‹ Le sentier des initiésChapitre 1 sur 4 · BIBLIOTHEQUE SA NTE-GENEVIEVE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHEQUE SA NTE-GENEVIEVE

LE

J’avais l’intention de vous parler, ce soir et demain, d'un seul sujet : l’évolution humaine, mais j'ai pensé, par la suite, que ce sujet pourrait être traité en une seule soirée et, comme l’on m'a beaucoup demandé de parler des Maîtres et du chemin qui mène à eus, je le ferai dès ce soir, car c’est vraiment le plus beau des sujets, bien qu'il soit certainement connu de vous tous.

Qu'est-ce vraiment qu'un Maître. Ce mot est souvent pris dans un sens inexact et nous, qui sommes théosophes, nous devons en comprendre exactement le sens afin de nous faire une idée de cette évolution surhumaine qui commence quand on devient Maître.

Il existe, vous le savez, une hiérarchie d'êtres surhumains,

(1) Nous avons scrupuleusement conservé le style et les expressions de l’auteur. (N. D. U.)

parfaits au point de vue de l’Humanité, mais qui développent des qualités surhumaines, au-dessus de la perfection humaine. Cette Hiérarchie dirige l’évolution du monde et comprend plusieurs départements, un peu comme un état comprend plusieurs ministères. Nous voyons, d’une part, ceux qui ont la charge de la destinée des peuples, qui président à tous les grands changements, préparent les races et les sous-races, en un mot tout le développement futur de l’humanité tant au point de vue des formes physiques que des qualités de l’esprit.

D’autre part, sont les Grands Êtres dont la tâche est de fonder, de protéger, d’enseigner les Religions. A la tête de ce département de la Religion, de cette Hiérarchie qui dirige l’évolution spirituelle de l’Humanité, est un chef, comme un Roi, auquel tous obéissent. C’est l’Instructeur Suprême, qu’on appelle aussi l’Instructeur des anges et des hommes. A ce même degré sont de hauts Esprits libérés qui président à tous les grands mouvements de l’Humanité, soient politiques, soient sociaux, qui administrent la race humaine sous la direction de leur chef comme sont administrées les provinces d’un grand pays ; mais il ne faut pas les nommer Maîtres parce qu’i/s n’ont pas de disciples. Les deux mots : Maîtres et disciples, sont inséparables l’un de l’autre.

Les Maîtres, ceux qui acceptent des disciples, sont en très petit nombre, seulement sept ou huit actuellement, et Ils possèdent un corps physique, tandis que les autres Esprits libérés ont atteint cette libération en dehors du corps physique. 11 n’existe, ni en anglais, ni en français, de termes exacts pour designer Ceux-la. Dans les Indes, on Les nomme les Videhamuktas ,les libérés,«qui n’ont pas de corps » ; les Maîtres sont appelés des Jivanmuktas.

Lorsqu’un homme a passe 1 initiation de 1 Avhat , la quatrième des grandes Initiations, il est libéré de la réincarnation sur la terre. Personne, sur la terre, ou dans le ciel, ne

peut plus lui dire: « Il faut renaître ! » Il doit subir encore une dernière Grande Initiation, la cinquième. Mais cette Initiation peut être passée soit sur les plans supérieurs, soit sur le plan physique dans un corps physique ; et, de là, viennent ces deux classes d’Arhats, les uns passant la cinquième Initiation sur un plan élevé, les autres sur le plan physique, dans un corps physique. Ces deniers sont pour nous les Maîtres et Ils conservent ce corps pendant tout le temps qu’ils sont Maîtres, c’est-à-dire tant qu’ils aident l’Humanité sur terre.

Le Maître est donc un Esprit libéré habitant un corps physique et qui accepte des disciples afin de les aider sur le chemin de la Sainteté, sur Je Sentier de la Libération, afin qu'il puisse passer par les grandes portes des Initiations que l’on ne peut franchir sans Laide d'un Maître.

