LES FEMMES
Ah I lo joli sergent I
CHRISTINE
Ab ! l’amour de sprgent ’
FRÉDÉRIC, à jean.
C’est toi qui es lo propriétaire do ce moulin?... On m’a parlé do toi... lu es un honnête homm \ ça me suffit, (il lui (end la main.)
JEAN
Sergent, certainement, vous me faites honneur.
ÉLISABETH, ha* au comte.
Ce jeune militaire a un air franc et résolu.
LE COMTF., bas À Elisabeth.
Vous allez accopler d’être marraine avec un simple sergent ?
ÉLISABETH, de même.
Pourquoi pas ?
LE BARON, à part, regardant Frédéric.
Ah ! par exemple!... mais...
Frédéric , bas, an baron qui s'ctl rapproché.
Jo vous défends de me reconnaître !
LE BARON, bas.
il subit.
FRÉDÉRIC, de même.
Mieux que cela... allez me chercher pour vingt ducats tlù dragée» à Berlin.
LE BARON
J’y cours OVfiO Çnthou-iasme I (Le baron «ort précipitamment, Frédéric rapproche d'Élisabeth.) Si c‘e$t ma jolie commère, ]« remercie mon étoile d’avoir conduit ma promenade de ce côte.
Air : Je tait alUchtr du ruAnai.
I/hiitoirc a vanté les amour»
D’un brave ot galant rui do France;
On rend hommage encore de no* Jour*
A l’objet do m préférence.
Si l’on eut vu ce* yeux «i doux Au temps où vécut Gabrielle,
Je ne sais pas ce qu’on eût dit de vous,
Mais on ii’aurail point parlé d'elle.
ÉLISABETH, un peu émue.
Ln vérité, monsieur le sergent, vous me rendez toute confuse... C’est donc parmi les sous- officiers dol’araace prussienne que la courtoisie des vieux temps s’esl réfugiée.
Frédéric.
Que voulcz-vons. belle dame... les pédants cl les hobereaux de Cour l'ont chassé du midi, il a bien fallu qu'elle cherchât asile dans le Nord.
ÉLISABETH
Oserai-jo vous demander lo nom de mon jeune compère?
On m'appelle Frédéric, madame.
ÉLISABETH
Frédéric tout court ?
FRÉDÉRIC, gaiement, en Indiquant sa petite taille.
Tout court, comme vous voyez... La même curiosité me serat-elle permise?... puis-je connaître l'aimable personne, qui veut bien accepter pour comporo an simple sergent aux gardes?
ÉLISABETH
Jo me nomme Élisabeth.
Élisabeth tout court?
ÉLISABETH
Aussi court que possible, jusqu'à présent... Mais jo voub présente mon parent, M. lo comto de Sœchendorff, connu dans le monde savant, membre de l’Académie impériale ce Vienne.
La réputation do A1. le comte était parvonuo jusque chez nous... (l<? comte salue. — Aux autres.) Voyons, CO baptême St pressé est-il pour aujourd’hui ?
JEAN
Tout est prêt, sergent.
CHRISTINE
El voilà l’ami Golicben qui vient nous avertir.
En avant, marche !... fête carillonnée I des cloches, des coups de fusils I... il faut que ce baptême-là fasse du bruit t tocs.
Vive le parrain 1 vive la marraine I
Comment diable I mais lo sexe est superbn par ici. (Toucha ut 1c menton à pluileur» paysannes, cl s'arrêtant devaut Christine.) Comment! Jean farine, ce beau brin de femme-là est à loi?... jo l'on fais mon compliment, (a mi-voix.) Ce que c’ost que d'être si souvent aux arrêts... on n’a pas le temps de connaît. e son voisinage.
LB COMTE, bas à Élisabeth.
De la prudence, ma nièce I... no compromettez pas ma dignité d'onclo et d’académicien.
FaÉDÉRlC, offrant son bras à Élisabeth.
Allons, partons.
(Tout le mond<* forme le cortège et s'apprête à sortir; Kcltt arrive, paraissant affairé, cl surpris do trouver Frédéric en si uombrcusc
compagnie.)