‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 34 sur 83 · I.E ROI, à la rantoimadr · texte numérisé non relu

I.E ROI, à la rantoimadr

A cheval, messieurs!... i cheval! (Voyant Frédéric, qui s'est love à son entrée.) Ah ! vous voilà I

FRÉDÉRIC, saluant.

Me voilà, sire.

le noi.

Il vous en anrait coûté beaucoup de venir voir mes grenadiers déjà rangés en bataille?... (Avec or*ui-n.) Quels hommes I... j'en ai compté cent vingt-trois qui ont cinq pieds onze pouces I

FREDERIC, à part.

Je n’aUeindrai jamais à ce degré... de longitude,

le roi.

Vous auriez craint de salir vos souliers fins. (L'examinant de la tétc au\ i»ird«.) Quelle toilette I... Est-ce de Pans que vous vient ce bel habit?... et ces broderies, ces dentelles, toutes ces faufroluches?

Non, sire... c’est de nos fabriques allemandes... dont les ouvriers périraient de faim, si les princes do votre maison ne donnaient à la cour l'exemple do luxe et de la magnificence.

le Roi.

Ta ta ta ta... Idées françaises, que tout cela!... (Frappant sur sa poitrine.) Voyez ce vieil habit !... voilà quinze ans que je le porte I...

FRÉDÉRIC, avec admiration.

Quinte ansl

le not.

Fl ces boutons!... Ils ont u-ié trois uniformes, monsieur!... et ils proviennent do la garde-robe de votre grand-père Frédéric **' I

FRÉDÉRIC, à part.

O vénérables boutons!... contemporains de mes ancêtres 1... jo vous salue)

LE ROI, allant s'asseoir prés de la table, sut laquelle il pose ta ranne.

Ecrivez cela à monsieur de Voltaire.

Je n’y manquerai pas, sire, (Mouvement du roi.) Mais il sera de mon avis.

LE ROI

Hein?

FRÉDÉRIC, à part.

Flattons-le... il aime beaucoup cela. (Haut.) Ma jeunesse et mon obscurité ont besoin d’un éclat d’emprunt... Si j’avais fondé un empire... si j’étais lo chef d’une grande armée... alors seulement, je serais digne de porter à mon tour ce vieil habit, ou l'éclat du la gloire tient lieu de la splendeur des brodcriusl LE ROI, À part, flatté.

Hhl oh 1... lo coquin ne manque pas d'esprit.

FRÉDÉRIC, continuant.

Et celte canne I... celle grande canne!.. . dont un usurier ne donnerait pas un florin... mats qui est'le noble «igné delà puis sance et du commandement!,., (a part.) Il faut flatter jusqu’à sa canne !

LE ROI, après un temps.

Tu as quelque chose a me demander.

Eh bien I oui, sire... et ce regard bienveillant me répond d’avance : accordé !

LE ROI, sc levant.'

Un instant I un instant I... mon regard n’a pas la parolo... Voyons, de quoi s’agit-il?

Sire... (A pan.) Allons, du courage! (Haut.) A la revue do ce malin...

LR noi, l’interrompant.

Qui aura lieu en l'honneur de la princesse do Brunswick, votre fiancée...

Oh ! pardon, sire... ne parlons pas politique.

LE ROI

Qu’est-co à dire? •

FRÉDÉRIC, reprenant.

A la revue de ce malin... (En hésitant.) il manquera nn de vos officiers.

LE ROI, vivement.

Le lieutenant Keitt !

FRÉDÉRIC, i part.

Il savait tout!

le noi.

Un misérable!... un lâche!

FRÉDÉRIC, Vivement.

Non. sire!... un brave officier, que jo scra’s fier de défendra devant le conseil de guerre!... mais pour qui le jugement, seul, sciait déjà une honte a laquelle il ne survivrait pas!

Air : Si Dorilat.

Fermez les yeux sur la folle équipée D’un étourdi, pcul-élre d’un amant!

Que votre main lut rendu cette épée Qu’il sot toujours porter si dignement I Pour votre honneur, pour votre renommé**.

Mieux vaux cent fois, prodiguant 1rs pardons, ijt tu bon soldat de plus dans votre armée, tu malheureux de moins dans vos prisons!

LE ROI, avec une colère concentrée.

Ah! c’était là Je but de toutes vos flatteries, monsieur'..* Vous en serez pour vos frais.

Eh! quoi, sire...

LE ROI

Assez!... assez, vous dis-jel

Vous me refusez la grâco que jo vous demande?...

LC ROI.

Positivement I

FRÉDÉRIC, ne se contenant plus.

Eh bien !... relus pour re/us I

LE ROI

Monsieur I...

Ce mariage, arrangé à mon insu, si ne se fera pas'... Ab ! l’on a cru quo je me plierais lâchement aux marchés de la point-

qne! ..que jepaierais de ma liberté unocession de territoire !... que je donnerais mon cœur pour... un morceau de Silësioi... Allons donc !

LE KOI

Prince Frédéric!

Votre princesse, je n’en veux pas I LE ROI.

Il me brave!

rntoÉRic.

Tant pis pour la Prusse!... tant pis pour ta dynastie des Brandebourg!... elle s’arrangera pour avoir des rejetons, je ne ru’ en chargeas!

* LE ROI

Il m’insultai

Je vous l'ai dis. sire, refus pour refus... gardez votre victime, je garde ma liberté!

LE ROI, hors de lut.

Et je vous dis, moi, quo vous épouserez la princesseL.. que vous l'aimerez, quo vous l’adorerez, que vous la rendrez parfaitement heureuse f

FRÉDÉRIC, riant.

Si elle n’a jamais d’autre bonheurque celui dont je dispose...

(Il cil interrompu par un roulement de tambours.)

LE ROI

Ma revue!... Adieu, monsieur... souvenez-vous de mes ordres. . . et qu’à mon retour, je vous trouve aux pieds de la princesse. (Il tort. — On bal aux champ*-)

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