Dans le Christianisme, aussi bien que dans l'Hindouisme et le Bouddhisme (ces deux grandes Religions anciennes de l’orient), on connaît cette voie de la Sainteté et c’est vraiment d'elle que le Christ a dit : « Le chemin est étroit qui mène à la vie. » Car, dans la bouche du Christ, comme dans celle de tout Initié, ce « Chemin qui mène à la vie » n'a jamais été ce qu'on appelle de nos jours « le Chemin qui mène au ciel ». Le ciel est simplement le bonheur pour des siècles, mais on revient du ciel sur la terre. Ce qu’on nomme vraiment la vie éternelle, le salut véritable, c'est la possession de cette Sagesse divine qui est, elle, la Vie éternelle ; et cette Sagesse parfaite ne peut être trouvée qu’en passant par les Mystères, au-delà de la porte de l’Initiation. La vraie Liberté n'est qu'au bout de ce Sentier si étroit et, en réfléchissant à cette parole du Christ, vous comprendrez que s’il avait voulu parler du ciel et non de ce Sentier, Il n'aurait pu dire que « peu Le trouvent » car le Nouveau Testament parle de « la foule immense qui est dans les cieux ». En disant que peu

d’hommes passent par cette porte, il est évident que le Christ n’a pas parlé du Salut dans le ciel, mais du vrai Salut, de la Liberté, de l’homme devenu parfait.

Le Catholicisme connaît ce Sentier, 11 lui donne des divisions un peu différentes de celles de l’orient, mais c’est le même Sentier, c’est le même but et ce sont aussi les mêmes conditions. Le Christianisme le divise en trois stades. D’abord la Purification, puis l’Illumination où le néophyte commence à voir la lumière éternelle, et enfin Y Union complète avec Dieu. L’orient donne d’autres divisions, dont deux principales : le Sentier de Probation et le Sentier de Sainteté ou vrai Sentier. Mais, en réalité, la seule différence entre le Christianisme et l’Occultisme de l’orient, au sujet de ce Sentier, est que ce dernier est plus précis, explique avec plus d’exactitude les conditions nécessaires ; il décrit avec plus de détails les qualités qu’il faut développer quand on veut marcher, parce chemin, jusqu’aux Maîtres.

11 faut comprendre que toutes ces grandes Religions enseignent vraiment les mêmes Vérités et que le langage de l’orient est seulement plus scientifique tandis que, dans le Christianisme, le mot Mysticisme est un peu vague. Pourtant je dois dire que je viens de lire un livre mystique, écrit par un catholique (1), à l’esprit vraiment scientifique, qui observe, qui compare, qui groupe les phénomènes semblables ; il traite du mysticisme comme d’une science de l’âme et on peut, par lui, comprendre clairement les états par lesquels il faut passer afin d’atteindre le but.

11 subsiste néanmoins une différence importante, au sujet de ce chemin qui mène vers le Maître, entre le point de vue du chrétien et celui de l’occultiste oriental. Le chrétien évo-

(1) Le Sentier de VEternelle Sagesse , par J. Cordelier (N. d. E.).

lue plutôt par les émotions ; l'oriental par l'intelligence.Le mystique chrétien contemple le Sauveur, le Christ, il exalte ses émotions et alors, par une grande vague de dévotion, il se trouve élevé vers l’objet de ses aspirations. Aussi est-il dit, avec beaucoup de vérité, dans ce livre, que l’homme ne saurait s’élever lui-même jusqu’à ce point ; il ne le peut, estil dit, que par l'aide du ciel, par la grâce de Dieu, et non par ses seuls efforts.

Au contraire, les religions de l’Orient exigent 1 effort personnel et déclarent que tout ce que le Maître peut faire pour son disciple, c’est de l’aider un peu en lui montrant le chemin, mais que le disciple doit absolument marcher lui-même sur ce Sentier. C’est le Dieu en lui qu’il lui faut évoluer et non pas le Dieu extérieur vers lequel il n'a pas à lever les yeux pour demander son aide. C’est l’homme qui se perfectionne dans l’Occultisme de l'orient ; c'est Dieu qui élève l’homme dans le Mysticisme chrétien. Voilà la grande différence d’attitude et il importe de ne pas l’ignorer ; mais, en dehors de cette différence d’attitude personnelle, le Sentier est le même. Le Sentier de la Purification du Christianisme, c'est’le Sentier de probation de l’Hindouisme, du Bouddhisme et aussi de la Théosophie.

Sur ce Sentier préliminaire, c’est bien en effet la conduite qu’on doit purifier, ce sont les qualités émotionnelles et mentales qu'il faut développer. Vous connaissez tous ces qualités nécessaires pour marcher sur le Sentier de probation qui mène à la première porte de l’Initiation ; aussi ne les rappellerai-je que rapidement, car vous pouvez les trouver dans nos livres et dans celui, tout récent, de mon jeune frère Alcyone (1).

(1) Aux pieds du Maître (Prix : 2 fr.) #

Le discernement ( Viveka) : distinguer entre le réel et Tirréel, le permanent et le transitoire ; comprendre la valeur du réel, la non-valeur du transitoire. Cette qualité doit être appliquée à toutes les circonstances de la vie, à toutes les personnes que vous pouvez rencontrer ; distinguer entre le Moi supérieur et les qualités du Moi qui changent tous les instants ; les pensées et les émotions ; comprendre comment aider à la manifestation de ce Moi et comment ignorer les m mifestations inférieures.

