SCÈNE VI
KEITT, ,»ij LE BARON.
KEITT.
Au diable f... Il se dit penseur et philosophe, et il a dos moments do fougue où il n'écoule rien... Cela le regarde apres tout... jo venais l’avertir, il m'envoie promener ; grand bien lui fasse !...
LF. BARON, arrivant cssouDé. chargé de bolles de dragées.
Oufl... Eh bien! ils ne sont plus là?... ils sont partis?... qu’esl-co que je vais farre de mes soixante-cinq boites?
KEITT, riant.
Eh! bon Dieu! mon cher baron, vous êtes chargé de toutes les douceurs du royaume !... Avez-vous dévalisé tous les confituriers do Berlin?
LF. BARON.
Jo ne pouvais me refuser aux ordres du prince royal, vous lo concevez... mais je n’en puis plus... Vous ne vous le figurez pas, mon cher lieutenant, les bonbons, cesi extrêmement lourd.
KEITT.
Sur l’estomac î
LE BARON
Non sur les bras, surtout quand on en porte une pacotille... Sans compter que cela peut me compromettre... si le roi savait que j’ai trempé en quoi que ce soit dans cotte imbécile de ceremonie... je pourrais perdre ma dé.
KEITT .
Laissez-donc !... où diable voulez-vous que notre bien-aimé souverain trouve jamais un chambelhn do votre zèle et do votre force?... vous faites ses commissions les plus désagréables, vous essuyez scs mauvaises humeurs et ses boutades... il ne vous remplacera jamais, baron do Koppcn Nikon... vous êtes inamovible.
LE BARON, férfeuicmon».
Je prouve mon entier dévouement a Sa Majesté, lieutenant Keitt... rien ne me coûte. en fait d'obéissance passive pour mon maître... Je sais qu’on est jaloux do ma faveur, mats je m’en moque.
KEITT.
Puisque vous êtes si bien avec lo roi il a dû vous dire le grand secret, louchant le prince son fils ?
LE BARON, étonné.
Non, il ne m’a rien dit du tout...
KEITT.
Du moment que vous n'êtos instruit de rien, il no m’appartient pas d’être indiscret.
le nsnoN.
Aidez-moi donc à me débarrasser do ces horribles friandises... Vingt ducats do dragées!... je vous demande un peu I
KEITT.
C’est que véritablement ce pauvre baron est chargé comme un mulet d'artillerie.
LE BARON
Absolument. (KeiU lui aide à »c débarra»»or de tet boite».)
KEITT.
Voilà de quoi sucrer tout lo village.
LE BARON
Maintenant, mon cher lieutenant, je vous souhaite bien lo bonjour... jo n’ai pas envie do me compromettre davantage... (Flairant *cs bra», l’un aprè» l'autre.) Pourvu que je ne sente pas les pralines!... car, si Sa Majesté s’en apercevait, je serais dans le cas de perdre ma clé. (il *ort part le fond.)
KF.ITT.
Excellente pâte tic Raronl... ilpeufcpordre sa position... mais, s’il perd son esprit, je donne deux mille ccus à celui qui lo trouvera.
(Bruit, njuiiqur, exclamation» en dehors, coup» de fusil 1 le» gens du baptême reviennent joyeux et eu collège.)