‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 45 sur 80 · Dépôts réguliers à faciès argileux · texte numérisé non relu

Dépôts réguliers à faciès argileux

D'après ce qui vient d’être dit, il est facile de comprendre, que le type stratigraphique le plus parfait sera celui qui résultera de la combinaison du plus grand nombre de faciès, tout en restant régulier bien entendu. Il serait facile de schématiser ce type parfait par des coupes très ingénieuses, mais qui auraient l'inconvénient de n'exister que sur le papier. Je préfère m'en tenir aux réalités, estimant que les faits sont préférables aux hypothèses. Mais ici, il est nécessaire de faire une observation. L'arrêt ou plus justement la baisse de l’industrie sidérurgique suisse ayant considérablement réduit l'exploitation minière, il est bien difficile de faire de nouvelles observations, principalement sur la stratigraphie générale des gisements. Aucun puits nouveau n'a été foncé ces derniers temps et dans ceux qui sont en activité, on ne peut étudier que les galeries, soit, la base du Sidérolithique. Heureusement, que l'ingénieur Quiquerez nous a conservé les coupes des puits qui ont été foncés dans le Jura, en si grand nombre, vers le milieu du siècle dernier. Le manuserit de Quiquerez a été publié, en partie; par le D' Roller: je ln ferai de nombreux emprunts.

Dans l'examen de la dispersion géographique des matérlaux sidérolithiques, j'ai montré que les gisements réguliers occupaient, presque sans exception, le fond des plis synelinaux et que le développement des formations sidérolithiques ellesmêmes se localisait dans ce que j'ai appelé « les centres de formation ». Il est dès lors rationnel de commencer ces études par les gisements des environs de Delémont, centre de formation du bassin jurassien et magnifique vallée synelinale, la plus fouillée et la plus connue.

Bien que très régulier et très développé, le Sidérohithiaue de la Vallée n’est cependant pas si uniformément constitué, qu'une seule coupe puisse traverser l’ensemble des couches. En effet, si d’une façon générale le Sidérolithique remplit le fond de la cuvette, ses différentes couches sont fréquemment interrompues : elles passent les unes aux autres, formant souvent des lentilles plus ou moins considérables ; par contre, en rapprochant plusieurs coupes convenablement choisies, on peut en obtenir la série complète. Je donne plus loin un certain nombre de ces coupes: je vais les résumer dans le tableau suivant :

L. Sidérolithique supérieur: Alternance variable de couches argilo-siliceuses, fréquemment gypseuses et de bancs calcaires ou de conglomerats : 4 à 60 m.

IL Sidérolithique moyen : Alternance de couches argilo-siliceuses, moins ferrugineuses, plus réfractaires : 5 à 25 m.

IL. Sidérolithique inférieur : Alternance de couches argilosiliceuses, quelquefois sableuses et plus ferrugineuses encore, réfractaires, avec bonherz en banes à la base ou disséminés dans la masse : 2 à 12 m.

À lui seul, le Sidérohthique sup. est plus puissant que les deux autres réunis. Il est vrai, que dans bien des cas, sa délimitation d'avec le superstratum est si délicate, qu'on a le droit de se montrer sceptique à l'égard de certaines affirmations. Quoiqu'il en soit, les chiffres qui sont donnés plus haut sont des maxima et des minima, qui ont été rencontrés dans quelques gisements. Il est ordinairement formé par des argiles, que le D' Greppin désignait sous le nom de Terre jaune et que je considère comme un bol incomplet, rudimentaire. Ce sont des argiles tantôt légèrement calcaires, tantôt siliceuses et que j'ai décrites déjà. Elles forment des couches souvent très facilement reconnaissables par leur coloration jaune, rouge, où même bariolée. Souvent, elles sont tachetées de points blancs, verdâtres au centre, que les mineurs appellent « œils ». Le fer en grains y est rare, très disséminé; le gypse en blocs, en rognons ou en filons, assez

fréquent. Elles renferment également souvent des formations calcaires : raitsches, conglomerats, etc.

Au puits Blancherie, le Sidérolithique supérieur mesure un peu plus de 12 m. Il comprend de haut en bas:

Une couche d’argiles jaune-rose, O0 m. 60.

Une couche d’argiles également jaune-rose,

plus calcaires, tachetées, 6 m. 60.

Une dernière couche de ces argiles jaunes

ou rouges, mélangées, 4 m. 80,

Dans d’autres gisements, 1l n'y a qu'un banc de Terre jaune, sans stratification apparente. Mais, déjà Greppin admettait que dans le val de Delémont, la « raitsche » est inlercalée dans la « Terre jaune ». Je crois pouvoir maintenir sa manière de voir et je désigne d’ailleurs l’ensemble du Sidérohthique supérieur par cette appellation de « Terre jaune » !).

