‹ Le serf et le boyard drame en trois actes imite de l'allemandChapitre 9 sur 33 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

OSSIP, ALEXIS

Alexis. Eli bien ! as-tu appris quelque chose... des nouvelles certaines?..

ossir. Oui, Excellence, je suis encore tout ému du bonheur de rnon cousin.

ALEzis. Comment, quel bonheur?

ossir. Je n’ai pas eu besoin d’aller bien loin à la recherche des nouvelles.... elles sont venues me trouver..

alexis. Explique-toi.

ossir. La comtesse est Tenue ici...

ALEXIS. Ici?

o.-sip. Pour voir Isidore... causer arec lui.

alixis. Enfin...

ossir. J’ai entendu leur entretien....

votre excellence avait bien raison, ils s’airoeot depuis des années, depuis leur voyage de Rome. Feue la comtesse connaissait leur amour et l’approuvait... que Dieu bénisse leur union 1

ilexis. Que l’enfer plutôt... mais non , ce sont des contes absurdes... elle, née auprès du trône, pour les grandeurs; porter un tel nom I.. héritière d’une si glorieuse race et lui , né dans la hutte d’un esclave !.

ossir. Oui, monseigneur; mais c'est un homme sensé que mon cousin, un savant, un peintre habile... les grandes dames aiment la peinture... et la comtesse est indépendante.

Alexis, à tui-mlms. Ainsi s'expliquent scs rares visites ici... et la froide politesse...

ossir. Je ne savais pas que votre excellence airnSt la comtesse. Bon Dieu! comme cela s'accorderait bien : la naissance, le rang, la richesse, l’âge... je ne peux plus tue réjouir du bonheur de mon cousin...

il devrait se retirer par respect pour votre Excellence... même par amour pour la comtesse... mais il ne le fera pas , je le connais, il a toujours été orgueilleux... il voudra s’élever... il ne reculera pas.

Alexis. II ne reculera pas! et je puis...

ossir. C’est un avautnge et aussi un inconvénient d’être de si haute naissance que votre excellence... si, à cause de votre rang , vous n'étiez pas obligé de vous montrer généreux, si vuus pouviez agir tout bonnement contre nous autres, vous n’auriez qu’un mot à prononcer, un seul mot et tout serait dit.

alexis. Un seul mot?., et ce mot?

ossir. Ma tante n’appartcnait-cllc pas à votre père? n’est-elle pas votre propriété même claos la tombe? et le fils de voire esclave n’est-il pas votre serf?.. Bien? si vous lui disiez: lu n’aimeras pas la comtesse , je ne le veux pas... pourrait-il se mettre en révolte coutre son maître? il l’aimerait en secret... soit! mais pourraitil l’épouser sans votre permission? pourrait-elle donner sa maiu de comtesse i un serf?

alexis, qui l’a regards fixement ,aprl> un sUcnce. N’es-tu donc qu’un fou , qui, sans y songer, joue avec ces terribles idées comme un enfant avec un serpent... ou bien es-

tu un envoyé de l’enfer, qui vient aa-de* vont de nos désirs criminels pour nous précipiter dans l’abyme? fou ou démon, ton conseil est infernal.

ossir. Ce n’est pas un conseil , Excellence ; je sais trop bien qu’il ne me convient pis d’en donner è un prince. Je vous ait dit seulement ce que je pense et c’est mon devoir; car, sijesuisà vous, ma tête vous appartient aussi et les pensées qu’elle enfante de même... mes paroles sont peutêtre celles d’un fou... mais elles ont un certain goût de sagesse.

alexis Lui! qui me témoigne tant d’amitié, le bicn-aimé de ma mère le fils de mon père, qui, dans mon enfance turbulente, a mille fois risqué sa vie pour la mienne... lui, mon esclave! j’oublierais quel sort lui réservait mon père, ce qu’il m’ordonnait à son lit de mort... O crime!

crime contre tout ce qui est bon et sacré..

ossir. Votre père n’a rien ordonné... il a prononcé son nom et voilé tout... s’il uvait voulu l’afiraucbir, il l’aurait fait par un testament...

alexis. Silence! silence là-dessns. Sors elprie-le de veair... j'ai besoin delui parler.

ossir. Abl comme il va bénir votre bonté I

Il sort.

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