SCENE X
OSSIP, ALEXIS
alexis. Rient Je n’ai pu rien obtenir'»
pas un mot, pas un regard) Qu'elle est noble et belle dans sa colère! dois-je l’aimer ou la haïr! Quelle patience contre mes sarcasmes! Quelle douceur contre ma rage... Comme olle sacribait généreusement sa vie pour son bicn-aimé... Obi si je pouvais dire seulement une fois elle est 5 inoi... et puis mourir! {4 Ussip, qui sort du parillimcn fredonnant et sn pinçant une guitare.) Que fais-tu ici ?
ossir. J’essaie une ballade, Excellence, pour vous la chanter ce soir, si vous ne pouvex dormir.
Alexis. Plût au ciel I qu’on pût m’endormir avec des refrains! Dormir! lorsque la rage dévore mon cœur... Dormir! lorsqucllo m'est ravie... et par qui?
ossip. Ohl celui-là ne nuira pas longtemps à votre Excellence; il est dans les fers, et, si vous le livrez aux juges, marqué, et pour la vie dans les mines.
alexis. Il le mérite. Je l'ai supplié, conjuré ; il a rejetlé mes offres, mon or, levé son arme sur moi I Ah! je sens ma tète se briser lorsque je pense à lui.. .Quel que soit son sort , il le mérite.
ossip. Et c'est ainsi que vous voulez plaire à la comtesse? ,
alexis. Comment l’obtenir? dis-moi à quel prix... Il me la faut... eotends-lu...
il me la faut.
ossip. Je n’y puis rien , monseigneur.
alexis. Non... Eh bien!., cherche... invente un moyen, esclave... pense pour ton maître... Je ne le puis, moi, ma tète est ardente... Tu es calme, toi, coma): Satan... réfléchis, tu auras des trésors... la liberté...
ossip. Vraiment !.. Pourriez-vous ressusciter les morts’
alexis. Que veux-tu dire?
ossip. Vous ne le pouvez pas... alors que m’importe la liberté ?.. Je n’ai pas de conseil à vous donner; mais tenez, écoutez cette ballade que je repassais quand vous ôtes venu; c'est une histuire à peu pris semblable à la vôtre.
alexis. Voyons, la musique calmera peut-être mes sens.
ossip, chante.
Air de M. Pûris,
De Foedora le sort trahit les armes...
(Il s* interrompt.) Foedora, seigneur, était une princesse qui s’était révoltée contre son souverain.
11 reprend.
De F redora le sort trahit le* arme*.
Son beau visage e*t inondé de larme* I
Las! songe-t-elle aux maux qu’elle a soufferts?
Non ; du vainqueur elle brave l’ontragc ;
la
Mtii mr on autre il pont porter sa rage ,
Celui qu'elle aiuic , Iwau est dans les ferai
Le Trar brûlait d'un ardeur non moins rive..» Ecoute enGn, dit-il 4 sa captive,
A ton amour deux partis son offerts ,
Ivrao périt si tu restes fidèle,
Mais suis mes pas ce soir 4 la chapelle,
Et dans l’instant je fais tomber ses fera 1
Alexis. El Fœdora, que répond-elle?
ossip. Je n’en sais rien, Excellence; mai» sans doute elle y consent, si elle aime en effet Iwan.
alexis. Eh bien, je veux, comme le Tzar, mettre un prix à la tête de mon esclave* le march.inder avec elle... O marché infâme! mais il le faut.. .elle ou la mort!
Il va pour sortir, Ossip l'arrête.
ossip. Ecoutez -moi, Excellence; au nom de votre amour, n’allez pas chez elle; ou je me trompe fort, ou araot peu elle viendra vous supplier de tendre la liberté à Isidore.... et quund on demande à capituler, on est prêt à se rendre.
ALSXts. N’est-ce pas, elle consentira...
ossip. Certainement... après bien des soupirs et des pleurs cependant... mais le temps nppai.-e lout , et à la longue elle l’oubliera... Qu’j a-t-il donc de si terrible là-dedans!., que de jeunes filles sont forcées de se marier contre leur gré...
vous aussi vous avez < onnu une infortunée.
alexi*. C'est bien ! assez.. .
ossip. Sans doute I que sont les maux d’un serf? n'est-il pas né pour souffrir...
les larmes des esclaves n’inspirent que du dégoût aux maîtres.
Alexis, Et si sa haine pouvait céder à mou amour.
ossip. Oh! alors... mais c’est un point fort douteux... Reniiez dans votre appartement; moi, j'attends ici la comtesse, car elle y viendra, soyez en sûr, et lenez la voilà , j’irai vous rendre compte de ses intentions, éloignez-vous*
Alexis. Je t’attends.
Il sort par le pavillon.