‹ Le siège de Paris (volume 2)Chapitre 24 sur 63 · PRIX DES VIVRES LA CHARITÉ LES REFUGIES · texte numérisé non relu

PRIX DES VIVRES LA CHARITÉ LES REFUGIES

Arrêtons-nous à cette date, qui a été un des moments [ climatériques du siège. Nous avons conté l'histoire publique de Paris, durant le mois d'octobre et pendant ces premiers jours de novembre, si pleins à la fois et si tristes ; notre tableau ne serait pas complet si nous ne recueillions s pas quelques-uns des plus curieux détails de sa vie intime.

Je n'étonnerai sans doute personne en disant que la grande question du siège fut celle du déjeuner ; et après la question du déjeuner, celle du dîner. Le prix du pain n'augmenta pas durant toute cette période, grâce aux tarifs de lo l'administration." Celui du vin se maintint aussi, car les provisions en étaient très abondantes. La viande de bœuf et de porc fut aussi taxée de bonne heure, en sorte que s'il devint assez vite très difficile de s'en procurer, au moins ne paya-t-on qu'un prix raisonnable le peu qu'on en avait. Il 15 en fut de même bientôt pour celle de cheval, que l'on soumit également à la taxe. / Elle dura bien plus longtemps que celle de bœuf ; car chaque affaire sous les murs de Paris en jetait une certaine quantité sur le marché, /^ous les autres objets de consommation montèrent rapidement à des taux exces-20 sifs.

(( Avant le siège (j'emprunte ces chiffres à un journal qui porte la date du 9 novembre), une oie d'ordinaire était cotée de 6 à 7 francs ; en ce moment le prix courant d'une oie est de 25 à 30 francs ; un bon poulet était offert aux halles au

5 prix de 3 francs et de 3 fr. 50 c. ; ce prix est aujourd'hui de 14 à 15 francs. La viande salée et la charcuterie sont hors de prix ; elles n'existent d'ailleurs, chez quelques marchands, qu'à rétat d'échantillons. Ainsi le jambon fumé est vendu 16 francs le kilogramme ; le saucisson de Lyon 32 francs.

10 Le prix normal du premier était jadis de 2 fr. 50 c, et celui du second de 8 francs le kilogramme.

H Mais, par compensation, nous avons le saucisson de bœuf et de cheval, dont le prix, fort respectable d'ailleurs, est de 4 et de 6 francs le kilogramme, selon la qualité.

15 ((Le poisson de mer n'existe plus, et pour cause.* Le poisson d'eau douce est rare. Une belle carpe, qui, au plus haut prix, valait 2 fr. 50 c. à 3 francs, se vend, à l'heure qu'il est, 20 francs. Les œufs sont inabordables à la masse des consommateurs, et la poule qui les produit est une véri-

20 table poule aux œufs d'or.' Ils valaient hier 4 fr. 60 c. la douzaine ; les tout frais coûtent 75 centimes et i franc pièce.

(( Les maraîchers tiennent également leurs légumes frais à des prix vraiment extraordinaires. Ainsi ils vendent un chou

25 jusqu'à I fr. 50 c, un choufleur 2 francs, une botte de carottes 2 fr. 25 c, et les autres légimies dans la même proportion. Un litre de haricots qui coûtait 60 centimes en temps ordinaire a* été payé 5 francs sous mes yeux.

(( Le beurre frais, qui était d'une rareté excessive, s'est

30 vendu d'abord 28 francs le kilogramme et plus tard jusqu'à 45 francs à des restaurants en renom. Le beurre salé a suivi

une élévation proportionnelle. On en trouve à 14 francs, mais il est de mauvaise qualité.

a II n'existe plus aucune sorte de qualité de fromage. Chaque morceau vaudrait aujourd'hui son pesant d'or. Il n'existe plus de fruits secs dans les magasins ; les raisins, S les figues, les amandes et les noix ont disparu.

(( Le combustible, et notamment le charbon de bois, commence à nous manquer; il se vend de 22 à 25 francs le sac de 50 kilogrammes, soit à raison de 44 à 50 centimes le kilogramme. ... En résumé, les objets de consommation gêné- 10 raie ont, en moyenne, plus que quintuplé à Paris durant cette première période du siège. »