Le Sidérolithique moyen est essentiellement formé d'argiles qui tendent vers le type plastique. À la base du Sidérolithique supérieur, apparaissent souvent des argiles grasses, onctueuses, réfractaires qui sont le terme de passage à celles du Sidérohithique moyen. Ces dernières ne sont jamais très développées. Le D' Greppin les divisait en trois groupes:

1° La terre cendrée, argile gris-cendré, calcaire. et peu

siliceuse.

2° La lerre visqueuse, argile grasse, onctueuse, encore

calcaire et peu réfractaire.

3° Les Morceaux: Stücker, Mücke des Allemands, for-

més par une argile jaune, moins calcaire, devenant souvent réfractaire à la base.

Toutes ces argiles sont peu ferrugineuses: c'est leur caractère le plus frappant. Leur coloration, ordinairement grise, sombre, est cependant quelquefois bigarrée. Dans quelques cas, elles sont nettement plastiques. D'autres fois, mais

) Cette « Terre jaune » est incontestablement sidérolithique, son âge par contre, peut être discuté, comme nous le verrons plus loin.

très rarement, elles renferment des formations calcaires comparables à celles de la < Terre jaune ». Le gypse n'y est pas rare.

Le Sidérolithique inférieur, moins puissant que le supérieur, lest ordinairement plus que le moyen. Il comprend surtout les bolus rouges et les bohnerz. Greppin réservait cette appellation de bol, aux argiles sidérolithiques inférieures, mais il est bien évident, qu'elle convient également à quelques autres encore. D'ailleurs, même les bols inférieurs sont très variables d'aspect et de composition.

Ordinairement, les bols sont durs, rouges ou jaunes, rarement gris où blancs. IS sont réfractaires. IIS passent quelquefois au sable siliceux, jaunâtre où blanc. Comme la « Terre Jaune », ils sont souvent mouchetés de blanc ou méme de violet (Oberdort).

Les bols blancs dont parle Quiquerez sont sans doute du hupper : les bols sont, en effet, par définition, des argiles ferrugineuses, donc colorées, surtout dans le cas des argiles sidérolhthiques.

C'est dans les bols que sont surtout accumulées les pisolithes de fer, tantôt disséminées, tantôt très rapprochées et formant alors un véritable banc, une sorte de filon.

M. Isser !} distingue dans la couche des bohnerz :

1° Une zone contenant 10 ?/, de grains : 0"50 (Partie sup.)

90 ) $ S 30 qe ÿ : (070 LEE ) 50:07 ) : On80O (Partie inf.)

Les mineurs disent ordinairement que «la mine est riche, ou maigre » suivant que les grains sont très rapprochés ou disséminés ?).

Les bols eux-mêmes ne sont d'ailleurs pas du tout homogènes el assez fréquemment, 1ls se superposent par couches bien distinctes. On pourrait admettre assez justement la stratification suivante :

1) Isser: Die Bohnerzlager von Delémont. Oester. Zeitschrift. Berg. 1896.

2} On admet que le minerai rend à peu près 60 °/, au lavage et 40 à 50 °/, à la fusion. On arrête l'exploitation dès que la couche ne donne pas au moins, 20 à 25°, de minerai.

Bol supérieur.

(Fleur supérieure).

Bol du banc des bohnerz. __ (Fleur inférieure).

Bol inférieur ou bol de roche.

Les bols supérieurs sont ordinairement très semblables à ceux du banc des bohnerz ; mais 1ls sont moins riches en fer pisolithique. Tantôt ils sont jaunes, tantôt rouge-brique ou même gris-sale: ils passent alors souvent au sable siliceux ou alumino-siliceux. Les bols inférieurs sont ordinairement plus distincts : leur coloration est d'ordinaire jaune, brun-clair : ils sont durs et brillants, ne contiennent que peu de fer et reposent directement sur le substratum calcaire.

Lorsque les bohnerz forment un banc régulier, les bols servent encore de ciment à leur poudingue. Ce banc est ordinairement délimité, en haut et en bas également, par une zone mince d’une efflorescence blanchâtre, très réfractaire, de silicate d’alumine et que les mineurs appellent la fleur.

Mais très souvent, le bane de bohnerz manque: c'est le faciès des bols stériles ; mais à part l'absence du fer en grains formant couches distinctes, la stratigraphie reste telle qu'elle vient d’être décrite,

En résumé, la stratigraphie des gisements réguliers est très complexe: elle comprend toute une série d'assises se superposant et dont la coloration traduit la diversité pétroraphique. Celte straligraphie peut se représenter ainsi :

VE

Couches d’argiles, jaunes, rouges, bariolées:;

Le gypseuses, peu réfractaires, peu ferrugineuses. Conglomérat, calcaire d'eau douce, fossilifères,

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