BRANDEBOURG
Convenable...
SAINT-ROBERT
Allons voir alors comment on déjeune au Cheval Blanc. (Au moment ou i/s vont pour sortir, Julie parait sur le seuil de la porte.)
julu.
Uum! hum!
SAINT-ROBERT
Une femme I (la regardant.) Mais je no me trompe pas, mademoiselle Julie I
JULIE
C'est bien heureux! On dirait que vous avez delà peine à reconnaître vos amis ?
SAINT-ROBERT
On ne croit pas toujours a ce qu’on désire le plus... mais par quel hasard ici?
mis.
Comment un hasard I mais je suis ici chez moi, chez mon pèro. SAINT-ROBERT.
Quoi! II. Delaunay serait... mais c'est juste... vous vous appelez aussi Delaunay. ( A part.) qu’elle rencontre ! (A ses témoins.) Messieurs, allez m'attendre a table... jo suis à vous. (Ils sortent.)
sein xt.
SAINT-ROBERT. JULIE
SAINT-ROBERT
Ainsi, vous dites que M. Delaunay est voire père?
ICLIE.
Oui monsieur, et voilà justement ce qui m irrite contre voua, vous ne songez seulement pas à nous rendre visilo , cl la première fois que vous venez , c’est pour un due!.
8A1NT-ROBERT
Quoi! vous savez...
ICLIE.
Je sais que vous êtes l’ami de M. d'Espremont que mon père a un peu rudement mené hier.
SAINT-ROBERT, à part.
Qu'est-ce que l’apprends la! celte affaire importante dontM. Delaunay me parlait. (Haut.) Voyons, mademoiselle, expliquezmoi un peu tout cela ; vous disiez...
JULIE
Mais c’est fort clair! M. d’Espremont, hier à la sortie du spectacle, se permit quelques propos que je n’ai pas entendus... mais dont mon père se montra très-irnté... un chirurgien major... c’est presque un officier... il porte l’épée.
SAINT-ROBERT
El le bistouri... nom d’un c’ten! deux fors pour un !
JULIE
Vous plaisantez toujours !
SAINT-ROBERT
C’est une habitude que j’ai prise quand les affaires me semblent sérieuses... ça les égaie... continuez...
JULIE
Le reste va de soi... M. d'Espremont se fâcha. .. On échangea deux cartes, et ce matin, nous attendions la visite de ce monsieur, ou de ses témoins... vous ne venez donc pas pour monsieur d’Espremont?
SAINT-ROBERT
Dieu m’en garde I
JULIE
Mais alors ?
saint-Robert, ornement.
Oh! une affaire de famillo... vous saurez plus tard. (A part.) Toujours trop tôt... diable de commission, va...
JULIE
Ehl bien j'en suis bien aise... ça me répugnait de penser qu’un jeune homme qui a été notre cavalier aux eaux, nul servir de témoin à l’ennemi de mon pèn... quand on a valsé vingt fois ensemble, on se connatt un peu.
Beaucoup.
JULIE
Sans doute... et cela crée des liens...
SAINT-ROBERT
Certainement... I (à part.) Elle est charmante I JULIE.
Ainsi, vous empêcherez ce due!, vous qui êtes l’ami de M. d’Espremont? vous me le promettez ?
SAINT-ROBERT
Si ie l'empêcherai, je le crois bien I fiez-vous à moi ( à part) nom d'un e'ienl il faut que ce duel n’ait pas lieu I pauvre petite I JULIE.
Oh! jo ne sais comment vous remercier... Et puis il y a des gens qui prétendent quo la danse ne sert à non... enfin, voyez co qui serait arrivé, si nous n’avions pas valsé ensemble tout cet été à Vichy? Vous en souvenez-vous?
SAINT-ROBERT
Si je m'en souviens ! Mais ce sont les souvenirs les plus doux de ma vie... Cependant un beau matin, M“ Delaunay et vous, vous partiez sans me dire mémo où je pourrais vous retrouver.
JULIE
Une indisposition subite de mon père nous fit quitter les eaux dans la nuit.
SAINT-ROBERT
Et depuis, pas un mot!.. Où courir pour vous revoir?
JULIE
Il fallait chercher., on s'occupe de vous ici, et plus quo vous ne le méritez peut-être...
SAINT-ROBERT
Vraiment?
JULIE
Je vous dirai même en confidence... mais on vient...