La classe sur qui pesa le plus durement cette extrême cherté des vivres fut celle de la petite bourgeoisie. Pour beaucoup, le travail s'était arrêté ; ils se sentaient trop fiers 15 pour exposer leurs besoins au public, et ils n'étaient pas faits aux rudes privations de la misère. Ils ne se plaignaient point, ils supportèrent avec une résignation qui touche à l'héroïsme, des privations cruelles dont ils gardèrent le secret, et donnèrent l'exemple d'une inébranlable fermeté 20 d'âme. On a pu remarquer, durant tout le cours de ce récit, que je ne suis pas prodigue des grandes phrases, que je hais les récits pompeux et vides, et que je tâche de ne surfaire ni les événements ni les hommes. Eh bien ! je ne sais rien de plus touchant, ni même de plus digne d'admiration que la 25 simplicité mâle avec laquelle ces braves gens (le cœur de la population parisienne) se résolurent, à souffrir des maux qui allaient croissant chaque jour et dont personne ne voyait la fin. Les femmes se montrèrent peut-être plus déterminées que les hommes. C'étaient elles qui portaient le plus lourd 30 fardeau ; car c'étaient elles qui, chargées de l'approvision-

nement du ménage, faisaient queue aux boucheries, aux épiceries, aux cantines ; qui laissaient au mari le pauvre morceau de viande à grand'peine acheté, qui soignaient les enfants, et s'efforçaient d'éclairer encore d'un rayon de joie la S tristesse du foyer éteint. Ah I nos Françaises I nos Françaises ! quels trésors de dévouement, d'abnégation, de force morale on peut faire jaillir de leur cœur, quand on sait frapper au bon endroit ! ( Il n'y avait que les couches supérieures de gâtées par le luxe et la mollesse du second Empire ; * la nation était

10 demeurée saine, et on le vit bien au jour du sacrifice. / '^ La haute bourgeoisie n'eut pas à endurer les mêmes souffrances physiques. Elle a généralement de l'argent devant soi, et j'ai déjà dit que la plupart de ceux qui la composent avaient envoyé au loin leurs enfants et leurs femmes. Il lui

15 était facile soit d'acheter des provisions, si chères qu'elles fussent, soit de dîner au restaurant. Quelques-uns de ces établissements avaient fermé, mais le plus grand nombre était resté ouvert. Par quels prodiges arrivaient-ils à nourrir leur clientèle ? Ce tour de force, renouvelé tous les soirs,

20 passe l'imagination. Mais on comprend que la carte n'y était pas des plus variées, et que les additions * ne laissaient pas d'être salées. C'est là qu'on dînait le plus souvent ; ceux qui avaient conservé un home invitaient leurs amis, et l'on faisait partie ^ d'essayer les mets les plus étranges. Je ne

25 parle pas du mulet et de l'âne, qui se vendaient couramment, et à ce propos me sera-t-il permis de dire que la chair de l'âne est vraiment bonne, celle du mulet exquise, tout à fait supérieure à celle du bœuf, et qu'un rôti de mulet est un plat délicieux ? Mais les animaux les plus fantastiques du

30 Jardin d'acclimatation * y passèrent ; nous tâtâmes tour à tour de l'ours, de l'antilope, du kanguroo, de l'autruche, que sais-je

encore ! Il y avait une boucherie, dite boucherie anglaise, où se débitaient ces animaux extravagants, à des prix qui' ne l'étaient guère moins; j'ai mangé de Tantilope qui avait coûté 18 francs la livre. Pour faire pendant * à cette boucherie aristocratique, il y eut des boucheries de chats, de S chiens et de rats. Un chat valait bien 6 francs, et un rat 30 sous. Ces nourritures invraisemblables étaient un texte perpétuel de plaisanteries. Un bourgeois venait de manger son chien à la broche, et, regardant les os sur son assiette ; (( Quel dommage I disait-il avec mélancolie, ce pauvre Fox 10 s'en serait-il régalé ! » Cham représentait une bourgeoise furieuse contre son mari :

— Comment I tu as promis notre fille au boucher ?

— Dame I ma chère, c'était pour avoir un gigot I

Cette gaieté, un peu factice, il faut bien l'avouer, cachait iS aussi, dans cette classe de la population, de bien amers et de bien dignes sacrifices. De tous ces hommes qui riaient si spirituellement au nez de leurs misères, il n'y en avait pas un qui ne fût tombé d'une grande fortune ou d'une haute espérance à ne plus posséder que la somme mise de côté 20 pour les besoins du moment. Les uns étaient des financiers, et il n'y avait plus de Bourse ; les autres, de grands négociants, et tout commerce avait disparu ; les autres de riches propriétaires, et les maisons ne rapportaient plus rien ; les autres des rentiers, et parmi les valeurs mobilières ^ beaucoup 25 avaient sombré. Que vaudront, à la fin de la guerre, celles qui tenaient bon encore ? Tout ce monde était ruiné, et en avait pris allègrement son parti. J'ose dire que toute la bourgeoisie parisienne, la grande comme la petite, déploya en ces temps difficiles une constance très méritoire ; on 30 ne doit pas moins ' la reconnaître sous le manteau de

blague dont elle était couverte, dont se revêtent à Paris tous les sentiments, même les plus tendres et les plus nobles.