Lorsque vous avez fait quelque petit progrès dans ce sens, lorsque vous comprenez mieux la valeur de la vie, quand vous discernez ce qui est vrai et ce qu’il importe de faire, vous commencez alors à devenir indifférent à Tégard de ce qui change et la deuxième qualité se développe naturellement en vous : l’indifférence ( Vairâgya ) qui signifie : sans passion, sans désir.

Ensuite, se présentent les six qualités du mental : le contrôle du mental, le contrôle du corps, la tolérance, la fermeté, l’équilibre et la foi. Mais la seule foi réelle est celle qui consiste à avoir foi dans le Dieu intérieur, en nous-même, et avoir foi dans ce même Dieu chez les autres ; c’est la conviction inébranlable que nous sommes divins. Voilà ce qu’il faut posséder si vous voulez vraiment marcher sur le sentier.

Lorsque vous avez développé ces qualités, non pas dans la perfection, mais quand elles sont simplement bien marquées dans votre caractère, vous êtes prêts pour la première initiation. Après elle commence ce que le christianisme nomme le chemin de l’illumination où une lumière plus haute que le Mental commence à poindre, une lumière intérieure à la clarté de laquelle toutes choses sont vues sous un espect tout autre. C’est l’illumination et il n’est pas besoin de se demander, quand cette lumière commence à briller sur le mental : quelle est cette clarté ? est-ce la lumière véritable ou seulement le produit de mon imagina-

tion? Non ! Cette lumière se prouve par elle-même. Nous ne raisonnons pas pour savoir, quand le soleil brille, d où vient la lumière qui nous éclaire. De même, quand cette lumière surhumaine commencera à poindre, vous la reconnaîtrez sans aucun doute parce que, par elle, vous verrez ! Et il n est pas besoin d'autres preuves.

Après la première Initiation, cette conscience plus élevée commence à se manifester ; elle n'apparaît pas toujours régulièrement ; elle se montre par intervalles, puis disparaît, et l’obscurité habituelle retombe ; mais elle revient toujours de plus en plus fréquente et, petit a petit, lorsqu on avance sur le Sentier la lumière se fait plus claire, plus brillante, plus consciente ; on marche avec sa clarté.

Mais, même une fois passé cette porte de la première Initiation, il faut absolument briser certains liens qui enserrent encore nos jambes et nous empêcheraient d’aller plus avant ; ces entraves doivent être brisées complètement et pour toujours. Il n'est pas encore question de développer des facultés à la perfection, mais il faut absolument se libérer de ces chaînes qui arrêteraient notre marche. Elles sont au nombre de trois :

Le doute, non pas ce doute qui est nécessaire en face des faits nouveaux, non pas les points d’interrogation que l'homme de science doit toujours se poser en face de Linconnu, mais le doute sur les grands faits de l’évolution humaine. Doute et foi aveugle doivent disparaître devant le glaive de la Connaissance. 11 ne suffit pas d'accepter que la réincarnation est un fait, un phénomène de la nature ; il ne suffit pas de dire : oui, c’est une hypothèse raisonnable selon laquelle je veux baser ma vie. Il faut le savoir, il faut en avoir des preuves personnelles après lesquelles aucun doute n’est plus possible.

Le doute n'est plus permis non plus sur l'existence du Dieu intérieur, du Dieu inné, soit en nous-mêmes, soit dans

le Maître. On ne peut plus douter qu'il soit possible d'entrer sur le Sentier.

Enfin, il n’est plus possible de douter du Karma , qui est la loi de justice.

Sur ces trois grands points de l’évolution humaine, le doute doit disparaître ; la certitude doit être complète et, tant qu’elle ne l'est pas, vous ne pouvez aller plus loin.

11 faut aussi détruire la superstition. Qu'entend-on par ce mot ? On entend par là que l’homme est esclave d'une croyance, d’une forme extérieure, des rites et des cérémonies d'une religion quelconque et ne voit pas le dieu en son cœur. L’occultiste ne doit être lié par aucune superstition ; il sait que toutes les religions enseignent les mêmes vérités ; pour lui, les cérémonies extérieures sont inutiles, les rites ne sont pas nécessaires, mais il en a reconnu Futilité pour les autres, aussi ne désire-t-il pas les détruire, aussi évite-til d’en parler avec dédain parce qu'il les sait aussi indispensables que l'est un pont pour traverser un fleuve ; mais quand, en déployant ses ailes, on peut s'élever au-dessus du fleuve, on n'a pas besoin de pont pour le franchir ; et celui qui a développé les ailes de l'intelligence et de la volonté, avec lesquelles il s’élève à son gré dans les mondes supérieurs, celui-là n'a plus besoin des rites, des cérémonies, des formes extérieures.

