‹ Le siège de JérusalemChapitre 35 sur 41 · QUATRIÈME HÉTAIRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME HÉTAIRE

On m'a volé tous mes bijoux.

CARTHAGÈNE

Avec une lanterne violette

En sortant du souterrain Cambyse a réftéchi qu'il était prudent de s’éclipser. Plus je contemple les hommes plus je méprise la petitesse de leurs ruses. L'innocence fait davantage que toutes les machines de la terre si l'innocence a de la sagesse : en se “tirant de notre ouïe, Cambyse avoue trop par sa retraite et pas assez pour gagner notre indulgence.

PERGAME

Je me moque de la main qui agit, mais je coupe la tête qui conspire ! Le confesseur traître à Dieu et aux rois! Le grotesque pirate qui bégaie, où sontils? Fichtre!

CARTHAGÈNE

Vous jurez comme on éternue !

PERGAME

Que ne dis-ttu donc « À vos souhaits ! » Du sang !

il nous faut du sang! c'est de ton sang que le

talapoin envoyé par le diable payera cette nuit

satanique. [Et vous, mes trompettes et mes vaillants

gardes! qu’on nous aïlle chercher notre armée à

notre camp et quon nous démolisse avec le bélier

de l'audace les murailles de cette ville ridicule.

Clairons et Tambours.

CARTHAGÈNE

Il est prudent d'attendre ici les événements.

PERGAME

Je n'aime pas plus l'attente dans le siège d’une ville que la thériaque quand je me porte bien. Tandis que vous méditerez encore ici près de quelque hétaïre, j'aurai la gloire de prendre les tours de cette ville. Quant aux traîtres, mes gens les apporteront pour

que je me lave les bras de leur sang!

CARTHAGÈNE

sont sages, ils sont loin!

PERGAME

Je veux laver mes bras dans le sang de ces traîtres! qui a la tête et les ains ? C ill traitres! qui a la tête et les mains ? Cent mille ! A e® , . = ëcus à qui mapportera ses mains. Je veux les faire sécher et clouer au mur un jour pour m'’ oui séc t clouer au mur un jour pour m'en réjouir la vue. Au surplus, la main de singe porte bonheur ! Cent

mille livres pour un tonneau de son sane.

UN GARDE DE PERGAME Les gardes de Votre Majesté sont réunis et n'atten-

dent que ses ordres pour gagner le camp.

Pergame et le garde sortent.

UNE HÉTAIRE

Ah! je le reconnais ce vieux figuier-là ! N’as-tu pas eu une femme qui s'appelait Julie ? elle était brune, elle avait un grain de beauté au cou! Roi Carthagène, êtes-vous incapable sans stimulants de mener une nuit de plaisirs jusqu’à la fin! On dirait que tu signes ta mort en t’approchant du corps d’une femme, figure de psaume ! te voilà rôdant comme un aveugle et moi je

suis allongée seule. Tu ignores les charmes toujours

nouveaux de l’amour. Tu n’aimes pas les femmes pour

elles-mêmes, aime-les pour les avantages qu’elles procurent. Une nuit de fête ouvre l'octroi de ta pensée ! viens ! je lirai dans ta main quels dangers te menacent et quels sont tes rivaux.

UNE HETAIRE

Jetez-lui des parfums sur les vêtements !

CARTHAGENE Les femmes trouvent toujours le moment de vous

prendre quelque chose. Je suis pauvre comme une pierre

et comme la pierre je tiens aux filons métalliques que je tiens.

L'HÉTAIRE Pauvre et roi ! cela ne se comprend pas ! Allons ! tu me plais malgré que je n'aime pas les hommes velus

+ et les hommes avares.

CARTHAGÈNE

Je te plais ?

L'HÉTAIRE Vieux paillard ! qu’on apporte des fruits et des

liqueurs près de ce divan.

UNE HETAIRE Celle-ci ordonne et commande déjà comme une

favorite.

Le jour paraït. Les Hétaïres dansent en chantant. L'une a une couronne de fleurs, la seconde une couronne d'argent, la troisième une couronne

de fer, la quatrième une forteresse

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