L'ouvrier avait aussi sa large part de souffrances. La 5 plupart demeurèrent sans travail, et ceux mêmes pour qui il en restait, ne se soucièrent point d'en profiter. C'est un trait particulier du caractère de l'enfant de Paris : il travaille dur, quand il est à la besogne ; mais il est volontiers flâneur, et comme il dit en son langage, rigoleur} Les ouvriers,

10 admis, pour la première fois depuis si longtemps, à l'honneur de porter un fusil, étaient comme enivrés de ce plaisir si nouveau pour eux. Rien ne leur paraissait plus beau, plus digne d'un homme libre, que de jeter un flingot^ sur l'épaule, et de monter la garde sur les remparts. Ils consi-

15 déraient avec mépris le travailleur qui préférait l'atelier au corps de garde.' Ils l'auraient presque traité de lâche, comme si en vérité il eût fallu être doué d'un courage surhumain pour se promener sur une plate-forme, à six mille mètres des Prussiens. Ils trouvaient plus amusant de se réu-

20 nir tous ensemble, sous couleur d'exercice,* ou d'élection, ou de garde, et là, on passait le temps gaiement à causer, à jouer, à rire, à boire ... à boire surtout I L'ivrognerie, la hideuse ivrognerie, a été la lèpre d'une bonne partie de la garde nationale.

25 Ces gardes nationaux recevaient une solde de i fr. 50 c. par jour.

Cette indemnité était par malheur donnée aux hommes mêmes, au lieu de l'être à leur ménage. Ils la buvaient le plus souvent ensemble, à la santé de la patrie, n'en gardant

30 que juste ce qu'il fallait pour ne pas mourir de faim. Ces habitudes de fainéantise militaire et de dissipation solda-

tesque leur plaisaient ; il se dégoûtaient du travail. Je me souviens qu'un jouç ayant besoin de cartes de visite, j'allai chez un graveur, qui me dit: Pendant le siège, monsieur, nous n'avons pas d'ouvriers ; comme ils ne gagnent que 3 fr. 50 c. ou 4 francs à travailler dans nôtre partie,* ils aiment 5 mieux recevoir i fr. 50 c. à rie rien faire.

Ceux qui souffrirent peut-être le moins du siège, parce que leur vie n'est en tout temps qu'une longue souffrance, ce furent les pauvres authentiques, inscrits, qui vivent de l'assistance publique. La charité s'ingéniait à multiplier les 10 secours. Les bons * de pain, de viande, de bois, de charbon, de riz, furent répandus à profusion. On institua des cantines municipales, des fourneaux économiques,' oli l'on délivra, soit contre des bons pris d'avance, soit contre argent, à des prix excessivement réduits, des aliments cuits, tels que 15 bouillon, haricots, bouilli, que pouvaient consommer sur place ou emporter à la maison ceux à qui on les distribuait. Quelques dames charitables voulurent bien, dans certains quartiers, se charger de la distribution de ces mets ; elle avaient fini par connaître la plupart de ces pauvres, et par s'inté- 20 resser aux plus méritants.

Nous y somines toujours de notre poche,* me disait l'une d'elles, qui avait pris ses fonctions au sérieux, et le fait est que lorsqu'une pauvre femme arrivait sans bon ni sou, il eût été bien dur de lui refuser l'assiettée de soupe qu'elle implo- 25 rait, un enfant au bras. Jamais on ne fut plus pauvre, et jamais on ne donna davantage. Jamais on ne se rapprocha plus de cet idéal de fraternité, oîi la pauvre humanité tend sans cesse. Peut-être fût-on plus grand en 92,* jamais on ne fut meilleur : c'est un témoignage que l'histoire impartiale 3^ rendra, je crois, à la population parisienne ; et songez que

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nous ne sommes pas encore arrivés à l'heure des dévouements magnifiques, simplement accomplis.

Je ne parle que pour mémoire de ceux qu'on appelait à Paris /es réfugiés. C'étaient les habitants de la banlieue, qui,

5 à l'approche des Prussiens, s'étaient repliés sur Ppjis. Il avait bien fallu les loger. On avait requis, pour les y mettre, des appartements vides, oîi ils s'étaient installés avec l'insoucian ce un peu bru tale d u paysa n. Que dans le nombre il se rencontrât de fort honnêtes gens, et même délicats, cela

10 est évident ; mais la plupart étaient étrangers aux raffinements de la civilisation parisienne,/et comme on avait traité en pays conquis * leur humble demeure, jils crurent pouvoir user de représailles contre celles qu'on leur avait assignées. Les propriétaires y trouveront leurs traces, et leurs traces

1$ peu odorantes, quand le blocus s'ouvrant leur permettra de rentrer chez eux. Le Figaro conta à ce propos une de ces légendes parisiennes, qui ont le privilège d'amuser la gent des boulevardiers. Il s'agit d'un propriétaire qui a mis le premier étage d'une de ses maisons à la disposition d'une famille

20 de réfugiés. Quinze jours après, son concierge le vient voir et lui conte que depuis l'intrusion des nouveaux venus, ime odeur infecte se répand dans les escaliers et incommode le voisinage ; qu'il a voulu pénétrer chez eux pour s'assurer d'oii provenaient ces exhalaisons, mais qu'on lui a toujours

25 refusé la porte. — C'est bien ! répond le propriétaire, j'irai voir ce que cela veut dire.

