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Le sentiment de la charité chez les Oiseaux

mémos remarques sur le Faisan vénéré, enfin Florent-Prevost a vu des femelles de Pinsons qui devenaient semblables aux males.

Le se\time\t de la uiaritÈ chez les Oiseaux, v\n M. A. Milxe Edwards.

11 est peu de sujets qui aient été aussi débattus que celui de l’instinct ou de l'intelligence des animaux, (‘lies controverses se renouvellent sa ns cesse. Ees uns, suivant la thèse célèbre de Descaries, n’admettent que l’instinct, d’autres tiennent, pour des manifestations d’une intelligence précise et réelle, les actes les plus notoirement instinctifs. Quoique la mesure, le juste milieu soient, en général, peu goûtés, c’est pourtant entre ces deux théories (pion trouvera la vérité; et s’il esl des actes que seul l’instinct a pu provoquer, combien en a-t-on remarqué qui indiquent, avec une évidence complète, l’intelligence et, par conséquent. le raisonnement chez ceux qui les accomplissent. On en rencontre même des exemples frappants dans des espèces réputées peu intelligentes. Ees Oiseaux nous eu donneront de nombreuses preuves.

Raisonner pour soi, pour son bien, dans son propre intérêt, c’est déjà se rapprocher de l'intelligence telle que la comprennent et que l’exercent beaucoup d’entre nous, mais raisonner pour le bien d autrui, avoir le sentiment de la charité, de cette vertu que nous considérons comme la plus belle, la plus humaine et dont nous faisons volontiers notre apanage exclusif, n’est-ce pas une chose que les promoteurs de l’instinct pur n'accorderont jamais aux animaux, et pourtant cela existe et des faits positifs ont permis de le constater.

Le raisonnement des Oiseaux, celui qui se rapporte à eux-mêmes ou à leur progéniture, se manifeste surtout quand il s’agit de la construction du nid, de son adaptation, delà protection et de l’éducation des jeunes; on a même signalé des cas d’adoption entre espèces différentes : un Rouge- (ïorge élevant une petite Linotte abandonnée par ses parents, une femelle de Perroquet gris donnant la becquée à de jeunes Pinsons, puis à des Fauvettes. Ou peut, à la rigueur, mettre ces actes sur le compte d’une déviation de l’instinct maternel, bien qu’une part d’intelligence y soit nécessaire; mais quelle explication donnera-t-on d’un fait observé dernièrement dans la ménagerie du Jardin des Plantes et qui montre clairement (pie l'Oiseau éprouve parfois un sentiment de compassion, de charité, très raisonné, qu'aucun de ses instincts ordinaires ne saurait faire prévoir :

Dans une cage étaient enfermés deux de ces charmants Timéliidés de la région Himalayenne, nommés Mésanges de Nankin par Sonnerai et (pic les ornithologistes appellent Leiolhrix lulea . C’étaient deux femelles, vivant eu

bon accord, quoique sans i illimité particulière. Vers la lin du mois de février, un Cardinal gris, habitant la même volière, se prit de «querelle avec une de ces Mésanges et après lui avoir arraché bon nombre de plumes, — le droit du plus fort est toujours le meilleur, — il lui cassa la patte d’un coup de son bec puissant. La pauvre estropiée ne pouvait plus se tenir sur le perchoir, elle se traînait péniblement à terre, grelottant de froid sous sa peau dénudée. Sa compagne alors la prit en pitié et, chaque soir, elle descendait près de la blessée, elle apportait des brins de mousse et d'herbe pour lui en faire un lit et adoucir à ses membres soutirants le contact du sol, puis elle se couchait tout près de la malade et, la couvrant de son aile, elle restait ainsi toute la nuit, malgré la gène extrême d’une pareille position.

Pendant une semaine presque entière, elle ne manqua jamais à sa mission de charité et lorsqu elle eut vu mourir son amie que tant de soins n empèchèrent pas de succomber, elle devint triste, mangeant à peine, reshnl immobile dans un coin de sa cage et bientôt elle mourut à sou tour.

Quel est l’instinct qui peut conduire un petit Oiseau h accomplir de pareils actes? 11 n’y en a pas, et là tout est sentiment et raisonnement.

\ OTE SI R QUELQUES T IME LII DES DU Vü\-XA\ ET DU S ETC II T IV ,

PAU M. E. OüSTALET.

Il y a quelques mois, dans des Notes sur quelques Oiseaux de la Chine occidentale j’ai émis l’opinion (pie certains Trochalopteron à calotte de couleur foncée, dont le Muséum a reçu sept exemplaires pris à Tsé-kou (Yun-nan), par le IL P. Soulié, appartiennent à la même espèces que trois Trochaloplerou obtenus à Tatsien-lon et que les spécimens décrits et figurés par M. F. W. Styan sous le nom de Trochalopteron cinereiceps 2 . J’ai proposé en même temps de réunir tous ces oiseaux sous le nom commun de Trochalopteron Slijani, que j’avais indiqué dans une Note précédente (3) . Depuis lors, j’ai eu l’occasion d’étudier toute une série de Trochalopteron cinereiceps obtenus par M. J. D. de la Touche, à Kuatun, dans le Nord- Ouest du Fokien et j’ai reconnu que ces Oiseaux, tout en se rapprochant extrêmement de ceux du Yun-nan, tout en se rapportant au même type primitif, présentaient dans les nuances du sommet et des côtés de la tète et dans le dessin du menton et de la gorge quelques différences qui peuvent justifier le maintien d’une distinction spécifique. Les Trochalopteron du

Bull, du Muséum, 1898, n° 6, p. 2.YÎ.

^ Ibis, 1887, p. 167 et pl. \ t.

• 3 ) BitlL du Muséum, 1898, n" 5 , p. 22 Y

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