CHAPITRE VI
fiOUVERNAIL A VAPEUR DU BÉLIER. — 3° PARTIE.
TranaiolsBloB ftinlonlalre.
g 30. — Considérations sur les divers modes de transmission généralement applicables au servo-moteur.
Maintenant que nous sommes arrivés à constituer l'appareil de façon à résoudre et à vaincre les difficultés que l'on rencontre dans la manœuvre instantanée d'un gouvernail par la vapeur, il nous reste à décrire le mode de transmission que nous avons employé pour pouvoir le commander d'un point quelconque du bâtiment.
Sur le Cerbère, qui est le premier navire où nous ayons appliqué cet appareil, nous devions pouvoir commander à volonté, soit de la passerelle du pont se trouvant à l'avant du bateau et à 45 mètres environ du servo-moteur, soit de la partie fixe de la tour blindée située aussi à l'avant.
Nous avons commencé par étudier un système de transmission par arbres tubulaires et eng-renag-es aussi légers que possible, comme ont fait les constructeurs ang'lais dans la commande du Great Eastem ; mais, après mûres réflexions, cette transmission étant déjà presque
.yGoogle
SERVO-MOTEUK HRCOT.
dbïGoogle
terminée dans nos ateliers, nous n'avons pas cru devoir l'appliquer; car sur une long^ueur de 45 mètres, avec trois renvois de mouvement dans la longueur, on arrivait à constituer une transmission lourde à manœuvrer et surtout compliquée.
De plus, étant forcés de faire passer les arbres audessus des chaudières des machines, on devait parer aux dilatations, ce que nous avions fait au moyen de manchons à glissement, mais qui, abandonnés à eux-mêmes, logés au plafond qu'ils étaient, auraient pu finir par se rouiller et ne plus glisser à temps.
Ensuite il fallait, pour que les engrenages pussent fonctionner, une certaine précision dans la pose de tous les paliers de ces arbres, précision qui aurait pu disparaître bientôt par le travail de la coque du bateau sur la grande longueur des arbres, et, malgré l'emploi de manchons articulés , on aurait pu n'obtenir qu'une transmission lourde au mouvement, compliquée, onéreuse et sujette à dérangement; c'est pourquoi nous avons cru devoir y renoncer.
Nous avions pensé à l'emploi d'une transmission hydraulique constituée au moyen de deux colonnes d'eau en mouvement dans des tuyaux de petit diamètre agissant sur le balancier E des rênes du grand moteur (fig. 32, 33) comme le feraient les drosses de la barre actuelle, mais nous avons craint que cette transmission avec les garnitures nécessaires à chaque bout ne fût aussi trop délicate. Nous y avons cru voir de plus cet inconvénient, qu'on ne pourrait être jamais bien sûr que les indications du cadran fixé sur l'appareil de commande, et qui guide le timonier, fussent d'accord avec les positions réelles de la- barre; car une fuite dans une des garnitures, n'existant pas à l'autre, suffirait pour tout fausseï-.
Les gelées pouvaient gêner aussi dans certains pays;
.yGoogle
nous avons donc jug^ prudenl de ne pas admettre, au moins actuellement, ce g'enredeVansmission.
Après de nouvelles études, nous avons adopté le système de transmission funiculaire, conslilué au moyen de fils de fer et de chaînes, comme étant celui qui présente Je plus de sûreté, solidité, légèreté et simplicité. Mais, avant sa réalisation, il nous a fallu trouver, après long-ues recherches, un moyen simple, une disposition efficace el certaine pour que la transmission reste toujours tendue et à g^raduation bien fixe, quelles que soient les différences de température, ou les allongements et raccourcissements dus aux dilatations, sans fausser en rien les indications du cadran qui sert d'axiomètre pour le timonier.
§ 34. — Transmission fitnicidaire. — Description.
Cette transmission est constituée de la manière suivante, figure 46.
A l'extrémité n du balancier des rênes E dn grand servo-moteur qu'il faut manœuvrer sont attachés -deux brins o et o',, composés de fils de fer R R' dans les parties droites supportées par de petits galets XX, et de petites chaînes s ^, passant sur les poulies H H' G G' dans les renvois de mouvement. Ces deux brins s'étendent jusqu'au poste de commande de l'appareil situé en un point quelconque du bâtiment.
A l'origine de ce circuit funiculaire, le brin o' passe sur une poulie de renvoi A, fixée à la coque, puis repasse sur une poulie B faisant partie d'une chappe à deux poulies G B, sur la deuxième poulie G de laquelle chemine le brin o ; puis ces deux brins s et «' s'en vont ainsi parallèlement, supportés à dix ou douze centimètres du
.yGoogle
SERVO-MOTEUR WRCOT.
AuHy.Sfitùc.. a de, BoiJccr^Bc ÀJ.Mrii^
6( — plafond, dans leurs parties rectili^nes, par des petits galets XXX ^usqa'&u poste décommande.
' Des g^ardes en tôle K K K sont fixées à côté de chacune de ces poulies pour empêcher la chaîne de sortir de la govge.