La superstition est donc le fait de croire essentiel ce qui ne l’est pas, de confondre la réalité avec ce qui la voile, et de s'attacher à ce qui n'a pas de valeur par soi-même. 11 faut en toutes choses distinguer entre l’essence et la forme ; les confondre, c'est en cela qu’est la superstition et cette chaîne doit être absolument brisée avant de passer par le second portail.

Il faut enfin écarter de soi l’idée de séparativité, réaliser l'unité de la vie, l'unité d'essence de tous les hommes. Cette réalisation ne peut être effectuée que sur le plan bouddhique

où les séparations, qui existent sur les plans inférieurs, disparaissent, où tombe même l'enveloppe du corps causal, qui est vraiment une limitation pour l’intelligence. Libéré de cette dernière barrière, celle-ci rayonne' alors dans toutes les directions, car aucun mur ne la sépare plus des autres intelligences; toutes s’interpénétrent l’une ou l'autre. C’est par cette expérience, faite en toute conscience, sur le plan bouddhique, et dans cette expérience seulement, que la séparativité apparaît comme un simple phénomène irréel et inférieur.

Lorsque ces trois chaînes sont brisées, la seconde Initiation peut être passée. Le devoir qui s'impose ensuite, en vue de la troisième initiation est le perfectionnement de tous les corps, afin de pouvoir travailler sur tous les plans, et d’y travailler, non pour soi-même, mais pour les autres. Ce travail accompli, le disciple est capable de passer le portail de la troisième Initiation.

Pendant le quatrième stade, il doit s'appliquer à rejeter les derniers désirs, les dernières aspirations terrestres, et aussi la contre-partie du désir : la répulsion, l'éloignement vis-à-vis de quoi que ce soit. 11 sera alors prêt à devenir l’Arhat, mais pour réaliser cette dernière libération, son effort sera pénible entre tous ; l'initiation d'Arhat est symbolysée par la passion du Christ, par le calvaire, et, toujours, avant de passer cette Initiation, il faut endurer des souffrances terribles, soit du mental, soit du corps.

Ce stade passé, le disciple est Arhat , libre de passer dans un autre monde ou de rester dans celui-ci ; s’il reste parmi les hommes, il devient le Maître, l'Être surhumain qui a conquis la Vie, qui est entré dans la Hiérarchie occulte,qui a sa part de direction dans l'évolution du monde.

Maintenant que nous connaissons les qualités nécessaires pour marcher sur le Sentier, quelle est la préparation, l'attitude qui nous permettent d’attirer l'attention d'un maître

afin que, nous liant à Lui, Il nous conduise ? Une seule chose est vraiment nécessaire, vraiment importante, si importante que, si vous la possédez, certainement le Maître vous trouvera : Devenez capables de vous oublier vous-mêmes complètement, absolument ; donnez-vous au service d’autrui. Un oubli parfait de soi-même, un dévouement absolu au service de rhumanité, voilà la chose la plus importante, plus que la prière, plus que la pratique des cérémonies, plus quetoutes les autres vertus. Par cette attitude, tout homme peut entrer dans le sentier de probation, mais elle est la chose la plus rare qu’on puisse trouver dans l'humanité.

Puis-je vous raconter un petit fait de ma propre vie qui vous montrera bien ce que je veux dire ?

Lorsque j’étais libre-penseur, n’ayant foi ni en Dieu, ni dans l’immortalité de Pâme, je trouvais absolument indispensable, pour la paix du mental, de travailler pour les pauvres, pour les misérables et, pendant maintes années, je me suis vouée à cette tâche, jour et nuit ; ma vie étant consacrée à leur service.

Vous auriez pu me demander: mais pourquoi donc? Puisque vous ne croyez pas à l’immortalité de Pâme, pourquoi perdre au service d’autrui votre vie actuelle, la seule vie que vous ayez, pourquoi ne pas rechercher le plaisir, les joies de ce monde? Je n’aurais pas pu vous répondre, mais je puis vous dire, maintenant que c’était le fruit de mes vie* passées, où je n’avais pas fait autre chose, ce qui se mani* testait en moi par cette impulsion impérieuse.

