‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 17 sur 285 · FORCES DE LA FRANCE APRÈS LA MOR» DE LOUIS XIII, ET MOEURS DU TEMPS · texte numérisé non relu

FORCES DE LA FRANCE APRÈS LA MOR» DE LOUIS XIII, ET MOEURS DU TEMPS

Les guerres avaient produî t des généraux illustres, tel» qu'un Gustave-Adolphe, un Valstein, un ducde Veimar, Piccolomini, Jean de Vert, le maréchal de Guébriant, les princes d'Orange,

-le comte d'Harcourt.Des ministres d'État ne s'étaient pas moin« signalés. Le chancelier Oxenstiern, le cdtote-duc d'Olivarès, mais surtout le cardinal de Richelieu, avaient attiré sur eui l'attention de l'Europe. H n'y a aucun siècle qui n'ait eu dei hommes d'État et de guerre célèbres ;Ja politique et les armes semblent malheureusement être les deux professions les plus natureHes à l'homme ; il faut toujours ou négocier ou se battre,

l Le plus heureux passe pour le plus grand, et le public attribue souvent au mérite tous les succès de la fortune. '

La guerre ne se fai«ait pas comme nous l'avons vu faire du temps de Louis XIV; les armées n'étaient pas si nombreuses : aucun général, depuis le siège de Metz par Charles-Quint, ne l'était vu à la tête de cinquante mille hommes : on assiégeait et on défendait les pla^? avec moins de canons qu'aujourd'hui. L'art des fortifications était encore dans son enfance. Les piques et les arquebuses étaient en usage : on se servait beaucoup del'épée, devenue inutile aujourd'hui. 0 restait eucore des anciennes lois des nations, celle de déclarer la guerre par un héraut. Louis XIII fut le dernier qui observa cette coutume : il envoya un héraut d'armes à BruxeHes déclarer 1» guerre à l'Espagne en \ 635.

Vous savez que rien n'était plus commun alors que de voif des pYif<>f5 commander des armées : le cardinal-infaat, le cardinal de Savoie, Richelieu, La Valette, Sourdii, archevêque de Bordeaux, le cardinal Théodore Trivulce, commandant de U T. I.

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Câfalerie espagnole, avaient endossé la cuirasse et fait la guerre eux-mêmes. Un évéque de Mende avait été souvent intendant d'armées. Les papes menacèrent quelquefois d'excommunication ces prêtres guerriers. Le pape Urbain VIII, fâché contre la France, fit dire au cardinal de La Valette qu'il le dépouillerait du cardinalat s'il ne quittait les armes; mais, réuni avec la France, il le combla de bénédictions.

Les ambassadeurs, non moins ministres de puix que lei ecclésiastiques, ne faisaient nulle difficulté de servir dans les armées des puissances alliées auprès desquelles ils étaient employés. Charnacé, envoyé de France en Hollande, y commandait un régiment en 1637, et depuis même l'ambassadeur d'Estrades fut colonel à leur service.

La France n'avait, en tout, qu'environ quatre-vingt mille hommes effectifs sur pied. La marine, anéantie depuis des siècles, rétablie un peu parle cardinal de Richelieu, fut ruinée sous Mazarin. Louis Xlil n'avait qu'environ quarante-cinq millions réels de revenu ordinaire; mais l'argent était à vingt-six livres le marc; ces quarante-cinq millions revenaient à environ quatre-vingt-cinq raillions de notre temps, où la valeur arbitraire du marc d'ar*,'ent monnayé est poussée jusqu'à quarante-neuf livres et demie; celle de l'argent fin, à cinquantequatre livres dix-sept sous : valeur que l'intérêt public et la Justice demandent qui ne soit jamais changée.

CLe commerce, généralement répandu aujourd'hui, était en ès-peu de mains ; la police du royaume était entièrement négligée, preuve certaine d'une administration peu heureuse. Le /cardinal de Richelieu, occupé de sa propre grandeur attachée à celle de l'État, avait commencé à rendre la France formidable \au dehors, sans avoir encore pu la rendre bien florissante au dedans. Les grands chemins n'étaient ni réparés, ni gardés ; les brigands les infestaient; les rues de Paris, étroites, mal pavées, et couvertes d'immondices dégoûtantes, étaient remplies de voleurs. On voit, par les registres du parlement, que le guet de cette ville était réduit alors à quarante-cinq hommes mal payés, et qui même ne servaient pas.

Depuis la mort de François II, la France avait été toujou^x été déchirée par des guerres civiles^ ''m troublée par des lae*

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