SCENE III
LA REINE, puis FRÉDÉRIC.
LA REINE
En quels termes il a parlé de son fils!... de mon Frédéric bien-aimèl... (Baissant la voix.) S' il apprenait que ce cher enfant... (Oh ! qu’il l’ignore toujours)... n’a pas passé la nuit au palais !... Je ne sais pourquoi, celte absence m'inquiète, m'attriste... Il est dix heures, et chaque minute redoublo mes... (Apercevant le prince et réprimant un cri de joie.) Ah I
FRÉDÉRIC, en grande tenue de cour, parlant à la canlonnad*.
Monsieur le baron, remerciez sa majesté, qui daigne me dispenser de la revue do ce matin, (a part.) Oufl... une corvée de moins. (Voyant la reine, et allant à elle avec Joie.) Abl ma mère !
l.A RRINE, l'embrassant.
Cher enfant !... quelles inquiétudes tu m’as données!
A vous, ma mère?
LA REINE, le rassurant.
Oh! à moi seule... nul autre que moi ne lé sait. (aa«.) D'où viens-tu?... (vivement.) Oh ! je n’en dirai rien, va., pas même à la reine... Où es- tu, depuis... (Elle s'arrête,)
Depuis... hier?
LA REINE
Oui.
Frédéric, gravement.
Bonne mère... le jour ou j‘ai atteint l'âge do ta raison otdela gravité... vingt an?... je l'ai dit: Interroge-moi tant nue tu voudras sur l'emploi de ma journée, depuis le lever au soleil... jusqu'à son coucher... Mais à compter de... minuit... ah ! dame, tes questions pourraient devenir embarrassantes pour l’héritier présomptif de la couronne.
LA REINE, l'interrompant.
C’est bien, c’est bien... Te voilà, je suis rassurée.
FRÉDÉRIC, à part.
Si ollu savait que j'étais sur la roule do France !... pauvre bonne mère I
LA REINE
Ainsi, le roi t’a difponsé de la revue...
FREDÉntC. montrant son babit de cour.
Et le soldat a fait place au prince-
LA REINE, avec intention.
G osl- à-dire, au fiancé... Car le roi t'a dit...
FRÉDÉRIC, coulynrié.
Le roi... le roi m’a dit des choses désagréables, au sujet de l’Autriche.
LA REINE, étonnée.
Quoi! co mariage... dont il avait gardé lo secret jusqu'au dernier moment...
rr.ÉDÈRtc.
Ce mariage n’est pas encore fait, ma mère. (Mouvement d« la reine ) Tiens! ne m’en parle pas... C’est de la politique, cela regarde mon père... St c’élait du bonheur, cuia te regarderait.
U REINE
Que veut dire P...
Je t’en prie I
LA REINE
Tu me caches quelque chose... Mais jo ie saurai... jo ferai parler tes amis... le lieutenant Keitt.
FRÉDÉRIC, vivement.
Koilll
LA REINE
C’est le meilleur de tous, celui-là... un de ces amis, comme les princes en ont peu. (D’un ton pénétré.) Crois-moi. mon fils, conserve précieusement une telle affection, (a part.) Oh ! il faudra que Keitt me dise ce qui sc passe... (Haut.) N’oublie jamais que tu n’as pas do meilleur atui que Kuill 1 (Elle l’embratto ci aort.)