Or c’est à ce moment que j’ai entendu pour la première fois la voix de mon Maître qui me demanda: « Veux-tu, à, tout prix, voir la lumière ! » Je répondis: « Oui », et, quelques jours après, on me donnait la Doctrine secrète , la grande oeuvre de M 010 Blâvatsky, pour que j’écrive à ce sujet un, article dans un journal quotidien de Londres.

Vous pouvez voir, par cette petite histoire, qu'il n’est pas nécessaire de prier, ni de connaître les Maîtres pour qu'un Maître vous trouve. Ce que le Maître cherche dans le Disciple, ce n'est pas vraiment l’évolution individuelle de ce disciple, mais Futilité de celui-ci pour le monde. Lorsqu'il trouve un homme, quel qu'il soit, capable de servir de canal entre Lui et le monde, de se donner complètement, sans réserve. 11 prend cet homme comme Disciple ; car le Maître pense toujours au bien du monde entier, non pas à celui d’un individu et l'individu n'a de valeur pour lui qu'autant qu'il peut aider le monde, sans réclamer d'autre récompense que la joie de servir. Voilà la qualité la plus importante aux yeux du Maître qui cherche un disciple ; toutes les autres viennent après ; au prix de quelques efforts, vous les évoluerez et les ferez fleurir rapidement en vous, si vous avez cellelà qui est si rare. Tout est possible à l'homme qui a cette attitude, qui cherche toujours à donner, non à saisir, qui va les mains ouvertes, répandant autour de lui et ne gardant rien.

A celui qui cherche le salut pour lui-même, qui désire une évolution plus rapide, le Maître dit : vous travaillez pour vous-même, c'est parfait; mais je n'ai pas le temps de m'occuper d'une seule personne quand le monde entier a besoin de secours.

Si vous voulez vraiment vous approcher du Maître, efforcez-vous d’aider les autres et ne pensez plus à vous-mêmes; tâchez d'oublier votre progrès, vos désirs, mettez tout cela de côté et travaillez au service de tous. Si vous êtes capables de cet effort, vous n’attendrez pas longtemps avant qu’un Maître vienne à vous pour vous aider, parce que, par vous, Il aide le monde.

Mais, je Fai dit, cette qualité est vraiment très rare et c'est pourquoi il y a si peu de disciples, alors que le besoin en est si grand aujourd’hui ! Car il faut préparer le retour

du Christ dans le monde, et la venue des Maîtres qui L’accompagneront.

La théosophie est comme Saint-Jean-Baptiste qui annonçait le Messie. Elle doit préparer le chemin, écarter les pierres de Sa route. Depuis trente-cinq ans qu’elle existe et qu’elle travaille, la Société théosophique a essayé de répandre ces Vérités que le Christ va proclamer bientôt ; l’Unité des Religions, la Paix et l’amour entre les hommes, une large connaissance de l’âme humaine, les mondes invisibles, les faits sur lesquels il est possible de baser la fraternité des religions, des nations et des individus, lelle est la tache à laquelle la Société Théosophique s’est adonnée, afin d’ouvrir, au milieu du matérialisme si fort encore naguère, la voie que suivra le Christ.

Maintenant, le temps de Sa venue approche ; nous pouvons reconnaître de tous les côtes, dans les nations, dans les types de l’humanité, les signes avant-coureurs qui accompagnent toujours un tel événement, et, par eux, nous devons comprendre qu’un grand pas dans l’évolution va être franchi, qu’une nouvelle sous-race va naître, que le Bodhisattava,le Christ, approche. La science elle-même reconnaît ces signes, enregistre ces changements, sans comprendre leur signification, sans voir leur portée. Les événements actuels sont les lettres dont sont formés les mots et les phrases de l’histoire du monde, mais les hommes sont vraiment comme les petits enfants qui, ayant les lettres, ne savent pas former les mots. Les théosophes qui ont étudié cette question de l’évolution, n’ont pas le droit d’être si aveugles ; ils doivent apercevoir, derrière ces événements, ce qu’ils préparent, et ce qu’ils préparent, je veux le redire en terminant, c’est le retour prochain du Christ sur la terre.

Dans un nombre d’années restreint, le Christ reviendra afin de bénir, à sa naissance, la nouvelle sous-race, et pour faire cette grande synthèse des religions, pour donner au

monde cette Religion unique dont toutes les religions actuelles seront des rameaux.

Efforcez-vous donc de comprendre parfaitement ces principes de révolution, de discerner ce chemin où vous ne pouvez entrer que par le Sacrifice, soyez aidés par la Connaissance, inspirés par l’amour, et vous pourrez vraiment préparer le chemin du Seigneur ; vous serez parmi ceux qui Le reconnaîtront quand II sera parmi nous.

Annje Besaxt.

Page 1