécheresse et le degré de chaleur gercent l'écorce des acacias et provoquent l'écoulement de la gomme.
Le marché des gommes de Galam est Médine. C'est de cette localité desservie par le fleuve Sénégal et le chemin de fer du Soudan que descendent sur Saint Louis et Dakar, principaux ports d'exportation, les produits récoltés dans le Soudan.
Les gommes du fleuve se traitent ordinairement à Podor et Dagana. Quant à celles du Cayor, leur commerce a lieu à Louga.
Le prix sur place des gommes a fléchi considérablement depuis 1901. 11 est actuellement pour la meilleure qualité de 0 fr. 501e kilo ; alors qu'en 1900 il atteignait 1 franc. La cause de cette dépréciation est due, comme pour les arachides, à la concurrence sur les marchés d'Europe des similaires d'Egypte.
La totalité des gommes est expédiée sur la France sauf quelques tonnes exportées en Angleterre et en Allemagne.
Caoutchoucs. — Les caoutchoucs exportés du Sénégal sont originaires du Soudan et de la Casamance.
Ceux du Soudan sont de première qualité et bénéficient sur les marchés européen de cours élevés. Le prix du caoutchouc de Casamance dont la préparation laissait à désirer il y a quelques années, va sans cesse en augmentant. Cette hausse est causée par l'application de procédés plus perfectionnés à la coagulation du latex et par les soins apportés en général à la formation des boules.
L'Administration a pris récemment des mesures en vue d'assurer l'exploitation régulière des lianes et l'amélioration des caoutchoucs de l'Afrique occidentale.
La prospérité du commerce de ce produit en a encouragé l'exploitation, et son exportation a suivi une marche progressive pendant ces dernières années. Les envois sur la Métropole ont particulièrement profité de cette extension, laquelle à contribué malgré la concurrence des marchés d'Anvers, de Liverpool et de Hambourg, au développement du marché de caoutchouc créé à Bordeaux il y a peu de temps. Les caoutchoucs s'expédient en sacs de 30 à 50 kilos ou en ponchons dont le poids peut dépasser 150 kilos ^
Les 9/lOedes caoutchoucs exportés sont destinés à la France. Les autres pays, TAngleterre et l'Allemagne, notamment, se partagent la différence.
Or de Galam. — L'or de Galam est tiré des provinces aurifères que possèdent certaines régions du Soudan dont la concession et l'exploitation sont régies par une réglementation spéciale
Une fraction importante de Uor recueilli reste dans le pays où il est employé à la préparation des bijoux indigènes.
DIAGRAMME
du mouvement des provenances de France et de l'Etranger et des exportations à destination de France et de l'Etranger de 1895 à 1904.
Légende
Provenances françaises Provenances étrangères Exportations à destination de l'Etranger Exportations à destination de la France
ouo
du mouvemeiît des exportations par pays de destination de 1895 à 1904
Légende
France et Colonies — Angleterre et Golonies+ Allemagne
Belgique — Hollande — Autres pays
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DIAGRAMME
du mouvement des importations par pays d'origine de 1895 à 1904
Légende
France
Colonies françaises
Angleterre et colonies
Allemagne Suède et Norvège Autres pays
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du mouvement général des importations et des exportations et du mouvement commercial total de 1895 à 1904
Légende
Importations Exportations Mouvement commercial total
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