‹ Le serf et le boyard drame en trois actes imite de l'allemandChapitre 13 sur 33 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ISIDORE, assis sur une pierre , OSSIP.

ossip, entrant. Bonjour, Is dore Pawlitsch; avez-vous bien dormi?

Isidore. Je désire que mon frère ait dormi aussi paisiblement que moi.

ossip. Avez-vous uo frère ? je n’en sa-

vais rien... vous avez rêvé cela... C'est une mauvaise habitude que de regarderses rêves comme des réalités.

Isidore. Que me veux-tu ?

ossip. Ah! oui... Notre maître vous fait demander si vous avez fait vos réflexions.

Isidore. Il n'est pas besoin de réflexions.

ossip. C'est ce que j’ai dit. Jesaisceque c’est que l’amour... et la comtesse est si belle, si douce, si aimable, que vous ne seriez pas digne... Enfin, il faut vous décider... Si vous obéissez à notre maître, vous aurez la liberté et de l'argent tant que vous en voudrez... vous pourrez même faire le portrait de la comtesse et l’emporter. Si vous vous opposez au maitre, vous resterez serf, et, comme serf, vous ne pourrez jamais posséder la comtesse...

Eh bien ?

isidore. Je m’en tiens à ma première réponse.

ossip. J’en étais sûr... et, quand je vois cette noble comtesse aussi belle... Mais, songes-y bien, au moins.

i si dose. Tu cotmaisma résolutions, iastruis-eo ton muitre.

ossip. C’est inutile; dans ce cas, j’ai l’ordre de vous faire babiller.

îsiDOBB. Habiller... pourquoi ?

ossip. Pour prendre le costume de votre étal, celui d’un esclave, d’un serf... ne l’êles-vous pas?

Isidore. Oui... O mon père ! pourquoi avoiréveillé daus mon cœur des sentimens plus nobles et plus généreux, si c'était là le sort que tu me destinais?

ossip. Ah dam I lui, il n'y pensait pas; ■nais dans cette vie il faut s'attendre à tout... D'ailleurs, quevuus demande-t-on?

d’endosser une livrée.

isidore. La livrée... mol! c’est un complot infernal... Non...

ossip. Etes-vous si lier, mon cousin?

nousle portons tous... votre mère, caries femmes aussi sont esclaves, votre mire la portait; d'ailleurs, soyez tranquille, c’est une fantaisie, un caprice... A quoi seriei-vous boo comme serf? il vaut mieux vous laisserlibre.

îsiDoBE. Mais paraître à ses yeux, aux regards... d’Emma, peut-être sous cecos* tuine avilissant... jamais... je ne le puis.

ossip. Vous avez tort de refuser ce que vous feriez pour un bal de carnaval. Ce déguisement ne change rien à votre posisition... c'est moi qui l’ui choisi : un bel habit de chasseur vert comme le printemps; vous aurez presque l’air d'un colonel des gardes. Vous allez le voir, je vais le chercher. (// sort.)

Isidore est absorbé dam ses réflexion*; un serf frappe en dehors à la fenêtre: il l'ouvre, le serf loi remet une lettre et disparaît.

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