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Constatons immédiatement et une fois pour toutes, qu'il importe d’être prudent dans l'interprétation de ces analyses, dont la plupart ont été faites dans un but industriel. En règle générale, elles sont peu précises et pour certains éléments qui n'existent dans les composés sidérohthiques qu'à l'état de traces, elles sont absolument insuffisantes. Toutefois, je crois qu'il est possible d'en dégager quelques considérations générales, qui ne manquent pas d'intérêt,
Et d'abord, elles montrent, très nettement et à priori, la complexité et la variabilité de composition des matériaux ferrugineux de ces formations. En effet, nous pouvons de suite établir une classification par ordre d'importance, des éléments qui entrent en jeu: classification basée sur la fréquence de ces éléments dans les 45 analvses reproduites plus haut (p. 96 et 97).
Le fer (Fe, O;) a élé reconnu 45 fois | La silice (Si O,) » DS rer] COIN L'alumine (AL, 0O:) » » 45 >» | L’acide phosphor. (P, 0;) » » 43 >» PDO La chaux (Ca O) » » AS JA TARUR L’acide sulfurique (H, S O,)» » 1 M 68,88 °/, La magnésie (Mg 0) » AC DR SHETE EN > Le manganèse (Mn, 0) » » 9» 20 — %, etc.
Les fers sidérolithiques apparaissent bien ainsi comme des composés essentiellement constitués par le sesquioxyde de fer, la silice et l’alumine, auxquels s'ajoutent, presque toujours, l'acide phosphorique et moins régulièrement peutêtre, quelques autres éléments. On peut les envisager comme des produits, de composition variable, mais à base constante de silico-aluminate de fer.
Les éléments importants sont done bien l'oxyde de fer, la silice, l'alumine et aussi l'acide phosphorique. On les rencontre toujours, en proportions variables sans doute, mais du moins, leur présence reste constante et c'est précisément ce qui les distingue des autres éléments : la chaux, l'acide sulfurique, la magnésie. les oxydes de manganèse d'abord, puis
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le titane, le vanadium, l’arsemic, le zinc, etc. qui sont des éléments locaux et plus irréguliers, ce qui d'ailleurs n’enlève rien à leur importance relative. La grande variabilité des produits sidérolithiques est Justement la conséquence de ce double fait: instabilité des éléments constants (fer, silice, alumine, acide phosphorique) et rôle irrégulier, sporadique, des autres éléments (éléments locaux).
L'oxyde de fer. Le fer des bohnerz est toujours très oxydé: il existe le plus souvent sous forme de sesquioxyde hydraté : 2 (Fe, 0,,3 H, 0). Exceptionnellement, il forme des sulfures et des siicates. Les sulfures sont le plus souvent altérés 1) et se reconnaissent aux pseudomorphoses de la pyrite en sesquioxyde ferrique. Les silicates, assez rares, du moins en Suisse, peuvent expliquer les propriétés magnétiques de certains bohnerz.
Dans quelques cas, la composition des bohnerz se rapproche de celle de la chamoisite ou de celle de la berthierite, mais en raison de leur extrême variabilité, il est impossible d'assigner à ces produits une position déterminée dans les classifications minéralogiques.
Les bohnerz sont toujours hydratés. La perte au feu varie de 5,33 ‘/, à 30 ‘/, (Analyses N° 12 et 39).
Leur teneur en fer est également variable : elle oscille entre 16 °/, et 69 07, ?).
La silice et l’alumine. Leur rôle n'est pas très connu: il semble purement mécanique : servir de support au fer et former le squelette des composés ferrugineux, comme le montre l'étude microscopique des bohnerz. Ainsi que je l'ai fait observer, les silicates de fer sont une exception : d'ordinaire la silice est en grains irréguliers où en zones transparentes.
1) 11 y a naturellement de nombreuses exceptions, sans parler même des bols qui sont colorés en vert.
| ?) Ce pourcentage est donné pour Fe, O,:; on caleulerait le fer 2 Fe par lenormulen070 =
Fe, O,
RAUUREE
La silice et l'alumine coexistent en règle générale. Ce sont elles qui donnent aux bohnerz leur allure, car ceux-ci résultent surtout de la lutte du fer contre ces deux éléments. Une courbe établie d’après les analyses relevées plus haut, le montre parfaitement: il y a opposition très nette, comme peuvent l'indiquer assez bien les nombres suivants :
Variation de Fe, O,. Variation correspondante de Si O, + AI, O,-
16 à 6900 To 18 °/
Les limites de variabilité d’un élément sont dépendantes de celles des autres: la richesse en fer d'un minerai sidérolithique est fonction de sa pauvreté en autres éléments. On peut en dire souvent autant de chacun des éléments.
Pour préciser d'avantage tous ces faits, je crois utile de reproduire ici quelques-unes des courbes que J'ai établies pour arriver à connaître le rôle réel des divers éléments. Dans ces courbes, le pourcentage est porté en ordonnée, tandis qu'en absaisse figurent les numéros des analyses con-
sultées (voir p. 96 et 97).