On comprend facilement qu'on agit avec ce système de transnaission comme avec les drosses ordinaires. Quand on tire le brin o\ par exemple, le brin o mollissant en retour de la quantité dont on tire o', permet d'abord au balancier n E de s'avancer du chemin demandé par ce brin o' et ensuite le maintient entre deux fils o et o' toujours tendus également, quand le conducteur s'arrête, à la position où on l'a amené.
- Lachappeà deux poulies sur lesquelles passent les deux brins o et o*, est fixée à la coque en H par l'intermédiaire d'un ressort D, qui sert de compensateur pour tous les effets de tensions anormales et de dilatation qui peuvent s'opérer sur la transmission.
On comprend que ce ressort, tirant sur les deux brins et o', compense et embraque ou roidit constamment tout le mou de ces deux brins, et qu'il ne peut jamais y avoir de temps perdu dans cette transmission.
En effet, soit Q la tension du ressort D ; cette tension se décompose sur chacun des axes B et C, en deux forces P qui elles-mêmes se décomposent en une série d'efforts de traction ff /, f\ produits sur chacun des brins, et l'on a
Q = résultante de f+f + /", + /',.
Soit p l'effort qu'il faut exercer sur l'un dfs brins, pour mouvoir le balancier E et faisons
Quand on voudra faire marcher le balancier E dans le sens de la flèche p, la tension du brin o' ^ aug>mentera
.yGoogle
-etceltedubrin o f diminuera jusqu'à ce que ces tensions, dans leur ensemble soient devenues :
Alors le balancier Ë étant sollicité par une force p égfale ou un peu supérieure à sa résistance, se mettra en mouvement ; mais, ce que nous avons ajouté à la tension d'un des brins ayant été forcément retranché de la tension de l'autre, puisque le circuit total est fermé et solidaire, la résistance de Q n'a pas change; la long^iieur du ressort est donc restée la même, la transmission se sera donc comportée comme si tes poulies B et G étaient amarrées à un point fixe, c'est-à-dire qUe le cadran axiomètre du timonier n'aura pas été faussé pendant la marche, et aura indiqué exactement les chemins parcourus par la barre. ■
Pour ce qui concerne les dilatations, les deux brins rappelés par ce ressort D de quantités ég-ales ne faussent pas davantag-e les divisions du cadran, ils changent seulement la tension du ressort D.
Ce ressort fait aussi en quelque sorte l'ofBce d'une soupape de sûreté dans le cas où, la barre ne répondant pas immédiatement, le timonier voudrait par trop forcer sur cette transmission.
Ce mode de transmission a encore l'avantage d'être, te plus possible, invulnérable aux coups de l'ennemi, car, deux fils de 8 ou 9 milliniètres de diamètre occupant très-peu de place dans l'espace, on peut conduire cette transmission partout où l'on veut, mettre même, si on le voulait, un poste de commande en haut d'un mât, par exemple, ces deux flls étant pour ainsi dire invisi-» blés pour l'ennemi.
.yGoogle
SERVO-MOTEUR rAMOT.
Âa&y. SrBâer.Jt..A3)Btbj^oe.,43,
LiijiizoabiGoogle
Nous allons maintenant donner la description de l'appareil que l'on place en chacun des points du bâtiment d'où l'on veut pouvoir commander la barre; c'est cet appareil que nous appelons poste de commande.
§ 32. — Poste de commande. ,
Cet appareil se compose, figure 47, de deux supports ou bâtis A A, reliés par des entretoises X X, portant un ai4)re y sur lequel soiit montés les organes de commande.
Au bout de cet arbre se trouve un volant à main B, fou, et pouvant de plus glisser longitudinalement; le moyeu D de ce volant porte un manchon à dents E embrayant avec un manchon semblable N qui est calé sur l'arbre.
Entre le volant et ce manchon N se trouve un ressort repoussant constamment le votant B sur les écrous de réglage F. On conçoit que par le moyen de ces écrous ou peut, en serrant le volant à bloc, produire un entraînement sans jeu, de même qu'on peut, en reculant ces écrous et laissant le volant s'éloigner plus gu moins du manchon N, donner tout le temps perdu que l'on jugera utile entre E et N, suivant l'état de la mer, comme nouB l'expliquerons plus loin.
En faisant tourner le manchon N, on entraîne une roue à chaîne Galle c, calée sur l'arbre y et sur laquelle passent les deux brins Q et Q' de la transmission funicu* laire. Au bout de l'arbre est fixé un petit pignon G qui engrène avec un secteur H, ayant son centre d'oscillation sur le bâti en o et muni d'une aiguille M par laquelle il indique en degrés, sur un cadran fixe K, tous les mouvements et toutes les oscillations de la barre.
.yGoogle
On comprend que, lorsqu'on fait tourner le volant B, celui-ci vient entraîner le manchon N et avec lui la roue c qui fait mouvoir les brins de la transmission.
On peut, selon les dispositions préférées, faire soit un soit plusieurs tours, ù volonté, pour la course complète de la barre.
On comprend facilement aussi qu'avec le mode de circuit funiculaire constitué comme nous l'avons vu, on peut placer sur la transmission autant de postes de commande que l'on veut et commander la barre alternativement de plusieurs points du bâtiment, suivaqt les cas.