‹ Le siècleChapitre 146 sur 216 · SCENE vm · texte numérisé non relu

SCENE vm

Les .Mêm«, LA liElNE.

LE noi.

Obi qu'est-ce encore ?

LA REL\E

Mon 5me est foudroyée Par un nouseau malheur ! Ophélie — est noyée.

LAERTE

Qui? ma soeur! noyée! oii?

L\ REINE

Dans le procbain ruisseau, Un vii'ux saule, en rêvant, mire au cristal de l'eau Ses rameaux ép'orés aux leinles monotones. C'est la qu'ayant Iressé de bizarres couronnes, Elle voulut suspendre au feuillage ployé Son trophée od /rant... Mais sous son petit pié Une branche se brise, et la pauvre enfant tombe, .\vec toutes ses fleurs, au noir ruisseau, sa tombe! —

LAERTE

Je regorgerais au milieu do l'église.

LE ROI

Effectivement le mcurire ne connaît pas de sani-luaire, rien ne d jit arrêter la vengeance. Mais, mon cher Lacrte, veuxtu suivre mon avis? tiens toj duns Ion appartement; Ilamlet en arrivant apprendra (|ue tu es de reloiir; j'aurai soin de faire devant lui préconiser tes lalcns, el de renchérir encore sur les éloges i|ne le Français l'a donn» s ; par l.*! nous arriverons à vous nii'itie aux prises, et i i-iablir des gagi-ures sur les deux conibaliaiis. Lui, i|ui esi Insouciant, généreux, el sans une ombre de déliaiic-^, il n'examinera pas les fli-ureis; en sorte qu'avec un piu d'ailress' il le sera facile de cïjoisir une épée non mouchetée, et au moyen d'iiue botte bien allongée, de lui rendre le coup qu'il a poi té à ton |)ère.

LAERTE

Je ferai ce que vous diles, et dans ce bul je veux empoisonner mon é|)ée. J'ai acheté a un er. pirique unedrogu- meurtrière; pour peu (luel'on y irempe la lame d'un poignard, el qu'avec (Citi! lame on tire ilu sang, il n'est point de baume précieux, fût-il composé de ions les simples les plus cllira<cs qui croissent sous le ciel, qui p lisse sauver de la mort l'in- <lividu qui en aura seiilemeni été effleuré. Je tremperai la pointr de mon fer dans celte .subs:ance vénéneuse, afin que là plus légère é,;ratignure lui soit morlellj.

i.i: noi.

Nous en reparlerons, el nous combinerons le moment et les moyens les plus fa\oiable.s au n'Av que nous voulons jouer ; si ce plan devait ccliouer 1 1 noire projet man<|Ucr par uoire maladresse à l'exécuter, mieux xaulrail ne rien lenlcr.

Il faut donc que 'cette première combinaison soit appuyée d'une seconde qui la remplace dans le cas où , dans l'épreuve, l'arme viendrait ;i éclaler. Un monienl. — Voyons ;— nous étïblirons des paris iRiporans sur vos tahns rtspeclifs. — J'y suis : quand dans la chaleur de l'action vous serez échauffés ctallérés,— et poiramener cemomenl, tuauras soin de pousser ton adversaire avec vigueur, — Hanilet demandera sans doule à boire -, je lui ferai alors présenter un breuvage préparé à cet effet ; et pour peu 'lu'il en boive une goutte, si par hasard il échappe ;> ta lame empoisonnée, nous n'en atteindrons pas moins notre but.— .Mais silence! ([uel est ce bruit?

Entre Lk REINF,.

LE ROI , conilnu.int.

<}u'y a-t-il, ma chère Geitrude?

LA RLiXE.

Nos malheurs s'accumulenlet se suivent avec une effrayante rapidité. Voire sœur est noyée, Laérie!

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