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PREMIER MATELOT

Il le fera, seigneur, si c'est sa vo'onté.— (Lui remettant une lettre.) Voici une lettre pour vous, seigneur; eUe est de l'ambassadeur <iui avait fait voile pour l'Angleterre, si toutefois vous vous nommez Iloratio, comme on me l'assure.

noibVTiO, ouvrant la lettre, et lisant.

n Horatio, quand tu auras lu ces lignes, donne à ces gçBs » les moyens d'arriver jusqu'au roi ; ils ont des lettres powt » lui. A peine étions-nous en mer depuis deux jours, qu'un 1) corsaire armé jusqu'aux dents nous a donné la chasse: 1) voyant qu'il était meilleur voilier que nous, nous avons 0 fait de nécessité vertu, et nous eu sommes venus aux mains. 11 Dans l'abordage, je me suis élancé sur leur pont; dans cet 0 instant hur i;avirc s'est d»g.igé du nôtre, et je me stils

0 trouvé seul leur prisonnier. Ils se son t comportés envers » moi en corsaires humains; mais ils savaient ce qu'ils fai-

1 saieu!, et ils c.omptent tirer de moi un bon parti. Fais par- < venir au roi la lettre que je lui envoie, puis viens me ret joindre avec toute la diligence que lu mettrais à te sobs- » traire à la mort. J'ai à coutier à ton oreille des paroles qui » te rendront muet? et pourtant elles sont trop faibles en- 0 core pour la gravité des choses qu'elles doivent exprimer. » Ces braves gens te conduiront où je suis. Rosencrantz et 0 GuilcleHsiern continuent leur route vers l'Angleterre. J'ai

« beaucoup à te dire sur leur compte. Adieu. Celui que tu il sais être tout à toi, Hamlet. » — Venez, je vais vous donner les moyens de remettre vos lettres; faites le plus de diligence possible afin de me conduire ensuite vers celui de

qui vous les tenez.

(tis s»rtent.)

SHÀKSPEARE.

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