IV. — Résultats obtenus
La méthode expérimentale, pour la solution des problèmes relatifs aux explosifs de sûreté notamment, est, avons-nous dit, la seule méthode possible.
Mais, pour que l'on puisse en considérer les résultats comme des faits établis et en tirer des conclusions certaines, elle doit être poursuivie pendant un temps très long et les essais doivent être maintes fois répétés pour rencontrer les multiples conditions de la pratique et écarter les causes
pertubatrices qui résultent des imperfections inévitables des procédés même le plus minutieusement appliqués.
Si, en outre de ces considérations, nous nous remémorons celles exposées plus haut, nous arrivons à la conclusion que des résultats définitifs sont encore loin d'être obtenus. Ils ne le seront même jamais au sens absolu du mot dè^ nitify car la question du grisou et des explosifs n'est pas de celles qui peuvent être entièrement résolues; c'est par étapes successives que l'on arrivera à une situation meilleure, sans que la solution doive jamais être considérée comme « définitive ».
Notre siège d'expériences a devant lui un programme très vaste de problèmes dont nous avons projeté l'étude et dont nous avons abordé tout d'abord les plus urgents.
Il aura aussi une mission de vérification et de contrôle, tel le contrôle des explosifs livrés à la consommation et dont il importera de vérifier périodiquement la composition et le degré de sûreté. On peut donc le considérer, en quelque sorte, comme une installation permanente.
Nous dirons cependant que, dès aujourd'hui, des résultats, importants pour la pratique minière et pour la sécurité des ouvriers, ont été obtenus :
Sous le rapport des explosifs, nous nous sommes imposé tout d'abord pour objet de soumettre au contrôle de l'expérience les explosifs admis comme explosifs de sûreté dans une liste provisoire que nous avions, avec M. l'Ingénieur Denoël, dressée, en partie d'après des considérations théoriques, en partie d après des expériences faites à l'étranger, et qui avait été publiée dans les Annales des Mines de Belgique.
Les réserves que nous avions faites, en publiant cette liste alors que nous n'avions pas à notre disposition les moyens d'expérimentation que nous préconisions et qui seuls* écrivions-nous, devaient nous permettre de nous prononcer
en connaissance de causeuse sont trouvéesjuslifiées. Certains explosifs auxquels, d'après les idées reçues, on attribuait un assez haut degré de sûreté, ont été démontrés être indignes de figurer sur cette liste. D'autres, conçus d'après d'autres principes, se sont mieux comportés.
Il est arrivé alors que les fabricants d'explosifs, instruits de l'insuccès de certains de leurs produits, ont abandonné la fabrication de ceux-ci et sont entrés, guidés par nos expériences, dans des voies nouvelles qui paraissent devoir être fécondes ; et dès à présent de nouveaux produits, supérieurs en sûreté aux anciens, sont introduits dans l'industrie minière, tandis que les plus défectueux ont déjà disparu.
Bien donc que rien de définitif, susceptible d'être publié, ne soit encore acquis sur l'importante question des explosifs, non seulement des solutions sont entrevues, mais des résultats réels et profitables à la sécurité des ouvriers ont déjà été obtenus à la suite de nos expériences.
Quant aux lampes de sûreté, où la question est moins complexe, des essais concluants nous ont déjà permis d'élaborer et de dresser un avant-projet complet de règlement nouveau pour l'éclairage des mines à grisou, règlement qui sera ainsi en harmonie avec les progrès les plus récents accomplis dans cette branche de l'art des mines.
Ajoutons que les expériences publiques déjà nombreuses que nous avons faites devant beaucoup d'Associations techniques, devant les Directeurs des charbonnages et devant de nombreux porions, maîtres-ouvriers et ouvriers, ont vulgarisé certaines idées de sécurité qui n'étaient jusqu'ici familières qu'aux spécialistes, et ont aussi dissipé maints préjugés, écartant ainsi des entraves sérieuses au progrès.
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THE UNrVERSmr OF CAUFORNU UBRARY