UN VIEUX BARON ALLEMAND
Gomment , un sergent ici ?
MATHIEU
Vous me confusionnez. Messieurs et Dames. . . certainement , j' suis bien 1' votre. . . ( bas au général.) Mill' z'yeux, mon Général , vous avez là d' jolis petits soldats sans moustaches , et si les hommes venaient à manquer , çà f'rait tout d* même un' fameuse compagnie d' voltigeurs. Eh ! c'est ma p'tite Eveline!
ÉVELINE
Eh bien! vous ne vous approchez pas de moi?
MATHIEU
Si , Mam'zelle; . . . c^'est qu'en vous V03'ant conun' cà , en grand' tenue. . . y m' semble que y suis devant un' Reine ou un' Impératrice 1 ( les Dames entourent jMathieu avec inte'rét.) Dire que mon havre-sac a été son berceau , ventrebleu ! ( toutes reculent efjraye'es. ) Pardon ! une absence liniluœ;']Q vous avais bien dit, mon Général, que j' n'avais pas l'habitude d' la bonne société.
( Des domestiques promènent des plateaux de rafraîchissement. Un aide-de-camp arrive, et parle bas au Général.)
LE COMTE , à mi-voix.
Allez ! et que Ton me tienne au courant de tout ce qui se passe. ( ]\luiique du bal ui prélude.) Messieurs, que le bal commence
( Les cavaliers invitent leurs dames. Les uns vont dans les salons de droite , et les autres dans les salons de gauche* Le Général à 31athieu , en lui montrant la vieille Baronne : )
Mon ami , cette dame n'est pas priée , fais-moi le plaisir de l'inviter.
MATHIEU
Qui çà ? l'ancienne . . . Mon Général , vous avez compté sur mon courage , je vous en remercie. ( à la baronne. ) IMadame , aurais-je la valissance de danser la subséquente avec vous ?
V La baronne lui donne la main , cVun air hautain , et il se place avec elle, à Vun des deux quadrilles qui se sont formés sur le théâtre, en deçà de la galerie. Les danses commencent. )
. CHOLUR.
AIR : Chantons la Barcarolle.
Amis , livrons-nous à la dause , Charmons ainsi notre loisir j Que chaque contredanse Soit , pour nous , un nouveau plaisir.
Chantons , dansons , cliarmons notre loisir.