‹ Le sermon sur la montagneChapitre 47 sur 65 · LE BUT · texte numérisé non relu

LE BUT

que mesure le caractère effectif et créateur de la puissance de vie qui est à l'œuvre dans l'univers. Elle trouve son harmonie et son unité, car tout y est mis involontairement eu rapport avec le but poursuivi. Elle acquiert de ce t'ait une signification nouvelle et un caractère particulier, elle entre dans la sphère du nouveau devenir. Ainsi la recherche du royaume de Dieu et de sa vérité organise notre vie. et la façonne du dedans au dehors. Elle crée en nous la constitution nouvelle qui résoud le problème de notre être, elle fait de notre existence une vie proprement humaine en lui donnant le sens qui seul la justifie et qui accomplit notre véritable destinée.

En outre, elle nous rend invulnérables, en face des contrariétés et des revers. Car désormais la raison d'être et le prix de notre vie ne résident plus dans notre situation extérieure et ne sauraient par conséquent être compromis par les coups de la destinée. Nous aurons sans doute à combattre jusqu'au bout contre l'adversité et la détresse, nous devrons compter toujours avec les dangers et les aventures, mais notre vie personnelle dont la force agissante résulte de la tension de tout notre être vers le but, nous assure la suprématie sur les vicissitudes et les hasards de l'existence. Or cette vie n'a pas sa source en dehors de nous, mais au dedans. C'est de l'élan de notre devenir qu'elle découle ; c'est son accomplissement, non sa réussite, qui l'ait notre bonheur. Cette marche en avant est notre raison de vivre, et dussions-nous aller nous briser contre d'infranchissables obstacles, nous n'aurions point manqué notre but. Car ce qui fait la valeur de notre existence, c'est le développement de notre être en confor-

mité avec sa véritable fin. et le déploiement dans notre vie d'une force consciente de cette fin. Que leurs effets transparaissent au dehors et soient reconnus des autres ou que, semences d'avenir, ils restent ensevelis dans 1 obscurité, cela est indifiérent au point de vue de révolution en soi et de son progrès dans le monde. Soit que nous parvenions à notre épanouissement complet, soit qu'il se trouve entravé par des circonstances défavorables, tant que l'être originel palpite en nous, nous sommes des cellules vivantes au moyen desquelles se poursuit la création nouvelle de l'humanité, et qui sont, par conséquent, indispensables. La recherche du royaume de Dieu devient donc le principe d'une vie héroïque.

L'élan continu vers le but nous délivre enfin de tout ce qui fait obstacle à notre vie. Les soucis, la crainte et la douleur n'ont plus de prise sur celui qui est entré dans ce courant vital. Il est affranchi de toute dépendance comme de toute prévention, car il avance imperturbablement et parvient au-delà des brouillards qui obscurcissaient son horizon. Le courant de vie objective qui l'entraîne, l'arrache à son atmosphère subjective et le conduit de clarté en clarté. Le pouvoir de la vieille nature est brisé par la force évolutive de l'être nouveau qui s'insurge contre elle. L'incertitude enfin disparaît, car de la poursuite incessante du royaume de Dieu procède une nécessité intérieure qui s'impose à la vie.

C'est sur cette influence illimitée, exercée sur notre vie par la recherche du royaume de Dieu, que se fonde la déclaration de Jésus, la lettre de crédit qu'il délivre aux siens : ce Et toutes les autres choses vous seront

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