‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 19 sur 285 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

par Tabbé Vittorio Siri, auteur contemporaîn très-instralt, c'est que Louis XIII eut dès son enfance le surnom de Juste, parce qu'il était né sous le signe de la Balance. / La môme faiblesse qui mettait en vogue cette chimère absurde de l'astrologie judiciaire faisait croire aux possessions et aux sortilèges : on en faisait un point de religion; l'on na voyait que des prêtres qui conjuraient des démons. Les tribunaux, composés de magistrats qui devaient être plus éclairéf que le vulgaire, étaient occupés à juger des sorciers. On reprochera toujours à la mémoire du cardinal de Richelieu la mort de ce fameux curé de Loudun, Urbain Grandier, condamné au feu comme magicien par une commission du conseil. On s'indigne que le ministre et les juges aient eu la faiblesse de croire aux diables de Loudun, pu la barbarie d'avoir fait périr un innocent dans les flammes. On se souviendra avec étonnement, jusqu'à la dernière postérité, que la maréchale d'Ancre fut brûlée en place de Grève comme sorcière;

On voit encore, dans une copie de quelques registres du Châtelet, un procès commencé en Ifiio, au sujet d'un cheval qu'un maître industrieux avait dressé à peu près de la manière dont nous avons vu des exemples à la foire; on voulait faire brûler et le mattre et le cheval.

En voilà assez pour faire connaître en général les mœurs et l'esprit du siècle qui précéda celui de Louis XIV. ^Ce défaut de lumières dans tous les ordres de l'État fomentait chez les plus honnêtes gens des pratiques superstitieuses qui déshonoraient la religion. Les calvinistes, confondant avec le culte raisonnable des catholiques les abus qu'on faisait de ce culte, n'en étaient que plus affermis dans leur haine contre notre Église. Ils opposaient à nos superstitions populaires, souvent remplies de débauches, une dureté farouche et des mœurs féroces, caractère de presque tous les réformateurs : ainsi l'esprit de parti déchirait et avilissait la France ; et l'esprit de société, qui rend aujourd'hui cette nation si célèbre et si aimable, était absolument inconnu. Point de maisons où les gens de mérite s'assemblassent pour se communiquer leurs lumières ; point d'académies, point de théâtres réguliers. Enfla, les mœurs, les lois, les arts, la société, la religion, la paii aC

la guerre n'avaient rien de ce qu'on vit depuis dans le siècle appelé le siècle de Louis XIV,

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