I. Cf. p
LE VÊTEMENT, I, ARMURE ET LA PARURE 2'?=i
fleuronnés, dont les diamètres décroissent de sa base à son sommet, taillé partout à roses et à facettes, semble plutôt bâti avec des pierreries qu'avec des pierres. Sur l'autre grosse tour, grave, simple, byzantinp et gothique, t[ui lui fait face, des maçons modernes ont érigé, probablement par économie, une coupole également pointue, appuyée à sa base sur un cercle de pignons aigus ressemblant à la couronne de fer des rois lombards, coupole en zinc, parfaitement nue, sans dorure et sans ornement, d'un profil légèrement renflé, qui rappelle l'ancienne coiffure pontificale des temps primitifs. On dirait la sévère tiare de Grégoire Vil regardant la tiare splendide de Boniface Vlll. Haute pensée, posée, construite et sculptée là parle temps et le hasard, ces deux grands architectes.
Le Rhin, I, 444-44'i-
Le véritable triomphe de cette cathédrale (de Strasbourg), c'est la flèche. C'est une vraie tiare de pierre avec 'sa couronne et sa croi.x. Ib., 11, i86.
Lausanne est un bloc de maisons pittoresques, répandu sur deux ou trois collines, qui partent du même nœud central, et coiffé de la cathédrale comme d'une tiare.
Ib., 288.
Derrière lui se dressait, énorme triangle noir, avec sa tiare de cathédrale et sa cuirasse de forteresse... le mont Saint-Michel, qui est à l'océan ce que Chéops est au désert. Qiii7trcvnigt-trt'/\t\ 97.
Le château de Corhus porte sa tour comme une tiare : c'est que Victor Hugo fait du vieux hurg un pontife :
Il est comme un pontife au cœur du bois profond, Sa tour lui met trois rangs de créneaux sur le front;
Le soir sa silhouette immense se découpe ;
11 a pour trône un roc, haute et sublime croupe ;
Et, par les quatre coins, sud, nord, couchant, levant.
Quatre monts, Crohius, Bléda, géants du vent,
Aptar où croit le pin, Toxis, que verdit l'orme,
Soutiennent au-dessus de sa tiare énorme
Les nuages, ce dais livide de la nuit.
La Légende des siècles, II. 82.
Victor Hugo attribue souvent aux monts ce caractère sacré. L'un, qui se dresse au hord de la mer, porte une mitre de granit, et les flots moutonnent à ses pieds comme les têtes d'une foule agenouillée. Un autre domine les montagnes environnantes et porte une tiare de glace. Un autre, volcan gigantesque, couronne la terre d'une tiare d'ombre et de flamme :
Et sur la mer qui reflète L'aube au sourire d'émail, La bruyère violette Met au vieux mont un camail,
Afin qu'il puisse, à l'abime Qu'il contient et qu'il bénit.
Dire sa messe sublime Sous sa mitre de granit.
On voit se dérouler devant soi cet immenseamphithéàtre
de montagnes... au-dessus desquelles, comme la pierre du
serment dans un cercle druidique, le mont Blanc s'élève
royalement avec sa tiare de glace et son manteau de neige.
Lragment d'un Voyage aux Alpes, dans
Victor Hugo raconté. II, 193.
Sa tiare' surgit sur nos fronts envieux.
La Légende des siècles, III, 263.
O vieux Momotombo, colosse chauve et nu, Qui songes près des mers, et fais de ton cratère Une tiare d'ombre et de tiamme à la terre.
Victor Hugo compare plusieurs fois les astres à une tiare : c'est la tiare de la nuit, la tiare de Dieu; c'est celle qui couronne le pâtre dont la solitude t'ait un mage. Mais il est évident que dans ces métaphores il ne tient aucun compte de la forme ; il pense aux pierreries dont la tiare étincelle, et en reconnaît l'éclat dans les astres. Il est peu probable qu'il pense à chercher dans la disposition des étoiles le dessin d'une coiffure pontificale.
Nous l'avons vu souvent comparer à une chevelure le feuillîige d'un arbre : il le compare aussi à un capuchon. C'est qu'alors il entend chanter toute la nature, et transforme en plain-chant le bruit que fait le vent dans les feuilles.
J'aime toute cette musique,
Ces refrains, jamais importuns,
Et le bon vieux plain-ciiant classique
Des chênes aux capuchons bruns.
Les Chansons des rues et des bois, 97. ■
Il compare à des panaches" le lierre et les autres plantes qui parent une vieille tour :