‹ Le serment d'Horace, comédie en un acte en proseChapitre 26 sur 28 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

GÉRARD

L'état civil m'accorde trente-deux ans, mais je n'en a que trente sur mon passe-port; c'est moins lourd en voyage.

JULIETTE, lui montrant le bouquet flétri.

Eli quoi ! ce pauvre bouquet lui-même ne vous rappell3 cas le buisson où il a été cueilli?

GÉRARD

Si. Ce doit être sur un buisson d'écrevisses.

JULIETTE

Paa un souvenir!...

GÉUARD.

Pas un! Ces amours-là sont plus fragiles que la coupe de vin de Champagne dans laquelle ils ont été baptisés. Ces lettres sont toutes la même : elles commencent en style de romance et finissent en style de facture. On ne les lit pas, on les acquitte. Ce ne sont pas des dates dans la vie, ce

sont des échéances, (u brule U lettre et ferme le coffret.)

Que faites-vous, monsieur?

GÉRARD

Je commence l'auto-da-fé. Maintenant, la journée de Charvalu est finie ; l'article 6 est exécuté; tenez, le voilà qui flambe! Adieu, madame.

LA voix DE DUBREUIL.

SaCrebleu! où sont mes pantoufles? (On entend la détonation du revolver.)

JULIETTE, avec effroi.

Ciell

GÉRARD

Madame, c'est monsieur votre oncle qui appelle ses pantoufles.

JULIETTE

Fuyez 1

GÉRARD

Fuir! jamais.

JULIETTE

lîais il vous tue» al

30 LE SERMENT DIIORÂCE.

GÉRARD

Vous croyez? Ça se trouve bien; je ne savais pas comment finir ma journée : maintenant je suis fixé.

JrUETTE. ^

Il vient! (joignant les mains.) Mousieur, dc grâce.,. Je vous en supplie...

GÉRARD, coniini» frappé d'une idée.

|L^i yi ^f~— Ah ! (u s'enveloppe du paravent. Au nième instant, Dubreuil paraît en rcbs d« r2;3lil/ «Zambie.)

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