SCENE Y
Les mêmes, PAMYRA.
pamyra , se précipitant aux genoux de son père.
Elle expire à vos pieds qu'elle embrasse. CLÉOMÈNE.
( Il porte les mains sur son poignard , Nèoclès le retient. )
Que me veux-tu, perfide ? et quel est ton dessein ?
PAMYRA.
Mon père !...
CLÉOMÈNE
Quelle est ta famille?
Je fus père autrefois; mais je n’ai plus de fille,
Dans le camp d’un barbare elle a porté ses pas.
PAMYRA.
Elle est à vos genoux.
Je ne l’aperçois pas.
Je n’y vois qu’un objet, dont l’impure faiblesse ,
D’une honte éternelle a couvert ma vieillesse ,
Et qui , pour me fléchir, feignant un vain remords ,
Vient jusqu’en ces tombeaux déshonorer ma mort.
Fuis , nos tyrans te redemandent;
Au sérail du vainqueur les voluptés t’attendent. Embrasés par nos mains , nos palais , nos tombeaux ,
A ton affreux hymen serviront de flambeaux ;
Et ton regard , demain , dans la pompe des fêtes ,
Au bout d’un fer sanglant , verra passer nos têtes :
Va couronner ton front d’un opprobre éclatant ,
Fuis ! quitte ces tombeaux , ou j’en sors à l’instant.
PAMYRA.
Mon père!,..
NÉOCLÈS.
Ayez pitié de sa douleur mortelle,
CLÈOMÈNE.
Loin Je ces murs sacrés qu’elle porte ses pas.
Qui vient pour y mourir ne les quittera pas.
CLÈOMÈNE.
Y mourir ! la patrie exile une infidèle !
Il faut pour le trépas des âmes dignes d’elle. Esclave d’un tyran, de quel front oses-tu Réclamer les honneurs gardés à la vertu ? Ton exécrable amour
PAMYRA.
Il expire en mon âme.
La patrie, en mourant, l’épure de sa flamme.
néoclès. à Clèomène .
Hé bien !
CLÈOMÈNE.
S’il était vrai... si digne encor de moi , Tu jurais d'étouffer ta flamme criminelle... .
PAMYRA.
Devant la tombe maternelle,
A Néoclès je viens donner ma foi.
NÉOCLÈS, CLÈOMÈNE.
Ciel !
PAMYRA.
Trompons un tyran dans sa fureur jalouse,
Mes enfans !...
NÉOCLÈS.
Pamyra !...
PAMYRA.
Sans autels , ni flambeaux , Que j’emporte au cercueil le nom de ton épouse.
NÉOCLÈS.
Que son char vainqueur passe entre nos deux tombeaux
ACTS TROISIÈME, SCÈNE Vf. 37
CLÉOMÈNE
Yenez, , venez tous deux , que ma main vous béniss*.
C« tombeau pour autel... qu’un père vous unisse.
Il les unit,