Et voilà, en effet, notre homme qui, le lendemain, rend visite à son immeuble. À peine est-il entré sous la porte cochère, qu'il entend le chant d'un coq qui s'égosille sur le

30 balcon du premier étage ; à ce cri répond un troupeau de poules qui gloussent.

Un peu étonné, il monte. À la porte, il lui faut parlementer, discuter, se fâcher ; car le fermier en chambre entendait n'être dérangé par personne, et ne reconnaissait pas au propriétaire le droit d'intervenir dans sa vie privée. À force d'insistance, il pénètre dans l'appartement. De l'antichambre s notre campagnard a fait une cour de ferme. Les pieds s'enfoncent dans une sorte de boue, un vague composé de détritus de volière et d'étable, légèrement recouvert d'une couche de paille, qui promettait un excellent fumier pour la saison prochaine. La pièce qui venait après était disposée en lo parc à lapins et contenait une opulente provision de denrées de toutes sortes, oli dominait le chou, l'ail et l'oignon. Dans la chambre voisine, — une chambre à coucher, s'il vous plaît I — on voyait au beau milieu un large bassin, fait d'un vieux fond de barrique. Il était plein d'eau et servait aux ébats 15 de quelques canards.

Le propriétaire était stupéfait. Il allait de chambre en chambre, et le fermier le suivait pas à pas, de l'air d'un agronome enchanté de faire admirer à un amateur l'intelligente exploitation de son domaine. 20

— Et mon salon ? murmura le propriétaire atterré.

— C'est là qu'est le monsieur^ dit le paysan avec un rengorgemcnt d'orgueil.

On ouvrit la porte du salon. C'était le bouquet' Dans un coin, sur une litière faite d'immondices de toute prove- 25 nance, un superbe porc se prélassait, repu et grognant.

— Mais, malheureux I pourquoi me fourrez-vous votre . . . monsieur dans mon salon, quand vous aviez en bas une cour superbe oîi vous auriez pu l'installer, et vos poules et vos ca- 30 nards avec lui ?

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— Ah I j'vas * vous dire, monsieur. C'est que le temps des semailles va venir, et alors oU est-ce que je ferais mes orges ?

Il y avait sous ces extravagances un fond de vérité. Le S vrai service que rendirent ces émigrés à la population parisienne, ce fut de mettre en culture les vastes espaces restés libres autour de Paris, et de transformer ces terrains vagues en jardins maraîchers, qui devaient nous fournir, vers la fin du siège, de légumes frais, de choux et de salades. En at-

10 tendant que leurs produits parussent sur le marché, nous en fûmes réduits à ceux que de hardis maraudeurs allaient chercher, presque sous le feu de Tennemi, dans les campagnes devenues désertes. C'était un spectacle curieux et triste que de les voir revenir. Pour quelques honnêtes physionomies

15 de pauvres femmes, qui rentraient courbées sous leurs sacs, que de faces patibulaires I que de figures hasardeuses de pâles gavroches 1 ^ Tout ce monde, insolent, gouailleur ou plaignard,' rapportait sa moisson, qui de ponmies de terre, qui de poireaux et de choux, qui d'artichauts et autres légumes.

20 Tel jour, ils étaient quatre à cinq mille, les dimanches particulièrement ; tel autre, on n'en comptait que cinq ou six cents, les habitués, la lie de la population. Des revendeurs, plus éhontés peut-être que ces misérables, les guettaient au passage, et leur achetaient leur tas, moitié force, moitié per-

25 suasion, pour un prix minime, et s'en allaient ensuite les revendre fort cher aux bourgeois de Paris. C'est ainsi que les voleurs étaient volés par cette horde d'exploiteurs. Tout cela, au milieu de cris, de jurons, de bousculades, un indescriptible tohu-bohu. La garde nationale, qui veillait aux

30 portes, fermait les yeux sur ces trafics, sous le couvert desquels s'est plus d'une fois cachée la trahison. Car ces ma-

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raudeurs étaient protégés de messieurs les Prussiens, dont ils traversaient impunément les lignes. A quel prix ? on le suppose aisément.

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