‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 61 sur 80 · II. Faunes et flores des formations calcaires et siliceuses · texte numérisé non relu

II. Faunes et flores des formations calcaires et siliceuses

Les formations calcaires qui accompagnent parfois les bols et le bohnerz, tantôt les recouvrant, tantôt s'y intercalant ne sauraient cependant constituer un niveau stratigraphique unique et constant. Leur composition pétrographique ou même chimique, leur position, sont des plus variables et il est absolument impossible de tenter leur rapprochement synchronique où même parfois de justifier leur groupement avec le Sidérolithique. En règle générale, ces formations sont très localisées et 1l ne semble pas que l'abrasion où l'érosion aient beaucoup modifié leur répartition primitive.

a. Les Conglomérats.

Ils résultent de remaniements mécaniques des matérlaux sidérolithiques avec des roches souvent mélangées et plus où moins allérées, empruntées à d’autres formations. Dans le Jura oriental, les conglomérats sont formés surtout

de galets calcaires jurassiques et de grains de fer sidérolithique. Les bols bien conservés n'y apparaissent que très excepthonnellement. Toutefois, ils ont dû fournir des matériaux au ciment du conglomérat.

Dans le Jura vaudois, le conglomérat passe à la bèrche et consiste essentiellement en une accumulation de fragments corrodés des roches crétaciques qui forment le substratum sidérolithique, réunis par un bol rouge bien conservé. On peut en voir de beaux exemples dans les régions du Mont de Chamblon, du Mormont surtout et aussi aux Dents du Midi.

Il n'en est plus ainsi, par contre, dans le Jura oriental (Berne, Soleure), où les bols, en général très rares dans les conglomérats sont beaucoup plus hétérogènes. Les galets roulés sont empruntés aux différentes roches du Jurassique et surtout aux assises supérieures. Le ciment varie, mais ordinairement, il est très compact et très solide. Dans quelques cas, par exemple, au N.-W. de Soulce (Jura bernois), le conglomérat semble résulter d’un remaniement du Sidérolithique et du Jurassique supérieur dans des sables mollassiques tertiaires et comme je l'ai dit plus haut, on le voit passer progressivement au grès.

Il est toujours bien difficile de fixer l’âge des conglomérats et des brèches, comme aussi celui des calcaires qui y.sont parfois intercalés. Les fossiles y sont très rares et presque toujours mélangés : tous ceux qui y ont été trouvés jusqu'ici étaient connus déjà dans une autre formation géologique et leur présence peut s'expliquer par le remaniement.

La position stratigraphique, la composition pétrographique des roches peuvent parfois être plus utiles: mais je ne crois pas qu'il soit possible cependant d'en lirer des conclusions générales. La présence des matériaux sidérolithiques dans ces roches permet seulement de les considérer comme une formation plus récente. Et encore, faut-il faire une restriction pour les conglomérats ou les brèches que l’on peut considérer comme une forme ébauchée, incomplète, du Sidérolthique régulier et achevé? Les matériaux tertiaires qui

entrent parfois dans la constitution de certains conglomérats permettent de fixer le moment, à partir duquel, ils ont pu se former, mais non pas toujours d'établir nettement à quel moment, ils se sont formés.

Par ailleurs, des remaniements capables de constituer de semblables conglomérats ont dû se produire à plusieurs reprises et pour des causes bien différentes. C'est pour ce motif surtout qu'il me répugne de leur assigner un âge. Tout au plus, je reconnais que le soulèvement du Jura et l'abrasion qui l’a suivi ont pu jouer un rôle parhculièrement puissant.

b. Les Raitsches.

Les railsches ou calcaires d’eau douce sont aujourd'hui assez bien connues : leurs faunes et leurs flores ont été assez bien étudiées ces dernières années. Mais 1e1 encore, comme pour les bols, comme pour les conglomérats, 1l y a plusieurs niveaux stratigraphiques : les raitsche sont une formation locale et sporadique, indépendante des phénomènes sidérolithiques. Elles se sont formées sous l'influence de conditions particulières et elles n'ont d'intérêt pour ces études, qu'à cause de leur contact avec les assises sidérolithiques. Cependant, dans l'état actuel de nos connaissances, il ne semble pas que leur étude ait fourni des renseignements très précieux, nous connaissons encore trop mal la véritable signification stratigra: phique des espèces d'eau douce et pour ma part, je crois qu'il faut êlre très prudent dans l'appréciation de ces supposées espèces caractéristiques.

D'après leurs faunes respectives, les raitsches peuvent se grouper ainsi :

1. Celles à Planorbis pseudo-ammonius Schlt. (Aesch, Hochwald, Lausen, Oberdorf...).

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