‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 6 sur 60 · À TOUTE MA FAMILLE, À TOUS MES AMIS, À TOUS MES ANCIENS PROFESSEURS · texte numérisé non relu

À TOUTE MA FAMILLE, À TOUS MES AMIS, À TOUS MES ANCIENS PROFESSEURS

Ces modestes pages sont dédiées.

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Introduction

« Se lo fèoure vous tord lou cuèr Qual béoure del bouliou de sèr. »

« Si la fièvre vous fait frissonner Il faut boire du bouillon de serpent. »

Albert LACOMBE.

En Haut-Quercy, les tours majestueuses de Castelnau-Bretenoux profilent sur l'horizon la sanguine de leurs vieilles pierres à peine estompée par la patine des siècles. Au bas de la colline, le couchant argente la large nappe de la vigoureuse Dordogne qui vient de recevoir la Cère, rapide, encore tout embaumée des effluves balsamiques des sapins du Lioran. Et tout près, vers le nord, le Mamoul se fraie un chemin discret sous les frais ombrages des chênes, alors que, vers le sud, la Bave caresse les premières marches du plateau des Causses.

Ce site plein de vie, admirable tableau d'une nature généreuse et variée, s’embellit encore de bosquets touffus et de vignes plantureuses nourries du premier soleil du Midi.

Et dans les anfractuosités des rocailles, parmi les lierres des murs, à l’abri des prunelliers et des églantiers, se prélassent, se lovent, se déroulent de nombreux reptiles variés.

La couleuvre verte et jaune, au premier rayon du printemps, se hisse dès le matin sur les arbustes et là, patiemment, guette

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sa fonte ou somnole ; elle se permet parfois de monter jusqu'aux plus hautes branches d’un prunier pour attendre l’oiseau ou l’insecte.

La couleuvre grise affectionne davantage une bordure de sentier, une touffe d'herbe sèche, le voisinage d’une haie broussailleuse.

Le lézard vert surgit brusquement d’un buisson pour bondir dans le suivant ; il s’effarouche facilement, mais gare au taquin qui le pourchasse, il pourrait faire connaissance avec ses dents. |

Plus pacifique, le lézard gris se complaît sur les vieux murs, les troncs d’arbre et fuit rapidement à notre approche ; nous avons tout de même le loisir de voir nettement sous sa peau irisée les battements saccadés de son cœur apeuré.

Mais, dame Vipère hante aussi ces parages ; si elle n’a pas l'ambition des hautes ramures, elle grimpe toutefois jusqu’à la fourche d’un cep de vigne, toute prête à mordre l’imprudent vigneron qui glisse sa main sous la jeune feuillée pour supprimer les pampres inutiles. Son habitat de prédilection est la région des murs écroulés, des talus rocailleux et bien ensoleillés.

Cette faune rampante, particulièrement abondante autour de Castelnau, se montre en principe, d’ailleurs, assez pacifique. Elle s’esquive dès qu’elle nous voit et ne mord guère que pour se défendre. Si son voisinage émeut parfois un promeneur surpris, les paysans ne s’en effraient guère. D'aucuns savent l’utiliser pour certaines médications fort salutaires et qui ont fait leurs preuves ; c’est du pur empirisme ‘certes, mais un empirisme, fruit d’une expérience millénaire. Et nombreux sont ceux qui ont pu tirer un bénéfice réel de médicaments à base de serpents.

Notre jeunesse curieuse a cueilli ses premières images autour de Castelnau ; nos yeux se sont emplis de la lumineuse clarté de ce ciel quercynois, ils ont goûté la quiétude de cette plantureuse vallée de la Dordogne. Nos pas ont égaillé nos promenades, tout au long des sentiers parmi les vignes, les prairies, les champs et les bois. Nos mains ont cueilli à foison violettes parfumées, primevères d’or, gracieuses marguerites, rameaux d’aubépines et fraîches églantines.

Notre esprit a fouillé avec avidité le mystère des vieilles pierres et il en est un qui l’a particulièrement attiré : celui des propriétés curatives de la « gent » rampante.

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Et, c’est pourquoi, rous avons voulu étudier plus amplement les qualités médicales et pharmaceutiques des Serpents.

M. le Professeur René Sartory, de la Faculté de Strasbourg, a bien voulu nous faire l'honneur d'accepter ce sujet de thèse et de présider le jury. Nous lui en exprimons toute notre gratitude et nous sommes fière de présenter notre travail devant cette accueillante Faculté de Strasbourg qui, aux heures pénibles de l'exil, nous reçut parmi ses élèves.

M. le Professeur Dastugue, de l’Université de Clermont- Ferrand, nous a permis de travailler avec fruit dans son laboratoire et, sous sa haute direction, nous avons pu réunir les éléments de notre travail. C’est très souvent, chaque jour méme, que nous avons bénéficié de ses directives et de ses conseils. Nous le remercions très vivement de nous avoir quidée dans cette étude passionnante et de nous avoir aidée à la mener à bien.

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