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On 20 figure aisément reffet qu'eut dans l'Europe cette magnificence extraordinaire ; et si l'on considère tout ce que le roi fit bientôt après de mémorable, les esprits les plus sévères et les plus difficiles doivent sou fîri ries éloges immodérés qu'oa lui prodigua, l.es Français ne furent pas les seuls qui le louèrent. On prononça douze panégyriques de Louis XIV en diverses villes d'Italie : hommage qui n'était rendu ni par la crainte ni par l'espérance, et que le marquis Zampieri envoya au roi.
Il continua toujours à répandre ses bienfaits sur les lettres et sur les arts : des gratificationsparticulières d'environ quatre mille louis à Racine, la fortune de Despréaux, celle de Qui- Dault, surtout celle de Lulli et de tous les artistes qui lui consacrèrent leurs travaux , en sont des preuves, il donna même millu louis à Benserade, pour faire graver le» tailles* douces de ses Métamorphoses d'Ovide en rondeaux , libéralité mal appliquée, qui prouva i^eulement la générosité du souverain : il récompensait dans Benserade le peti» mérite qu'il avoit eu dans ses ballets.
Plusieurs écrivains ont attribué uniquement à Colbert cette protection donnée aux arts, et cette magnificence de Louis XIV; niais il n'eut d'autre mérite en cela que de seconder la magnanimité et le goût de son maître. Ce ministre, qui avait un très-grand génie pour les finances, le commerce, la navigation, la police générale , n'avait pas dans l'esprit ce goût et cette élévation du roi : il s'y prélait avec 7.èle, et était loin de lui inspirer ce que la nature donne.
On ne voit pas après cela sur quel fondement quelques éeri vains ont reproché l'avarice à co. monarque. Un prince qui a des domaines absolument séparés dos revermsde l'Étaf. peut être avare comme un particulier; mais un roi de France, qui n'est réellement que le dispensateur de l'argent do ses sujets, ne peut guère être atteint de ce vice. L'attention et la volonté de récompenser peuvent lui manquer; mai» c'est ce fu'on ne peut reprocher à Lous XIV.
Dans le temps même qu'il commençait à encourager les talents par tant, de bienfaits, l'usage que le comte de Bussy Bt des siens fut rigoureusement puoi- on le mil à la Bastiller
en lWî>- Le» Amour» des Gaules furent le prétexte de »a priion; la véritable cause était cette chanson où le roi était trop compromis, et dont alors on renouvela le souvenir pour perdre Bussy, à qui on l'imputait :
Que Deodatui est heureux De baiser ce bec amoureux % Qui d'uue oreille à l'autre Ttl Alléluia I
Ses ouvrage» n'étaient pas assez bons pour compenser fe mal qu'ils lui firent : il parlait purement sa langue ; il avait du mérite, mais plus d'amour-propre encore; et il ne se servit guère de ce mérite que pour se faire des ennemis. Louis XIV aurait agi généreusement s'il lui avait pardonné; il vengea son injure personnelle, en paraissant céder au cri public : cependant le comte de Bussy fut relâché au bout de dix-huit mois; mai» il fut privé de ses charges, et resta dan» la disgrâce tout le reste de sa vie, protestant en vain à Louis XIV uoe tendresse que ni le roi ni personne ne croyait sincère.